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#05 - juin 2000 : SUPPORT FTP !!! (2)
le 4/12/2004 21:23:15

Dans Barricata #4 (toujours disponible), nous avons publié un premier dossier sur les FTP qui comprenait une lettre de Yves racontant les débuts de son parcours politique ainsi que le texte de revendication du groupe FTP de février 1996.
Pour ce numéro, Yves nous a envoyé la suite de son histoire. Il revient sur les années 1985-1986 à Marseille, années d'implantation du Front National dans cette ville. Nous avons également choisi de publier le deuxième texte de revendication des FTP, qui date de fin 1998.
Sinon, quoi de neuf ? William Ferrari a été libéré il y a plusieurs semaines contre une caution de 50 000 francs. Yves a changé de cellule, elle est plus spacieuse, mais ils sont deux à y "vivre". Sa nouvelle adresse est : Yves Peirat, écrou 116 055 X, Bat.D, 3ème étage, 213 chemin de Morgiou, 13009 Marseille. (Pensez à écrire, ça fait toujours plaisir de recevoir des nouvelles de l'extérieur). Il a enfin obtenu le droit de faire un stage d'informatique puisque son dossier est fermé. Il a aussi "gagné" une cinquième inculpation au mois de mars dernier pour le plasticage de la permanence FN des Quartiers Nord. L'administration pénitentiaire ne le malmène pas trop parce qu'il bénéficie d'un assez large soutien. Bref, le procès se prépare doucement, il devrait avoir lieu à l'automne prochain. D'ici là, Yves a toujours et plus que jamais besoin de soutien, il a aussi besoin de fric pour payer les avocats, pour vivre en taule où l'on n'est rien sans thunes, donc organisez des concerts, des débats, mais bougez vous !!!
Si vous voulez en savoir plus, écrivez au SRA, 21ter rue Voltaire, 75011 Paris.

LETTRE DE YVES AU RASH PARIS
Petite histoire de la lutte antifa à Marseille...

Préambule: cette vision m'est personnelle, elle est critiquable, certainement. En tout cas, c'est la manière dont je l'ai vécu.

