Pour compléter l’interview des Bérus, nous avons procédé, quelques jours plus tard, à l’interrogatoire du surnommé Marsu, manager et "commissaire politique" du groupe de 1985 à 1989. Ancien membre du label Bondage, Marsu est l'un des fondateurs de Crash Disques, une petite maison indépendante qui héberge depuis plus de quatre ans Barricata…
Comment comprendre cette reformation ?
Ce concert de Rennes n'est pas censé, en théorie, être une reformation, mais une sorte de perfo. Exceptionnelle, si j'ai bien compris le concept... Il me semble qu'ils se sont embarqués là-dedans sans calculer tous ses tenants et aboutissants. Ils ne s'attendaient sans doute pas à autant d'impact, ni de complications...
Pourquoi les Bérus, un groupe à l’image politisée qui faisait des concerts dans les squats, des concerts de soutien, se retrouve après 14 ans de mort clinique à faire son retour aux Transmusicales de Rennes, festival ultra-subventionné et complètement inconsistant au niveau musical et politique ?
Remettons les choses à leur niveau. Ce festival n’est pas musicalement inconsistant. Je ne suis pas fan de leur politique de programmation, qui, je trouve, se contente de décliner ce qui fait l'événement du moment à l'étranger, mais on peut encore y faire des découvertes. C’est moins "grosse cavalerie" que les Eurockéennes par exemple. Historiquement, et affectivement aussi, il y a le fait que, quand nous sommes passés là-bas en 1986, c’était une réussite et ça c’était vraiment bien passé avec les organisateurs. Je suis depuis resté en bons termes avec Brossard (programmateur des Trans), les Bérus aussi. Pour les 20 ans du festival, il leur a donc proposé de jouer dans le cadre d’une programmation spéciale. Il faut aussi replacer les Bérus dans leur époque. En 1983, le circuit dans lequel le groupe éclôt, c’est celui des squatts, avec un esprit assez "toto" (mouvance autonome, ndlr). Dans ce circuit gravitaient des gens aux idéologies différentes, voire parfois divergentes (libertaires, communistes, anarcho-punks, situs...). Les choses se sont montées de façon empirique, au fur et à mesure des événements, avec très peu de concepts politiques clairement structurés à la base. Si on m'a par la suite surnommé le "commissaire politique", c'est en particulier parce que je me suis efforcé de rassembler les éléments constitutifs de la démarche du groupe pour les présenter de manière cohérente (je n'en suis pas l'inventeur !). Au moment de ma démission en février 1989, je pensais que le groupe devait se structurer un peu plus idéologiquement, parce que ça se barrait en tous sens et commençait à être un bric-à-brac conceptuel. Les Bérus sont apparus comme le porte-drapeau du Mouvement Alternatif, mais c’est une fonction qu’au fond ils ne voulaient pas assumer. Ils étaient plus la caisse de résonance de ce qui se passait que des maîtres à penser. Le groupe que vous allez maintenant voir sur scène ou DVD reste porteur de tout ce qu’il a fait, mais il faut comprendre que tous ont évolué dans des directions très différentes. Alors, sur quelles bases refonder le groupe en 2003 ? Pour l'instant, ce que l'on peut en voir, c'est le plus petit dénominateur commun, les affinités humaines, la proximité retrouvée durant les 6 mois où ils ont travaillé ensemble sur le DVD, qui clôture une époque, et le challenge de la "perfo" aux Trans.
Tu as sur la question une réflexion, certainement juste, d’individu qui a connu cette époque. Cela dit, à Rennes, on verra surtout un public qui appartient à la génération de jeunes qui prennent les Bérus au premier degré. Pour eux, ça représente un espoir formidable : un groupe avec une culture underground et tout un background politique sur une scène aussi importante que les Transmusicales !
Le problème, c’est qu’on voit cette reformation sous l'angle du symbole. Cette sacralisation implique une forme de récupération : grosso modo, les Bérurier Noir et à travers eux le Rock Alternatif, musique des années 80, font maintenant partie de la "Culture" rock française. Je pense toutefois qu’il ne faut pas mettre là-dedans une signification trop lourde. C’est clair que le choix n’est pas extrêmement heureux, du fait du prix des places et des artistes présentés dans ce plateau, qui n'ont pas d'histoire et de culture commune avec les BxN comme avec notre circuit. L’organisation n’est pas vraiment non plus aux "normes bérurières" de l’époque…
Qui fixait les "normes bérurières" ?
