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le 9/1/2010 11:58:59

Il y a un peu plus d’un an, on se disait : « Ça va péter, le système est au bord de l’explosion, les révoltes se multiplient. » Et puis le temps a passé. La jonction des luttes et des colères, celle pour laquelle nous nous battons chaque jour, ne s’est pas produite. Ou du moins, elle est restée à l’état embryonnaire. Il y a pourtant des gens qui luttent, qui se révoltent. Voyez les gars des Conti, pensez au mouvement des sans-papiers, aux grévistes de la RATP, à ceux de la Poste. Les exemples sont nombreux. Mais chaque mobilisation reste compartimentée tandis que le gouvernement et la presse laissent les mouvements s’essouffler puis s’éteindre.
Aujourd’hui plus que jamais, le parti de la presse et de l’argent, (le PPA comme l’appelle le bimestriel Le Plan B), tient le haut du pavé. Nous devons faire face à une offensive libérale inédite par son ampleur. Le gouvernement de combat, ça y est, on l’a. Mais il est contre nous ! Pour faire passer toutes les réformes (casse des statuts, précarisation de l’emploi, baisse de la fiscalité pour les riches), ils ont ressorti la vieille antienne, celle de l’ennemi intérieur, le musulman qui vient jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Quoi de plus abject que l’actuel débat sur l’identité nationale ?
Il faut prendre la mesure de l’actuel raz-de-marée. Et en tirer les conséquences. Pour notre part, nous pensons qu’il faut s’organiser et lutter, plus que jamais. Tant qu’il est encore temps.


le 9/1/2010 11:56:45

Pour beaucoup d’entre nous, au premier abord, le conflit israélo-palestinien peut sembler inextricable. Tout paraît confus, trop compliqué. Sur une terre minuscule s’affrontent des gens aux histoires différentes. Ce conflit régional engage des acteurs internationaux. « Que viennent faire là-dedans le Liban et l’Égypte, les États-Unis et l’Union européenne ? » se demandent certains. Si on ajoute à cela le paramètre religieux, on peut comprendre la tentation de dire : « Je n’y comprends pas grand-chose, je m’en désintéresse. »

Au sein de la communauté militante, en particulier chez les libertaires, on entend fréquemment le discours suivant : « Certes Israël exagère, mais je ne peux pas soutenir les Palestiniens car ils supportent le Hamas or je rejette le fondamentalisme, donc je préfère m’abstenir. » C’est faire preuve d’une méconnaissance certaine du terrain.

Les choses sont pourtant assez simples.

Gaza est une prison à ciel ouvert. Un million et demi de personnes essaient de survivre sur une superficie de 360 kilomètres carrés. Sans l’aide humanitaire, cette population disparaîtrait car l’État d’Israël ne lui laisse pas les moyens logistiques de subsister. Un exemple : depuis 1995, la zone de pêche au large de Gaza a été divisée par sept. Elle n’est plus que de trois milles nautiques. Il y a des silences qui s’apparentent à de la complicité.

En Cisjordanie, un peuple est progressivement dépossédé de son territoire. À Sheikh Jarrah comme à Silwan, deux quartiers de Jérusalem, des Palestiniens sont chassés des maisons où ils vivaient depuis des dizaines d’années. Dans la campagne de Cisjordanie, en dépit des déclarations de principe du gouvernement israélien, la colonisation n’en finit plus de s’étendre, colline après colline. Le peuple palestinien est occupé militairement, il doit subir l’humiliation des barrages routiers (les checkpoints) et des contrôles et brimades permanents. Le soir, dans Jérusalem-Est, l’armée patrouille et arrête les jeunes. En journée, elle harcèle les vendeurs à la sauvette, les mamies qui viennent vendre quelques légumes pour gagner trois sous.

Ainsi donc, parce qu’ils seraient trop religieux, nous devrions nous désintéresser des Palestiniens et laisser les pires ordures antisémites comme le Parti antisioniste et Dieudonné s’accaparer et dévoyer leur juste cause ?

Si nous sommes anticolonialistes, admettons que chaque peuple doit pouvoir disposer de lui-même. Ce n’est pas à nous de choisir ou de lui souffler son destin.

Dans ce dossier, nous avons cherché à donner quelques clés. Nous sommes conscients de son aspect lacunaire. Pour comprendre la situation avec intelligibilité, il faut y consacrer du temps et/ou se rendre sur place.

Israël-Palestine, l’égalité ou rien !


le 9/1/2010 11:54:06

« Notre société continuera à être une société pourrie, malade, anormale, dingue et donc brutale et en violence permanente tant que les réfugiés ne pourront pas rentrer chez eux. »

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le 9/1/2010 11:52:48

« Pour nous, le mot divertissement ne rime pas avec argent et profit » énonce Skalpel. Réflexions en vrac.
Que ce soit dans la vie de tous les jours ou la scène musicale dans laquelle nous évoluons, c’est une autre façon de concevoir et d’aborder nos existences et la musique que nous défendons. Nous ne voulons pas une part d’un gâteau empoisonné que se partagent les acteurs, à quelque niveau que ce soit, d’une industrie du disque morbide et vénale. À la limite, nous voudrions que ceux que nous combattons politiquement à travers nos créations « artistiques » se goinfrent avec le gâteau et crèvent.

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le 9/1/2010 11:51:11

Géraldine a beau faire partie du comité de rédaction du fanzine, nous n’avions jamais interviewé Cartouche. Est-ce que vous pouvez revenir sur l’histoire du groupe à l’heure du deuxième album ? Où avez-vous tourné ces derniers mois ?
Ray : une petite histoire ! Cartouche s’est créé en 2005, à l’initiative de Géraldine. Parité parfaite : 2 filles/2 gars. Alex (guitare), Niko (batterie), Géraldine (chant et guitare) et moi-même (basse), venant tous du même milieu musical ! Basé sur des idées communes (antifascisme, antiracisme, antisexisme, libération animale pour certain(e)s, solidarité). Le nom du groupe vient du célèbre bandit parisien Louis-Dominique Cartouche, activiste au début XVIIIe siècle, devenu dans l’imaginaire populaire, un redresseur de torts, justicier social et ennemi du pouvoir. Ces derniers mois nous avons tourné surtout en Allemagne et dans les ex-pays de l’Est ; très belles rencontres avec des gens très impliqués.