Janvier 1986, je suis de retour à Marseille. Depuis deux ans déjà, le FN a fait de cette ville sa "terre d'élections". Bien entendu, on ne m'a pas attendu pour mettre en place une riposte antifasciste. Depuis 84, c'est le GAF (Groupe Anti-Fasciste) qui mène le combat. L'époque est aux manifs-bastons. C'est ainsi qu'à la fin des diverses marches digestives appelées par le PS et les "forces démocratiques", marches qui consistent à descendre la Canebière pour se rendre devant la Préfecture (à tout casser 20 minutes à pied), la queue de la manif (en gros 500 à 600 personnes) décide d'aller souhaiter la malvenue à Jean-Marie Le Pen et ses acolytes. C'est l'occasion de s'exercer au lancer de cocktails Molotov, au tir de billes en plomb au lance-pierre, et autre lancé de pavés. Il arrive même alors qu'un contact étroit s'établisse entre les différents SO de la manif et du FN (à l'époque composé en majorité de membres de l'Union Nationale des Parachutistes), ce dont ils profitent pour entamer des échanges à base de dialectique contendante et gazeuse, le tout sous le regard des CRS qui comptent alors les points. C'est le cas en 1984 lors d'un meeting et en 1985 à la salle Vallier.
Le GAF regroupe alors des militants et des militantes provenant d'horizons divers: anciens gauchos de l'OCT reconvertis dans la radio libre, des beurs militant sur le terrain social, des anciens des luttes anticoloniales que la lutte antifa rajeunis, des écolos sans parti, des féministes, des anars, des chomedus, des syndicalistes et des autonomes. Au niveau matériel, il diffuse une affiche qui fera le tour de France et qui sera distribuée à des milliers d'exemplaires lors de l'arrivée de la marche des beurs en 84 à Paris. Il s'agit d'un dessin représentant le visage de JMLP, ornée d'une petite moustache en brosse, sous lequel est inscrit "Plus jamais ça".
Le groupe fonctionne en assemblée générale où les décisions sont prises en commun. A la grande époque, une centaine de personnes participent à ces réunions. Des connexions communes permettent une prise de contact avec le SCALP qui vient de se créer à Toulouse. Quand j'arrive en 1986, le GAF est à son apogée, mais il porte déjà en germe les raisons de son déclin. Une partie du groupe n'hésite pas à critiquer vertement les responsabilités du PS et du PC dans la montée du FN. Ce qui n'est pas au goût de tout le monde, certains l'accusant alors de se tromper d'ennemi. Les élections législatives et régionales de 86 vont marquer une nouvelle étape du développement du FN. Grâce à la proportionnelle et à Mitterrand (il comptait sur ce mode d'élection pour empêcher la droite d'obtenir la majorité à l'assemblée nationale), plus de trente députés FN rentrent à l'assemblée, tandis que Gaudin s'empare du Conseil régional, alors détenu par le PS, grâce à une alliance avec le FN, à qui il cède une vice présidence du CR, et la présidence de 5 commissions dont les affaires sociales. C'est l'époque de la cohabitation et du tandem Pasqua-Pandraud. La thématique anti-immigrée, nationaliste et sécuritaire est alors largement utilisée par le gouvernement légitimant ainsi le discours et les actions du FN.
Diverses structures, dont le GAF, décident alors de créer un rassemblement plus large destiné à éviter l'isolement politique d'une part, et d'autre part développer la lutte anti-FN en l'élargissant au terrain social, économique et culturel. Ce sera la naissance du CLAF (collectif de lutte anti-fasciste) qui comprend outre le GAF, le comité de soutien à l'Euskadi (dont je suis membre à l'époque), la FGA (fédération de la gauche alternative), Radio Galère, et un représentant du MRAP. Le collectif participe à toutes les initiatives antiracistes et anti-FN de l'époque, non sans dénoncer le double discours du PS et ses promesses non tenues, ni "l'indifférence" du PC, pour lequel, seule la lutte sociale est primordiale. Pour l'exemple, à l'époque, le FN présentait dans les quartiers nord de Marseille (quartier prolo) un candidat du nom De Albano, docker et membre de la CGT qui expliquait ainsi sa démarche: "Je suis au FN pour défendre mon identité, et à la CGT pour défendre mon boulot". Inutile de dire que le CLAF reste très isolé et qu'il ne peut alors compter que sur ses seules forces, qui sont réduites.
Mai 1986, Gaston Deferre, alias Gastounet pour les intimes, l'inamovible maire de la ville depuis 40 ans et fidèle compagnon de "Tonton", meurt d'une embolie cérébrale en rentrant chez lui. La succession va être assurée par un chirurgien, jusqu'alors inconnu au delà de Marseille: le professeur Vigouroux. Il hérite d'une ville en crise, politiquement, économiquement (le port va très mal) et socialement (le chômage est largement supérieur à la moyenne nationale et atteint même 30% dans certains arrondissements des quartiers nord). A la même époque, le FN entreprend, après une période de croissance électorale, de se structurer sur le plan local. Ce sera l'œuvre d'André Isoardo qui l'implante dans chaque arrondissement et quadrille le milieu associatif au moyen d'associations satellites. Il est vrai qu'il a de l'expérience en ce domaine, puisque avant de rejoindre le FN, il militait au PC dont il fut même un élu (le syndrome Doriot).
Au niveau national, la droite au gouvernement a décidé de chasser sur les terres du FN avec la mise en place des fameuses lois Pasqua, et une proposition de loi visant à instaurer un "code de la nationalité". Aussitôt, le FN s'empare de l'occasion pour relancer le débat sur l'immigration. Une manifestation sur ce thème est même prévue à Marseille, avec la venue de JMLP. Dès la date connue, le CLAF demande aux organisations démocratiques qu'elle va être leur attitude. Pour le PS et le PC, c'est clair, rien ou presque rien. En tout cas, pas de manif…Seule la LICRA appelle le matin à un rassemblement sur le vieux port. Pour notre part, au vue de nos moyens, il est décidé une animation qui débutera le matin sur le cours Belsunce (quartier immigré du centre ville perpendiculaire à la Canebière) et qui durera jusqu'à l'heure de la manif du front. Le jour de la manif débute mal. Des copains basques sont arrêtés par les flics tandis que des militants du comité de soutien à l'Euskadi sont interpellés, leur appart perquisitionné, et enfin emmenés à l'hôtel de police de Marseille pour y être interrogés. Il faut s'occuper d'appeler les avocats, de contacter les copains, de faire passer l'info. Durant ce temps, des cars venant de tout le département et même au-delà arrivent et déchargent leur cargaison de militants FN. D'autres arrivent par TGV de Paris et de sa banlieue, ainsi que de Lyon. La tension s'installe dans toute la ville. Anne Tristan, dans son livre Au Front a très bien décrit cette journée.
A 14 heures, la manif du front démarre du cours Pierre Puget pour rejoindre le Vieux Port et remonter la Canebière. En tout, cela représente 6000 à 7000 personnes. Jamais l'extrême droite n'avait pu mettre autant de gens dans la rue. La police encadre la manif, mais elle a plus l'air de la protéger que de la surveiller. Les premiers incidents éclatent sur le vieux port, sur le côté de la manif. Des jeunes sont coursés, un black en voiture se fait éclater. On entend de plus en plus fort le slogan "la France aux français". Précédé de son SO formé par les paras, Le Pen se pavane entouré de tout le staff marseillais. Les incidents se multiplient. Un gars qui filmait le cortège depuis sa fenêtre se fait tirer dessus au grenaille par un membre du SO du Front, un peu trop nerveux. Alors que le cortège arrive à proximité du carrefour Belsunce, des jeunes du quartier investissent la chaussée et décident de barrer la route à la manif. Le SO du front charge à coup de matraques, barres, etc. De l'autre côté, les pierres et les canettes volent. Les flics, loin de séparer les deux camps chargent les jeunes et les antifas qui sont restés sur place. La manif devient une immense ratonnade, où l'on voit les flics et les fafs côte à côte tabasser tout ce qui leur tombe sous la main, jeunes, vieux, femmes, enfants. Cela va durer une demi heure. Les fafs laissent les flics terminer le boulot et reprennent leur marche en avant jusqu'au cours Joseph Thierry où Le Pen, du haut d'un balcon, devant une foule hystérique, tel De Gaulle, parle d'une journée historique, celle où "Marseille s'est libérée".
Le soir de la manif a lieu un concert de La Souris Déglinguée dans une boite de Marseille, l'arsenal des galères. Après ce qui s'est passé l'après-midi, il est décidé de rester sur le quartier Belsunce afin d'éviter de nouvelles ratonnades. Le lendemain, la ville et les militants se réveillent avec la gueule de bois et la rage au cœur. La rage devant ce qui était prévisible, et ce que personne et surtout pas les politiques ne pouvaient ignorer grâce aux avertissements (dont ceux d'Anne Tristan à l'époque en pleine opération de sous marin) que nous leur avions prodigué. La rage devant la collaboration de la police avec les fafs. Enfin, la rage devant notre faiblesse et notre incapacité à empêcher le défilé du FN.
Il faut réagir très vite, mais comment ?
Ce sera l'objet du prochain chapitre...