C’est venu empiriquement. Par exemple pour le SO antifasciste, c’est dû au fait qu'il y avait régulièrement des fafs dans nos premiers concerts (comme dans tous ceux de l'époque d'ailleurs). Je me rappelle d’un concert des Bérus au Havre en 1986 où il y avait 40 nazis dans la salle, alors que nous étions venus à 7 en tout !
En 1986, mais toi, t’es arrivé quand dans les Bérus ?
J’ai suivi Bérurier Noir depuis le début. Je connaissais les anciens Béruriers, dont François faisait partie. C’était un groupe de pochetrons provocateurs, destroy-situs, qui montaient bourrés sur scène et qui se faisaient embrouiller par tous les lourds de l'époque. Ils jouaient déjà pas mal dans les squatts. Bérurier Noir s'est créé avec la réunion de François et Loran, qui était guitariste de Guernica. Parallèlement, je manageais Lucrate Milk, qui splitta peu de temps après (février 84), et dont toute la raïa se retrouva aussitôt derrière les BxN. À cette époque-là, on ne peut pas dire que les rôles étaient attribués. Dans le groupe, ils étaient deux, François et Loran, suivis de potes qui foutaient le bordel et buvaient des coups. Petit à petit, chacun s'est impliqué, dans le graphisme, la scène ou autre. Vu ma petite expérience au sein de Lucrate et aussi des fanzines et des radios libres, j'avais déjà pas mal de contacts et je donnais un coup de main à François pour la paperasse. Au bout d’un moment, c'est devenu trop lourd à gérer pour lui, et je me suis retrouvé manager (août 85).
Tu peux nous en parler de ce fameux concert du Havre ?
On revient à la salle après avoir mangé, et la première chose qu’on voit, c’est un skin avec un symbole Afrikaner. On entre et l'on voit une dizaine de fafs sur scène en train de casser la gueule du premier groupe ! Après ça, ça chauffe, un mec du service d’ordre du concert arrive avec un fusil à pompe ; forcément, ça calme... Après, nous nous sommes aperçus qu’il y avait quarante skinheads dans la tribune du premier étage de la salle (genre marché couvert avec coursives) : croix gammées ou celtiques, runes, etc. On a commencé à s’organiser, à disperser des barres sur la scène. François commence le concert par une démonstration de nunchaku, ça impressionne toujours, et ils ont lancé "Porcherie" parmi les premiers morceaux de la liste. Le ton était donné. Les fafs descendent de leur perchoir et s’approchent de la scène ; un gars tire un sieg ! Loran arrête de jouer et lui gueule d’expliquer son geste en lui tendant le micro. Le faf a maugréé et s’est barré. Les autres se sont dégonflés et l'ont suivi. Suite à cet épisode et à quelques autres (comme à Lyon ou St-Etienne par exemple), nous nous sommes adjoint une équipe de sécu. qui a pu compter jusqu'à une quinzaine de personnes.
Cela a augmenté le coût du groupe ?
Oui, tout à fait. Mais ça a permis d’avoir des concerts sécurisés dans des endroits réputés craignos, où les gens se sont amusés au lieu de flipper leur race de se faire démonter. Le SO était composé de gens assez politisés ; tu en connais certainement quelques-uns qui étaient dans les Red Wawa (ndlr, Red Warriors, crew redskin). Dom, le responsable du SO, a joué un rôle important dans les Bérus, parce qu’il était respecté et écouté par le groupe. Pour en revenir aux BxN, je pense qu’il faut dissocier l’image de la réalité. Les Bérus, c’est un miroir et un amplificateur dans lequel les gens ont projeté ce qu’ils avaient envie de voir et de vivre. C'est d'ailleurs ça qui fait la multiplicité et la force, mais aussi la disparité du mouvement alternatif.
Oui, mais s’il y a des paroles des Bérus qui sont encore gueulées en manif, c’est quand même pas un hasard ?!
François a souvent mis des collections de slogans dans ses textes, c’est un classique situ., et en plus c'est d'une efficacité totale.
Qui écrivait ?
La plus grande part des textes des Bérus est de François. Quelques-uns, et non des moindres, sont d’Olaf. Certains des textes les plus anciens et les plus noirs en particulier.
Olaf, c’était un ancien des Béruriers ?