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le 19/11/2009 0:22:28

Un onzième antifasciste assassiné en Russie
Le 16 novembre, Ivan Khutorskoï, 26 ans, a été assassiné par balles dans l’escalier de son immeuble à Moscou. Il était connu comme l’un des leaders des antifascistes et de la gauche activiste de la capitale russe. Pour ses proches, il ne fait aucun doute que les milieux nazis sont à l’origine du meurtre : Khutorskoï avait déjà été la cible d’attaques ciblées à trois reprises. Il s’en était sorti d’extrême justesse.
La première fois, en 2005, l’attaque avait été filmée et montrée lors du reportage Ordinary Antifascism. La deuxième fois, il avait été agressé devant chez lui, blessé par des coups de tournevis dans le cou et roué de coups de batte de base-ball. Puis en janvier 2009, il avait été poignardé à l’estomac lors d’un combat de rue avec des néonazis. Les sites Internet nazis avaient immédiatement relayé et célébré l’action.
Ces derniers temps, Ivan s’était investi dans la sécurité des concerts antifascistes, régulièrement attaqués, et organisait des combats d’arts martiaux pour la mouvance. Il s’agit du 11e meurtre d’un antifasciste en Russie, depuis l’assassinat du chercheur Nikolaï Guirenko en 2004, et le sixième à Moscou. Le 28 juin dernier, le jeune Ilya Dzhaparidze avait été tué à coups de couteaux en sortant de chez lui. Sa photo, à l’instar de celle d’Ivan, circulait sur les sites néonazis russes en tant que « personne à abattre ».
Le 4 novembre dernier, l’activiste nazi Nikita Tikhonov, accusé du meurtre de Sacha Ryuhin, et suspecté pour l’assassinat de l’avocat Stanislas Markelov et de la journaliste Anastasia Baburova, tous trois militants antifascistes, a été interpellé. Mais la nouvelle n’a pas eu l’air d’effrayer les milieux nazis, engagés depuis plusieurs années dans une stratégie de terreur contre les « non-Slaves », la « décadence punk et rap » et les milieux antifas.
Yvan, aka « Vanya-Kostolom » était un militant solidaire et apprécié de ses camarades.
Il nous manquera.
« Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place »
Lien pour soutenir la famille d’Ivan : http://www.avtonom.org/index.php?nid=2250


le 23/9/2009 20:02:07

Claude Guillon vient de publier La Terrorisation démocratique (Libertalia).
On peut se procurer ce petit livre en cliquant sur le lien suivant:
http://editionslibertalia.com/La-Terrorisation-democratique.html



Tu viens de publier La Terrorisation démocratique, qui décortique l'arsenal législatif français et européen en matière d'antiterrorisme. Peux-tu développer la thèse du livre et comparer les situations de 1986 et d'aujourd'hui?

Le mot « thèse » est trop solennel ! Le propos du bouquin est d'éclairer la nature et l'histoire des lois dites « antiterroristes », à l'échelle nationale et européenne. Une bonne partie de l'opinion, y compris dans les milieux militants, a découvert l'existence et certains détails de ces textes à l'occasion de l'affaire de Tarnac. La réaction la plus courante a été de dire : « Mais c'est n'importe quoi ! Un terroriste c'est pas ça ! Pas un mec qui est accusé, et sans preuves par dessus le marché, d'avoir retardé un TGV pendant quelques heures ! » C'est un point de vue naïf et surtout très mal informé. Les textes adoptés d'abord par l'Union européenne après le 11 septembre 2001, puis par les différents États, permettent de qualifier de « terroriste » tous les délits sans exception, y compris les actions politiques ou syndicales dès lors qu'elles sont en marge de la loi. Les textes dits « antiterroristes » ont d'abord rompu avec le droit commun. En France, c'était au milieu des années 1980, puis ils ont créé ce qui est aujourd'hui le droit commun. La règle est simple : l'État décide de ce qui mérite d'être qualifié « terroriste » et réprimé comme tel. C'est important de comprendre l'évolution qui s'est faite en vingt ans, parce que aujourd'hui ça n'a aucun sens de parler d'abroger les textes antiterroristes, comme si c'était une espèce d'excroissance qu'il suffirait de couper. C'est un ensemble logique de textes sur le « terrorisme », sur l'immigration, sur la délinquance, notamment celle des jeunes. La logique dont je parle, c'est ce que j'appelle la « terrorisation ». Mais dans leur prétention à contrôler tous les aspects de la vie, ces textes sont parfois délirants, souvent empilés les uns sur les autres sans souci de cohérence ou même d'« efficacité ». Ça peut donner, par exemple dans l'affaire de Tarnac, cette impression fausse de gros bordel ridicule, de « bavure », de n'importe quoi.

Dans le dernier chapitre de ton livre, tu évoques la multitude de fichiers à disposition des forces de répression. Besson vient d'abandonner les test ADN. Le gouvernement recule-t-il face à la fronde liée à l'après Tarnac ? Ou bien s'agit-il d'un simple recul conjoncturel et stratégique ?

Le bouclage du livre a eu lieu trop tôt pour confirmer cette reculade, mais j'avais noté que personne n'avait voulu publier les décrets d'application du texte… D'ailleurs, au moment où les tests sont introduits dans la loi, il y a déjà des critiques assez fermes dans les rangs de la droite. Pour dire ça en termes de classes, une fraction de la bourgeoisie, et pas la moins droitiste, a crié casse-cou, parce que ça rappelle quand même fâcheusement de sombres périodes, comme on dit, et sans doute surtout parce que ça touche à un des fondamentaux de l'ordre bourgeois : la famille, la filiation et donc l'héritage. Pour répondre à ta question, je pense que ça reviendra un jour ou l'autre : parce que c'est dans la logique du marché de la « sécurité biologique » – on peut déjà acheter des tests de paternité sur Internet – et parce qu'il y a une autre logique qui est de produire sans cesse de nouvelles réglementations. Ces deux logiques s'alimentent évidemment l'une l'autre : quand un moyen technique de contrôle existe, on le légalise et on le commercialise.

À propos de terrorisation, tu évoques deux « figures dangereuses combinées », le jeune et l'étranger. Ne manque-t-il pas le travailleur qui revendique ?