Yves



DEUXIEME TEXTE DE REVENDICATION (fin 1998)

"Je ne cherche pas à changer les règles du jeu, mais le jeu lui même."
André Breton

Il y a deux ans, après une série d'actions, nous avions jugé nécessaire d'expliciter notre démarche et nos motivations (cf. texte de revendication #1). Depuis, l'analyse de la situation que nous faisions a été malheureusement confortée par toute une série d'événements tels que la prise de la mairie de Vitrolles par Mégret. Ces dernières années ont vu plusieurs verrous sauter de par la banalisation du discours du Front National, et par sa présence dans la rue et dans le champ médiatique. Les craintes redoutées il y a dix ans se réalisent, et chaque jour se met en place la stratégie frontiste. Beaucoup ne veulent pas la voir et découvrent chaque avancée fasciste comme une abomination sortie de nulle part. Pourtant la toile d'araignée est tissée, les acteurs sont peu à peu en place pour nous jouer une dramatique connue.

Les conditions pour que tout bascule sont là, présentes:

1. L'Europe, élaborée sans les citoyens, suscite le rejet, le modèle proposé est ultra libéral, anti-démocratique, avec une banque centrale toute puissante, hors du contrôle des populations. C'est le retour à une idéologie fondée au dix septième siècle, et appliquée au dix-neuvième. C'est pain béni pour les nationalistes.
2. L'avenir est perçu incertain, le repli sur soi encouragé par la société de consommation. I1 n'y a plus de projet collectif, mot que le capitalisme a transformé péjorativement, en synonyme de société totalitaire.
3. La classe politique baigne dans le carriérisme, pour certains dans l'affairisme. Etre aux affaires, c'est faire des affaires!