Le travailleur en lutte, on pourrait dire aussi l'activiste politique, est bien concerné, mais en quelque sorte en bout de chaîne. De telle manière que s'il est concerné, il ne se sent pas concerné, au moins jusqu'à maintenant. Les figures dangereuses que sont les jeunes délinquants et les étrangers, considérés comme délinquants du seul fait de leur présence « illégale », ont été très tôt associées à celle du terroriste. C'est devenu caricatural dans l'action de quelqu'un comme Sarkozy, déjà quand il était ministre de l'Intérieur. Dès 1986, on introduit dans la définition légale une notion de « subjectivité », c'est-à-dire d'élasticité, du point de vue du pouvoir. Après le 11 Septembre, les textes européens dressent carrément la liste des actes susceptibles d'être classifiés « terroristes ». On y trouve presque tout, y compris le répertoire militant : occupations, sabotages, etc. Ce sont les intentions terroristes qui comptent, et bien entendu, ce sont les flics et les magistrats qui décident de tes intentions !

Peux-tu nous dire comment le mandat d'arrêt européen, qui est encore mal connu, s'inscrit dans ce dispositif…

Ce mandat est dans la logique d'harmonisation répressive qui prévaut dans un espace géographique de plus en plus large. Il se présente comme une politesse que se font entre elles les démocraties ; c'est une manière de reconnaissance judiciaire comme on parle de reconnaissance diplomatique. Concrètement, ça signifie que n'importe quel magistrat de n'importe quel pays de l'UE peut lancer un mandat d'arrêt contre n'importe quel ressortissant d'un autre pays de l'UE. Un exemple : j'ai participé à une manifestation à Gênes ; je rentre chez moi à Paris ; un magistrat italien, qui pense que c'est moi la cagoule floue à gauche sur la photo, peut me faire arrêter trois mois plus tard par les flics français. La justice française, ou mon avocate, ne peuvent s'opposer à l'exécution du mandat que dans un nombre limité de cas. Les premiers visés par des mandats européens ont été des autonomistes basques. C'est un instrument de répression politique dont on n'a pas encore pris la mesure, que la gauche française a encouragé et dont elle se félicite à chaque occasion !

Tu as récemment publié deux autres livres. Le premier porte sur la notion de corps critique, l'autre sur les Enragés. Comment articules-tu ta réflexion ? Quel est le lien entre le corps, l'histoire politique et la législation antiterroriste ?

Là, ça a un côté « ma vie, mon œuvre »… Je vais essayer de faire court ! Je me considère d'abord comme un militant anarchiste ; l'écriture est pour moi un outil privilégié parce que c'est celui que j'utilise le moins mal. Enfin, c'est ce qu'on m'a fait croire à l'école !
Dès mes premières publications, je me suis inscrit dans un courant de réflexion sur l'importance du corps en politique qui avait comme traduction immédiate les luttes de l'époque (fin des années 60- années 70) pour l'avortement et la contraception libres, les luttes féministes et homosexuelles, et comme antécédent immédiat les tendances radicales de la psychanalyse, essentiellement Wilhelm Reich et sa Sexpol allemande ou plus lointain avec les utopies amoureuses fouriéristes. L'effort de Reich, dans les années 30, portait sur l'articulation entre corps, inconscient et politique, notamment au travers de l'épanouissement érotique. Dans le livre récent auquel tu fais allusion, j'ai essayé de donner chair à la notion de « corps critique », comme on parle d'esprit critique, au moment où des scientifiques, des artistes d'avant-garde et des activistes illuminés tentent de mettre en pratique un « dépassement » du corps que j'identifie à la fin des utopies libertaires.
La révolution française, maintenant. Je pense, avec bien d'autres (Kropotkine, Guérin, etc.) que c'est une matrice qui n'a pas produit tous ses effets. Elle est, malgré une production historienne surabondante, encore trop mal connue et mal comprise. J'ai choisi de m'intéresser à la fraction qui me semble la plus radicale, et la moins étudiée aussi, celle des Enragé(e)s ; je marque bien le « e » du féminin parce que plusieurs des figures les plus intéressantes sont des femmes et qu'elles posent en actes un certain nombre de problèmes auxquels nous nous heurtons encore aujourd'hui. Par ailleurs, je pense que pour qui s'intéresse à la démocratie directe, l'étude de la Révolution française est indispensable.
Par rapport à ces questions de fond, l'analyse de l'arsenal « antiterroriste » peut sembler anecdotique, quoique ça n'est pas sans rapport avec l'histoire puisque durant la période de la Terreur, on a centralisé à Paris les procédures contre les conspirateurs, comme aujourd'hui les procédures antiterroristes. Et pas non plus sans rapport avec le corps, puisque c'est de plus en plus le support même de l'identité et donc la cible de la surveillance, avec la biométrie. Disons que la proposition de Libertalia m'a permis de refaire le point sur une question d'actualité, sur laquelle j'avais déjà commencé à travailler après les émeutes de 2005 et l'état d'urgence, qui n'avait, soit dit en passant, pas suscité beaucoup plus de réactions que les lois antiterroristes.

As-tu, pour finir, quelques conseils de lectures à nous souffler ?

Je peux signaler la réédition de La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse d'E. Armand, par Gaetano Manfredonia (Éd. Zones), et dans mes lectures récentes : le passionnant Désorceler, de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada (L'Olivier), et El Indio, un gros roman pas très bien écrit mais prenant de Jules Celma, le garçon qui avait publié Journal d'un éducastreur chez Champ libre, en 1971.


le 19/9/2009 20:05:25

Salut à tous,

À l'initiative du syndicat CNT-éducation 93, deux journées de solidarité avec les Anarchistes contre le mur seront organisées au 33 rue des Vignoles.

Jeudi 15 octobre, 19H30 : projection, bouffe et débat avec un militant des Anarchistes contre le mur.
Il nous présentera le combat concret mené aux côtés des Palestiniens et la répression féroce qui sévit actuellement.
http://www.awalls.org/

Vendredi 16 octobre: à l'occasion de la sortie de son nouvel album, Cartouche invite Tulamort et les Skuds à partager la scène. 19h, 5 euros. La recette de la soirée sera reversée au mouvement Anarchist against the Wall. Elle contribuera à couvrir les 12000 euros de frais de justice qu'ils doivent payer sous peu.

Venez nombreux.


le 4/7/2009 18:59:23

Avis de tempête chez les capitalistes : la crise sévit et les actionnaires geignent. Les profits record des années précédentes s’effacent. Les tauliers du Cac 40, du Nasdaq et du Dow Jones cherchent à sauver leurs dividendes en licenciant, en délocalisant, en tapinant auprès des banques publiques, en appelant à la rescousse les chiens serviles qu’ils ont fait élire à la tête des États les plus riches du monde. Mais la population répond : « Nous ne paierons pas leur crise ! » Les séquestrations de patrons se multiplient. Qu’elles se poursuivent, qu’elles enflent, que la peur change de camp ! Et que les luttes des travailleurs et des sans-droits rejoignent celles des écorchés et des arrachés, ceux qui veulent foutre le feu aux banques, aux prisons, aux hôpitaux psychiatriques, à leurs quartiers pourris. C’est ensemble qu’on inversera la donne, ensemble qu’on fera ravaler leur morgue aux nantis.
Dix ans, ça fait dix ans qu’on fait ce fanzine. Dix ans, c’est un bel âge et une belle aventure. Dix ans de rencontres et de joies, de déceptions parfois. Jamais au cours de ces dix dernières années nous n’avons ressenti cette imminence des lendemains rouges et vengeurs, cet air de révolution, cette rage qui monte. Les États ne s’y trompent pas. Morts de trouille, ils embastillent et répriment. Nous sommes en 1788, tout est possible. Pour fêter notre anniversaire, que monte la colère et s’allument les brasiers !

« La meilleure des polices c’est ton taf, ta télé, tes crédits, tes anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs. Et tout ce que tu prends pour pleurer moins fort la nuit. La meilleure des polices, c’est tes sourires forcés, tes retenues sur salaire et le découvert avant la fin de la semaine. C'est la peur de faire un pas, puis deux, puis trois ; parce qu'enfant on t’a dit que t’étais une merde et que t’as fini par le croire. La meilleure des polices, c’est quand les pauvres savent rester à leur place sans besoin de les matraquer, de leur coudre la mâchoire, de les mettre au cachot. La meilleure des polices, c’est ce qu'on apprend de mieux du berceau au tombeau… » « La meilleure des polices », La Rumeur.


le 4/7/2009 18:58:12

Périodicité et diffusion : pari gagné.
Vous tenez entre les mains le quatrième numéro de Barricata depuis juin 2008. On s’était engagés à faire paraître le fanzine plus souvent, le pari est gagné. Vous vous en doutez, cela demande un boulot considérable. On craignait une baisse de la diffusion avec une parution plus régulière, elle reste stable, autour de 2000 exemplaires par numéro. La nouvelle formule de Barricata trouve peu à peu ses marques. On essaie de coller à l’actualité tout en proposant des dossiers, on innove côté maquette, on tâtonne. Vous êtes nombreux à vous abonner et à vous réabonner. Merci, mais surtout, ne lâchez pas l’affaire ! Essayez de trouver de nouveaux points de diffusion, d’abonner des amis, des proches ! Signalez-nous tout changement d’adresse. Rendez-vous en novembre, avec un nouveau dossier sur la Palestine, un autre sur les femmes en lutte, un long papier sur les Arditi del popolo, une interview de Singes des rues, etc. Venceremos !


le 4/7/2009 18:55:48

Quand les militants antifas se rencontrent. Récit et réflexions. Par Tina, du groupe No Pasaran Paris.

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le 4/7/2009 18:54:02

Fils de guérillero, Skalpel, le chanteur du groupe La K-Bine (rap conscient) raconte ses souvenirs d’une certaine forme de socialisation politique. Retour dans les années 80, sur fond de luttes de libération nationale.

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le 4/7/2009 18:51:31

Céline, Dieudonné, Faurisson : toujours les maux pour rire.

Dieudonné n’en finit plus de sombrer dans l’odieux. Claude Guillon décortique son discours.

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le 4/7/2009 18:49:22

Ennemi de l’ordre. Casey n’est pas à vendre.

« Ce qui me touche chez les gens et dans la musique en général, ce sont les failles », déclare la rappeuse de Blanc-Mesnil. Interview à couteaux tirés.

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le 4/7/2009 18:47:22

Encrés dans la rage

Rencontre avec le dessinateur Thierry Guitard et la scénariste Miriana Mislov à l’occasion de la sortie de John Dillinger, ennemi public n° 1.

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le 12/5/2009 1:05:34

Les nouveaux antisémites

L’antisémitisme fait partie intégrante du corpus idéologique de l’extrême droite. Historiquement, il fait figure de mythe fondateur pour cette famille politique. Néanmoins, l’objet de notre article n’est pas de revenir sur l’antisémitisme brandi jadis par l’Action française et repris en l’état ou en partie par des mouvements nationalistes traditionnels, mais de nous pencher sur l’irruption d’un antisémitisme revisité par la rencontre de différents schémas de pensées issu de l’antisionisme radical ou de l’islamisme. Pour ces structures, l’antisémitisme apparaît comme un socle structurant l’identité du groupe. Surfant sur la crise économique, le repli communautaire, l’abandon des quartiers populaires et le déclin des solidarités de classe, ces groupes entendent rencontrer un écho parmi les populations paupérisées en désignant le « Juif » comme le responsable de la situation. La guerre contre le sionisme est présentée comme l’enjeu majeur de la lutte en faveur de l’émancipation. Ici, l’emploi du terme « sionisme » se révèle un cache-sexe sémantique régurgité à l’envi désignant les Juifs en général. Sous couvert d’un pseudo-discours antisystème, les nouveaux antisémites se présentent comme des « rebelles » et entendent occuper le terrain dans les quartiers comme sur la Toile. Panorama.

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le 12/5/2009 1:01:19

Il a grandi dans le Paname des années 80, on lui doit le single 11 : 30 contre les lois racistes. Maître Madj se raconte.

Intro : Un soir de la fin de décembre 2008, on retrouve Madj pas loin de chez lui, là-haut, sur le plateau de Romainville, à deux pas de l’endroit où un siècle plus tôt vivait la poignée d’illégalistes qui passera à la postérité sous le nom de « bande à Bonnot ». L’ancien manager d’Assassin, le militant communiste internationaliste revient sur son parcours, ses années 80 et 90. Il nous parle de musique consciente, des liens rap et rock, des quartiers populaires, et s’attarde sur la question palestinienne.

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le 6/3/2009 10:51:32

« Le capitalisme globalisé ne s’effondrera pas tout seul. »

Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales, décortique l’antiterrorisme.

Intro : Il y a quelques années, on a fait jouer à plusieurs reprises «L’ennemi à l’intérieur», un groupe de rap musette aux textes engagés. Mathieu, le chanteur, vient de publier sa thèse de sociologie aux éditions La Découverte sous le titre L’Ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine. Lors de son dernier passage à Paris, nous lui avons demandé d’analyser l’actualité sécuritaire des dernières semaines.