L'abstention aux élections reflète ce rejet et les bras du FN s'ouvrent à une partie grandissante de l'électorat. Il n'y a pas de raisons objectives pour que cela cesse. Les dernières élections régionales l'ont montré: la droite classique a explosé. C'est un événement capital pour les stratèges du FN. Ce n'est que le début d'un processus de recomposition autour d'un parti d'extrême droite présentable. L'exploitation du vote fasciste par les socialistes, mise en place dès 1983, est toujours d'actualité. Les velléités de changer le mode de scrutin ne régleront pas le problème. Pourtant, dans les calculs politiciens, peu s'émeuvent de toute l'eau apportée au moulin du Front National. Un exemple flagrant fut l'élection au poste de président du Conseil général des Bouches du Rhône, d'un personnage traînant tant de casseroles, qu'il dût démissionner quatre mois plus tard. Tête haute et main propre ont de beaux jours devant eux. Pour les fascistes français, il faut un bouc émissaire étranger, ou désigné comme tel. Ce furent les Juifs, ce sont aujourd'hui les Arabes. Le racisme au quotidien, chacun le connaît, autour de soi, dans son quartier, son travail, sa famille. S'il ne s'exprime pas avec les mêmes termes qu'avant guerre, il n'en est pas moins bien présent et ancré dans les mentalités. Tout est donc en place: une société dont le lien social se disloque sous les coups de boutoir du libéralisme; la corruption des "élites" politiques; une droite "républicaine" qui a perdu ses repères et son électorat; le jeu politicien des différents pouvoirs en place depuis quinze ans, et enfin un racisme latent qui n'attend qu'une occasion pour s'exprimer pleinement. Le danger fasciste n'est donc pas stationnaire, il est grandissant. Les camps sont pratiquement constitués. Personne ne peut plus dire: "je ne savais pas". Ceux qui adhèrent et votent Front National, le font en connaissance de cause. Même si on peut trouver toutes les explications qui les ont poussé dans cette voie. C'est un fait réel, maintenant bien établi.
Ce n'est plus le moment de faire de la propagande pour montrer combien les fasciste sont bien fascistes. Ils sont aujourd'hui dans une dynamique de prise du pouvoir à l'échelon national après une phase locale. Si les élections peuvent parfois empêcher l'accès, conjoncturel, d'un fasciste à un poste d'élu, elles ne peuvent en aucun cas altérer les causes du vote FN. Aucun candidat n'a su, ou n'a voulu appliquer son programme une fois élu. Seul le Front National tente de le faire localement dans ses mairies et dans les instances où il pèse. Le parti fasciste français entretient une milice et des adhérents armés qui n'hésitent pas à tirer et à tuer. Ce ne sont pas des lois qui feront disparaître le FN, il doit être interdit "de fait" par les citoyens. De même la justice répond au cas par cas aux effets, mais jamais sur les causes. Historiquement le fascisme ne s'est jamais combattu dans les urnes. Par contre, les fascistes sont souvent arrivés au pouvoir par les urnes. Nous n'avons d'autre choix que la résistance active: Nous gardons dans notre cœur la mémoire de ceux qui se sont battus, qui sont morts, il y a plus de 50 ans, pour libérer ce pays de l'abomination fasciste. Comme eux, nous nous revendiquons, du fait de nos racines, d'une certaine conception de l'homme, où la loi de la jungle ne doit pas être un modèle. La Résistance au fascisme des Francs Tireurs et Partisans est une référence historique, et pour nous un modèle de dignité humaine.
Aujourd'hui, notre objectif prioritaire: arrêter par tous les moyens l'avancée du Front National. Les fascistes ne doivent pas marcher en terrain conquis. Au delà du travail légitime de tous les démocrates, les associations, les individus qui luttent contre l'extrême droite, nous affirmons clairement que nous ne nous laisserons pas faire. Ils ne reviendront pas plastronner cyniquement sur le perron des institutions républicaines qu'ils haïssent. Seul un mouvement social avec des objectifs politiques clairs, pourra enrayer les causes de la dérive fasciste. Ces objectifs devront être la solidarité, le partage des richesses, un développement soutenable pour l'ensemble de la planète, en rupture avec l'économie du tout marché. L'abandon définitif du libéralisme, qui met l'homme en position d'esclave face à l'économie, qui doit rester un outil sans plus. L'histoire de l'humanité n'a jamais été réglée par le marché, et celui-ci n'assurera pas son avenir […] Face à l'extrême droite, la bataille des idées est provisoirement en retrait, par défaut. C'est bien les fascistes qui occupent maintenant le terrain. Nous ne pouvons nous attaquer de front au capitalisme en fonction de nos moyens actuels. Seule une dynamique sociale progressiste nous sortira d'un isolement entretenu par le consensus libéral. Nous nous inscrivons dans une démarche citoyenne qui doit reconstruire les bases idéologiques et philosophiques nécessaires à l'émancipation de l'humanité à travers toutes les frontières. Ici nous combattons le fascisme afin que cette émancipation se mette en marche. La disparition du FN est liée à notre capacité à inverser la tendance du libéralisme mondial.

Pour l'Internationalisme.
Contre tous les Nationalismes et tous les Intégrismes.
Solidarité avec ceux qui luttent ici ou ailleurs !

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21 Février 1996: Destruction à l'explosif du local du FN, rue de Lyon, d'où étaient partis les assassins d'Ibrahim Ali. Revendiquée "Francs-Tireurs et Partisans - Groupe Missak Manouchian".
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11 Mars 1997: Attaque à la grenade d'un local du FN, 22 rue Sainte Cécile, revendiquée Groupe des Partisans "Marcel Bonain".
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21 Février 1998: Destruction à l'explosif d'un local du FN, avenue du Sablier à Bonneveine. Revendiquée "Francs-Tireurs et Partisans - Unité Combattante Dimitri Cotorovitch".
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9 Juin 1998: Destruction à l'explosif du nouveau local du FN, au 22 rue Sainte Cécile, la veille de l'ouverture du procès des assassins d'Ibrahim Ali, membres du FN. Revendiquée "Francs-Tireurs et Partisans - Unité Combattante Jean Robert".

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