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le 22/2/2009 12:39:57

Ou bien homme ou bien porc.
Bienvenue en France, le pays des droits de l’homme. Bienvenue dans cette merveilleuse contrée où un individu sur cent a connu les humiliations de la garde à vue en 2008. Bienvenue dans cet État qui s’est toujours érigé en modèle de culture. Bienvenue dans cette glorieuse nation qui, au nom de sa mission dite civilisatrice, s’est au cours des siècles rendue coupable ou complice active de l’esclavage, de la colonisation et du génocide.
Pas facile de croire au progrès de l’histoire ces temps-ci. Les fondamentalismes de tout poil ne cessent de gagner du terrain et les égoïsmes les plus cyniques s’étalent avec arrogance. Dans le même temps, les solidarités de classe laissent place aux replis communautaires, les résistances s’étiolent et abandonnent des victimes de plus en plus désespérées. Les flics arrêtent les insoumis à tour de bras et à coups de tonfas. Ils raflent nos sœurs et nos frères sans papiers au coin des rues. Le monde tel qu’il va aujourd’hui est plus dégueulasse qu’hier et le sera sans aucun doute davantage encore demain si nous ne faisons rien.
C’est l’heure du choix. Ou bien homme ou bien porc.

Qui sommes-nous ?
Le fanzine Barricata existe depuis 1999. De 2004 à 2007, il a participé aux activités du collectif du même nom. Il rassemble une poignée de militants libertaires et d’activistes musicaux issus des mouvances RASH (Red & Anarchist Skin Heads, section Paris-banlieue) et anarchopunk. Viscéralement opposés à l’enfermement d’État, au système capitaliste, à toutes les formes de fascisme, investis dans les combats de notre temps, convaincus qu’un autre futur est possible, nous ouvrons nos colonnes aux dissidents culturels, politiques et anarcho-syndicalistes.

Des sous et des abonnés ou on tue le chien !
Vous l’avez certainement remarqué, mais le journal paraît désormais avec régularité. On vient de sortir notre troisième numéro en neuf mois. Ce qu’on constate, c’est qu’on met aussi beaucoup plus de temps à remplir les caisses. Alors envoyez des sous, abonnez vos potes ou votre grand-mère, organisez des concerts de soutien ou des souscriptions car on a besoin de se reposer et de partir aux Antilles (pour participer à la grève générale, bien entendu…)


le 22/1/2009 17:17:28

Éric Hazan est l’éditeur de La Fabrique. Il vient de rédiger ce texte qui circule en ce moment sur le Net.

Les millions de Juifs qui ont été exterminés par les nazis dans les plaines de Pologne avaient des traits communs qui permettent de parler d’un judaïsme européen. Ce n’était pas tant le sentiment d’appartenance à un peuple mythique, ni la religion car beaucoup d’entre eux s’en étaient détachés : c’étaient des éléments de culture commune. Elle ne se réduisait pas à des recettes de cuisine, ni à des histoires véhiculant le fameux humour juif, ni à une langue, car tous ne parlaient pas le yiddish. C’était quelque chose de plus profond, commun sous des formes diverses aux ouvriers des usines textiles de Lodz et aux polisseurs de diamants d’Anvers, aux talmudistes de Vilna, aux marchands de légumes d’Odessa et jusqu’à certaines familles de banquiers comme celle d’Aby Warburg. Ces gens-là n’étaient pas meilleurs que d’autres, mais ils n’avaient jamais exercé de souveraineté étatique et leurs conditions d’existence ne leur offraient comme issues que l’argent et l’étude. Ils méprisaient en tout cas la force brutale, dont ils avaient souvent eu l’occasion de sentir les effets. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté des opprimés et ont participé aux mouvements de résistance et d’émancipation de la première moitié du siècle dernier : c’est cette culture qui a fourni son terreau au mouvement ouvrier juif, depuis le Bund polonais, fer de lance des révolutions de 1905 et 1917 dans l’empire tsariste, jusqu’aux syndicats parisiens des fourreurs et des casquettiers, dont les drapeaux portaient des devises en yiddish et qui ont donné, dans la MOI, bien des combattants contre l’occupant. Et c’est sur ce terrain qu’ont grandi les figures emblématiques du judaïsme européen, Rosa Luxembourg, Franz Kafka, Hannah Arendt, Albert Einstein. Après guerre, nombre des survivants et de leurs enfants soutiendront les luttes d’émancipation dans le monde, les Noirs américains, l’ANC en Afrique du Sud, les Algériens dans leur guerre de libération. Tous ces gens sont morts et on ne les ressuscitera pas. Mais ce qui se passe en ce moment à Gaza les tue une seconde fois. On dira que ce n’est pas la peine de s’énerver, qu’il y a tant de précédents, de Deir Yassin à Sabra et Chatila. Je pense au contraire que l’entrée de l’armée israélienne dans le ghetto de Gaza marque un tournant fatal. D’abord par le degré de brutalité, le nombre d’enfants morts brûlés ou écrasés sous les décombres de leur maison : un cap est franchi, qui doit amener, qui amènera un jour le Premier ministre israélien, le ministre de la Défense et le chef d’État-major sur le banc des accusés de la Cour de justice internationale. Mais le tournant n’est pas seulement celui de l’horreur et du massacre de masse des Palestiniens. Il y a deux points qui font des événements actuels ce qui est advenu de plus grave pour les Juifs depuis Auschwitz. Le premier, c’est le cynisme, la manière ouverte de traiter les Palestiniens comme des sous-hommes ­ les tracts lâchés par des avions annonçant que les bombardements vont être encore plus meurtriers, alors que la population de Gaza ne peut pas s’enfuir, que toutes les issues sont fermées, qu’il n’y a plus qu’à attendre la mort dans le noir. Ce genre de plaisanterie rappelle de façon glaçante le traitement réservé aux Juifs en Europe de l’Est pendant la guerre, et sur ce point j’attends sans crainte les hauts cris des belles âmes stipendiées. L’autre nouveauté, c’est le silence de la majorité des Juifs. En Israël, malgré le courage d’une poignée d’irréductibles, les manifestations de masse sont menées par des Palestiniens. En France, dans les manifestations du 3 et du 10 janvier, le prolétariat des quartiers populaires était là, mais des hurlements de colère d’intellectuels juifs, de syndicalistes, de politiciens juifs, je n’en ai pas entendu assez. Au lieu de se satisfaire des âneries du gouvernement et du CRIF (« ne pas importer le conflit »), il est temps que les Juifs viennent en masse manifester avec les « arabo-musulmans » contre l’inacceptable. Sinon, leurs enfants leur demanderont un jour « ce qu’ils faisaient pendant ce temps-là » et je n’aimerais pas être à leur place quand il leur faudra répondre. Éric Hazan.


le 26/12/2008 23:25:37

L’Envolée, #24, novembre 2008, 52 pages A4, 2 €.
Depuis des années, contre vents et marées, en dépit de la répression et des vilenies, l’Envolée – le journal de critique du système carcéral et judiciaire – poursuit sa route. Comme l’énoncent ses rédacteurs en préalable : « S’attaquer à l’enfermement, c’est forcément s’en prendre aussi à tout ce qui fabrique, réforme, perfectionne le contrôle social hors des murs des prisons : le formatage des “citoyens” dès le plus jeune âge, le salariat précarisé ou à perpète, l’urbanisme qui flique les villes et quadrille les espaces sont bien le pendant de la construction des prisons. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir ; il produit une peur nécessaire au maintien de cette société. En ce sens, c’est bien plus qu’une simple répression, qu’un moment de contrôle, de sanction des actes “délictueux” ; c’est un ciment nécessaire à l’État pour permettre au capitalisme de continuer à se développer dans ses nouvelles formes. » Dans ce numéro, on lira, entre autres articles, le poignant témoignage d’Hugo, un ancien détenu qui a passé vingt-neuf ans en prison. Un long dossier est consacré à l’incendie du centre de rétention de Vincennes, le 22 juin 2008. Un autre s’intéresse aux femmes en prison et dresse quelques pistes de réflexion. Enfin, un article s’intéresse aux expertises génétiques et aux liens entre laboratoires et tribunaux, i.e la poursuite massive du fichage ADN. L’Envolée est un excellent journal, à la maquette très (trop ?) sobre. Abonnez-vous ! Contact : L’Envolée, 43, rue de Stalingrad, 93100 Montreuil. (15 euros/an).


le 10/10/2008 1:24:11

La privatisation de la Poste pour janvier 2009, annoncée cet été en catimini, menace le statut des fonctionnaires postiers. Lors de la séparation de la Poste et de la Banque postale, le directeur de communication avait expliqué sans rire qu’il s’agissait de donner une image plus dynamique de l’entreprise et de mieux affronter la concurrence bancaire. En vidant le service public de la Poste de son contenu (banque, colis), on la vide aussi de ses activités les plus rentables. Mais les salariés et les usagers préféreraient un véritable service public, de meilleures conditions de travail ou encore la fin des fermetures de bureaux. Cette privatisation annoncée est accompagnée de la mise au pas des éléments les plus récalcitrants à la casse du service public. Serge Reynaud, facteur à Marseille 01-Colbert, militant de la CNT-PTT, a été convoqué à Paris devant le conseil central de discipline de la Poste le 26 septembre 2008. La sanction demandée était la révocation. Du 14 au 31 mai 2008 a eu lieu un conflit départemental à l’appel des syndicats CGT et SUD contre le projet Facteur d’avenir, projet qui veut restructurer l’ensemble de la chaîne d’acheminement et de distribution du courrier. Ce projet pourrait entraîner la suppression d’environ 1 000 emplois sur le département. Fermeture de centres de tri, regroupements de centre de distribution, modification des normes et des cadences, mise en place de l’autoremplacement sont au programme.

Facteur d’avenir est particulièrement combattu dans les Bouches-du-Rhône. En octobre 2006 et en mars 2007, la Poste avait dû faire des concessions aux facteurs en lutte. En 2008, le conflit a été âpre : remplacement des grévistes par des intérimaires, huissiers présents dans tous les centres en grève, pression sur les grévistes placés en absence irrégulière, etc. Malgré dix-sept jours de conflit et 400 agents en grève chaque jour, le conflit s’est achevé sur un constat de désaccord. Le 19 juin, notre camarade Serge Reynaud est convoqué à la direction. On lui reproche une prise de parole de cinq minutes le 21 mai 2008 dans son bureau, ainsi que d’avoir participé à une action collective pour obtenir l’ouverture des négociations (tentative d’ouvrir le sas de la direction), rien que des faits de grève, sortis de leur contexte pour justifier des poursuites disciplinaires.

Cela faisait longtemps que la Poste rêvait de se payer ce qu’elle appelle la « Principauté postale des Bouches-du-Rhône », tant nos luttes lui déplaisent.

Des rassemblements de soutien à Serge ont été organisés dans les jours qui ont suivi l’annonce de son conseil de discipline et le jour même de celui-ci, le 26 septembre, à Marseille, Perpignan, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Aubenas, Lille et Grenoble. Des messages de soutien de nombreux contacts internationaux de la CNT sont arrivés d’Algérie, de l’Île Maurice, d’Espagne, de Pologne, du Chili, de Guinée… Et à Paris, pendant que Serge subissait son « procès » pendant plus de sept heures, un rassemblement regroupant, outre la CNT, des militants de SUD, de la CGT, des non-syndiqués et même Arlette en personne a eu lieu, juste en face de la salle où se déroulait le jugement. Après une heure de délibération, le verdict tombe. Si la révocation a été écartée à l’unanimité, il y a eu partage des voix entre les élus du personnel et les représentants de la direction sur la sanction : à la demande de la direction, deux ans de mise à pied ont été requis. Dans quinze jours, Serge aura la réponse qui décidera de son avenir à la Poste. Mais il ne compte pas en rester là. A suivre, donc.

Aujourd’hui, c’est notre solidarité qui doit être exemplaire. Des soirées de soutien à Serge sont organisées depuis début septembre partout en France. Pour les connaître, rendez-vous sur le site de la Fédération CNT-PTT.

C’est pour empêcher que demain on puisse s’organiser et lutter que la Poste veut frapper un grand coup. Face aux menaces de sanction, notre riposte : la solidarité !


le 21/7/2008 11:54:30

9 juillet 2008, nouveau voyage vers les Territoires Occupés de Palestine...
Je ne pense même pas aux formalités douanières lorsque j'arrive vers 14h à l'aéroport Ben Gourion. Le contrôle de mon passeport et l'apposition du visa d'entrée n'ont jamais pris plus de quelques minutes...

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le 23/6/2008 15:38:23

La révolte continue !
Mi-décembre 2007, une lutte a débuté dans le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, près de Roissy : inscriptions sur les tee-shirts, cahier de doléances, refus de rentrer dans les chambres, grève de la faim. Le 27 décembre, pour casser la lutte, Abou considéré par la police comme un des meneurs du mouvement, a été transféré au CRA de Vincennes. Le même jour, les détenus de Vincennes ont entamé à leur tour une grève de la faim et ont refusé de rentrer dans leurs chambres. Dans la nuit du 28 au 29 décembre, cent cinquante CRS ont fait irruption dans le centre pour forcer, manu militari, les détenus à rejoindre leurs chambres. Une répression sans précédent ! Des détenus ont été grièvement blessés. Trois nuits de suite, les CRS ont maté la révolte. Depuis six mois, pas une semaine ne s’est déroulée sans que les retenus refusent de manger, d'entrer dans leurs chambres, sans qu’ils déchirent leurs cartes et qu’ils se solidarisent contre les violences policières. Face à l’arbitraire et la répression, les détenus ont choisi la révolte. Les revendications sont claires : le but n’est pas d’améliorer les conditions de détention mais de lutter contre les expulsions et pour la fermeture des centres de rétention.

Le centre de rétention de Vincennes…
Le centre de rétention administrative de Vincennes compte deux cent quarante places. Bien souvent débordé, c’est le plus gros centre de France. En 2007, plus de cinq mille personnes y ont transité ! Environ dix personnes y affluent chaque jour. Le centre est divisé en deux sites, le CRA 1 et le CRA 2, qui ne communiquent pas entre eux. Un muret les sépare. Pendant les révoltes, les détenus se parlent en l’escaladant. Selon le niveau de tension, les flics déplacent les « meneurs » dans l’un ou l’autre des bâtiments. Des cabines téléphoniques souvent surveillées sont, pour certains, le seul moyen de communiquer avec l’extérieur. Les portables avec appareil photo sont confisqués à l’entrée. Les stylos et les briquets sont interdits. Les détenus sont comptés au moins une fois par jour. Les flics et l’administration maintiennent une pression en appelant les gens par les haut-parleurs à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Chaque détenu est muni d’une carte avec son nom, sa nationalité supposée et une photo. Elle doit être présentée aux flics pour chaque démarche : aller au réfectoire, voir un médecin, prendre un rendez-vous à la Cimade (service œcuménique qui se consacre à l'accompagnement des étrangers en voie d'expulsion, ndlr)… Le centre est surpeuplé. Au début du mois de décembre 2007, on pouvait compter jusqu’à cinquante arrivées par jour !

Les rafles
Les préfectures organisent des rafles massives sous prétexte de lutte contre le travail illégal, la recherche de stupéfiants, la prostitution organisée… Le procureur délimite un territoire et ordonne le contrôle d’identité dans tous les lieux publics : rues, bars, salon de coiffure, épicerie, métro… La chasse est ouverte. Les personnes sans titre de séjour restent quarante-huit heures en garde à vue avant que leur soit notifié, par le juge des Libertés et de la Détention (JLD), un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF). Ces personnes sont maintenues en « rétention administrative » pour une durée de quinze jours, en attente de leur expulsion. Les consulats des pays d’origine (ou supposés tels) des personnes dites « sans-papiers » doivent leur délivrer un laissez-passer pour permettre le franchissement de leur frontière. Si au bout de quinze jours aucun laissez-passer n’est délivré, la personne repasse devant le juge qui décide ou non de maintenir la rétention quinze jours supplémentaires. Au terme de trente-deux jours de rétention, si la personne n’a été reconnue par aucun consulat, elle est remise en liberté et doit quitter le territoire français par ses propres moyens, dans les huit jours. Jusqu’à la prochaine rafle, au prochain contrôle… Pendant la rétention, la majorité perd son travail et son logement. Sans compter le traumatisme subi. Les détenus sont enfermés, séquestrés, parfois en isolement total, victimes d’insultes racistes, nourri avec une bouffe immangeable. Ce sentiment d’être traités comme de la merde les conduit à se mutiler pour se faire entendre.

La mobilisation à l’extérieur
Rien ne peut transparaître de ces lieux de privation de liberté. Des manifestations formelles ou informelles sont régulièrement organisées devant le centre. Un contact permanent doit être maintenu avec les détenus. Les témoignages sont publiés. La mobilisation va jusqu’à se rendre à l’aéroport pour empêcher une expulsion en s’adressant au passager ou en faisant pression sur les compagnies qui collaborent. Des brochures pour lutter contre les expulsions sont éditées.

Liberté de circulation !
Les projets de loi visant à « humaniser » les conditions d’enfermement ou à « réguler » les flux migratoires ne sont qu’une pierre de plus à l’édifice de leur société répressive. Les politiques menées jusqu’à présent ne font qu’alimenter les idées nauséabondes proches des idéologies nationalistes. Qu’elles soient menées par des gouvernements de gauche ou de droite, l’objectif est de profiter d’une main-d’œuvre corvéable à merci. Nous commencerons à croire que leur but n’est pas de nous asservir quand sera déclarée la liberté de circulation et d’installation pour tous. R.B.

À télécharger : Comment s’organiser contre les expulsions (sanspapiers.internetdown.org)
Contact : fermeturetention@yahoo.fr
Site : inforetention.kofele.org/
Source chiffrée sur la gestion du centre : rapport de la Cimade, 2007.


le 23/6/2008 15:36:48

L'incendie du centre de rétention de Vincennes du dimanche 22 juin marque le point d'orgue d'une lutte qui a débuté en novembre 2007.

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le 23/6/2008 15:28:16

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons tous les centres de rétention !

Hier, dimanche 22 juin, vers 15 heures, les détenus des CRA 1 et 2 de Vincennes ont mis le feu aux matelas de leurs chambres. Rapidement, l'incendie s'est propagé. En une demi-heure, cette prison pour étrangers n'était plus que cendres.

La colère des sans-papiers était d'autant plus vive que la veille, l'un des leurs est décédé, faute de médicaments pour son cœur fragile. Les flics, coutumiers des brimades et des mesquineries, ont cru bon de le faire attendre quelques heures. IL EN EST MORT!

À minuit, les sans-papiers ont quitté le centre, dans des bus bondés, en direction de Nîmes et de Lille, où on les parquera dans d'autres prisons pour étrangers.

Les voir ainsi entassés, à peine soignés des tabassages qui ont suivi l'incendie, non nourris depuis le midi, était proprement insupportable.

Cette société dégueulasse, c'est la nôtre.
Combien de temps supportera-t-on encore l'intolérable?

Pas de justice-Pas de paix!
Feu aux prisons!
Gloire aux sans-papiers en lutte!


le 19/6/2008 10:59:04

Solidarité avec Freddy et le RASH Nueva-Colombia !

Depuis le 15 mars 2008, le chanteur de Komintern 43 est en prison. À nous de l’aider à sortir de là ! Organisons-nous : concerts, projections, collectes. La solidarité est une arme !
Envoyez vos chèques à l'ordre de Barricata, mention "solidarité Freddy" au dos.

En juillet et en août 2007, je me suis rendu en Colombie, parce que d’une façon générale, avant de juger, j’aime comprendre. Et parce que la meilleure méthode pour entrevoir une ou plusieurs facettes de la réalité internationale, c’est encore d’aller sur place. À l’heure où Ingrid Betancourt semble achever sa course au fin fond de la jungle, sacrifiée par le gouvernement Uribe qui refuse les conditions des FARCs (i.e. une grande bourgeoise en échange de centaines de guérilleros), j’ai envie de revenir quelque peu sur les jours passés aux côtés des compagnons du réseau RASH le plus impressionnant du monde. Mais c’est un récit qu’il faudrait presque commencer par la fin, puisque le 15 mars 2008, nous avons reçu de sombres nouvelles de nos camarades colombiens. Suite à une terrible bagarre avec une dizaine de néonazis, Freddy, alias Faro, chanteur du groupe Komintern 43, leader charismatique de la section de Bogotá, élément moteur du RASH NC (Nueva Colombia), venait d’être incarcéré à la sinistre prison de la Modelo. En effet, la charge passée, un jeune d’extrême droite a été ramassé sur le carreau, blessé mortellement de plusieurs coups de couteau. Cette rixe tragique a été le prétexte à l’arrestation du plus actif, donc du plus dangereux des militants de la bande politique rouge. Plus de trois mois après, Freddy est toujours en prison, il s’adapte progressivement, mais il a besoin d’un énorme soutien financier. Ses frais d’avocat s’élèvent à 28 000 euros (soixante-dix millions de pesos !). Recueillir cette somme phénoménale est la principale façon de l’aider dans l’immédiat!

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le 10/6/2008 15:28:51

En attendant l’insurrection…

Un an déjà depuis le dernier numéro de Barricata, un an de « sarkozysme ». Et tant de lois et de décrets scélérats, de rafles de sans-papiers, de bavures policières, de conflits sociaux et de manifestations qui, à défaut de défrayer la chronique, ont occupé le pavé. On a l’impression qu’une éternité s’est écoulée. Les attaques gouvernementales contre les plus pauvres et les plus faibles (franchise médicale, réforme de l’assurance-chômage, de l’Afpa, etc.) n’ont jamais été aussi virulentes. Les employés de l’État eux-mêmes sont en train de prendre la plus belle gifle de toute l’existence de la fonction publique, avec la réforme d’un statut que l’on croyait inébranlable. L’offensive libérale est tellement brutale que l’on ne comprend pas comment, en si peu de temps, il est possible de détruire autant. Qui connaît le champ social dévasté par Margaret Thatcher chez nos voisins d’outre-Manche a de quoi s’inquiéter. La même perfidie est appliquée aujourd’hui en France. Réformer le plus possible et le plus vite, sans plier face aux protestations de la rue. En Angleterre pourtant, la mobilisation contre la Poll Tax, dans les années 90, engendra un vrai soulèvement. Mais la baronne Thatcher ne céda pas, la rue perdit. Le mouvement syndical ne s’en est toujours pas relevé. En France, « ce n’est pas la rue qui gouverne » rétorque le président aux manifestations des lycéens, fonctionnaires, retraités, dockers, pêcheurs, caissières, travailleurs sans-papiers, etc. Qu’espère-t-il ? Que les syndicats réformistes négocient en douce quand la base demande d’aller plus loin dans l’action ? Que les grandes centrales se méfient, c’est un jeu dangereux, dont elles pourraient ne pas sortir indemnes en perdant de nombreux adhérents. Ou bien peut-être pense-t-il que nous avons tous décidé de courber la tête et « de travailler plus », comme il dit, mais pour quel résultat ? Crever plus riche, mais plus vite, perdre sa vie à la gagner ? Non merci. Les travailleurs sans-papiers qui occupent leur lieu de travail sur les Champs-Élysées, les employés et ouvriers qui séquestrent leurs tauliers, les jeunes des cités stigmatisés qui crament tout, n’ont pas l’intention de devenir les esclaves des grands patrons dont les profits n’ont jamais été aussi outranciers. Les quelques pages qui suivent essaient de faire sortir de l’ombre médiatique des injustices criantes et de mettre l’accent sur des luttes et des expériences politiques, sociales, musicales et littéraires. Détruire, mais aussi créer pour reconstruire.
Méditons sur quelques propos rédigés, il y a un siècle, par l’anarchiste Libertad : « La tyrannie la plus redoutable n’est pas celle qui prend forme de l’arbitraire, c’est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité. Ce n’est pas celle qui sévit contre la révolte, c’est celle qui fait que la révolte ne sait plus être. » À nous de rester vigilant, de riposter et de construire des projets pour montrer à tous les tenants du capitalisme que nous n’avons pas besoin d’eux. La révolution ne se fête pas, elle se fait à chaque instant.
Géraldine, 26 mai 2008


le 12/5/2008 20:59:05

En Russie, les assassinats de militants persistent, l’État reste complaisant à l’égard des néonazis, mais les antifas relèvent la tête. L’heure de la riposte?

Le 7 mai dernier, Dmitri Medvedev remplaçait Vladimir Poutine à la tête de la Russie. Le lendemain, ce dernier était nommé Premier ministre à la Douma. La différence entre les deux ? Le premier, qui n’a jamais été membre du KGB, est un pantin entre les mains du second. Il a été beaucoup moins applaudi que le Premier ministre lors de son discours inaugural à la Douma… Va-t-il renforcer encore le pouvoir des services spéciaux, de la police et de l’armée, exacerber les sentiments nationalistes comme ces dernières années, ou renforcer « la protection et le développement futur des libertés civiles et économiques »? Économiques, on n’en doute pas, mais civiles… Un périple de quelques jours en Russie m’a permis de constater que ce discours était une mascarade!

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le 7/5/2008 1:10:37

Fajardie est mort ! Bordel, c’est pas facile à encaisser !
Ce lundi 5 mai, à l’heure où son décès a été annoncé, je pensais justement à lui en lisant un énième article sur Mai-68. Je me disais : « Ils ont tous oublié de parler de Jeunes femmes rouges toujours plus belles, quel manque de goût ! »

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