Oui, tout à fait, et après, il a été l'un des fondateurs des Ludwig. C'est quelqu'un dont l’ombre a toujours été présente dans les Bérus.
On en était aux normes bérurières...
Autre développement logique : nous ne fréquentions pas les concerts chers, donc les nôtres ne devaient pas l'être. La culture doit être ouverte et accessible à tous à prix modique… Nous évitions donc de jouer dans le circuit "business", en privilégiant les assos qui faisaient du travail de terrain. On a essayé de fixer des prix à un maximum de 50 à 60 balles (au Zénith, c'était à 50).
Le cachet des Bérus, SO compris ?
Variable, parce qu’entre le début et la fin, le groupe avait sacrément grandi…Tu sais, quand t’attires cinquante personnes, et que t’es à deux, plus tes potes et les amplis dans une R5… Je me souviens par exemple d'un concert à Château-Thierry en 1985, où il n’y avait que trente spectateurs ; le cachet devait à peine couvrir le coût du transport.
Toi, t’étais manager, c’était ton boulot ?
Oui, mais c'était la préhistoire, tout était fait à l’arrache ; le fonctionnement actuel de la musique n’a plus rien à voir avec cela. Le nombre de fois où j’ai été moi-même cachetonné, c’est peut-être cinq en tout. Nous n'avons pas fait tant de concerts que ça (je dirais 150 ?), la différence, c’est que quand tu rassembles mille personnes ou plus, automatiquement, il y a plus d’impact qu'avec dix concerts à petite échelle. Le "tout au black" était la méthode N°1 de l'époque ; on fonctionnait au défraiement, ce qui maintenant est totalement hors légalité... Je me souviens d'une fin de concert où j’avais l'argent à redistribuer à plusieurs groupes et au SO, genre 50000 balles, sur moi, dans ma doublure de blouson !
Imaginons que je suis un p’tit keupon de Vendée, je veux organiser un concert des Bérus, on est en 1988, ça me revient à combien?
Ça dépendait de pleins de choses : si c’était une grosse ou une petite orga., de la taille de la salle, de l’affluence prévue… Grosso modo, pour un concert de mille personnes, on s’attendait à toucher entre une patate et une patate et demie. Dans le principe, à peu près dix balles par entrée étaient censées partir dans le cachet, pareil pour la sono et le SO. Parfois on demandait un défraiement de base, plus un pourcentage du bénéfice, et il y a des fois où ça a franchement fait très fort ! C'était un mode de fonctionnement assez équitable pour tout le monde, mais pour que ce soit intéressant, il fallait être sûr de ramener du monde. Les mois de tournées, où l'on alignait une dizaine de dates, ça assurait les arrières. Il n’y avait pas d’intermittents du spectacle dans le groupe, et donc, quand on ne jouait pas, c’était la dèche. Durant la dernière période du groupe (en 89), quand je n'étais plus là, cela a fonctionné selon des formes plus classiques.
Et tu penses qu’ils en sont où des "normes bérurières" aujourd'hui?
Je crois qu’ils y sont sensibles ; là, ils ont demandé au départ que le concert soit à 15 euros, ce qui est correct à mon avis. Après ça, la programmation, c’est un autre problème.
C’est vrai, mais au final, l’entrée est bien plus chère.
31 euros en préloc… On m’a dit qu’il y avait 4000 places vendues, et 1000 places mises de côté.
Les fameuses places à 1 euro… Tu penses que ces places vont être vendues à l’entrée, ça va être un bordel monumental !
Je n’en sais rien. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas été prévoyants. Ils se sont engagés là-dedans sans imaginer ce que ça allait donner, sans se rendre compte de l’impact que ça allait avoir, sans savoir avec qui ils jouaient, sans avoir d'engagement écrit quant au prix d’entrée. L’esprit Béru n'implique pas forcément l’autogestion, mais plutôt le contrôle. Là, il y a tellement d’éléments qui leur échappent que ça me paraît organisé en dépit du bon sens. Mais il me semble qu'ils ont pris conscience de tout ça et qu'ils s'efforcent de rectifier le tir en ce moment.
Sinon, toi, ils t’ont pas proposé de repartir dans l’aventure avec eux ?
N’oublie pas que c’est moi qui suis parti. Déjà, le fait que j’ai participé au DVD était un grand retour… Ensuite, en tant que tour-manager, par rapport aux normes du business actuel, je suis complètement aux fraises. Les tournées, de nos jours, c’est sans pitié quand tu brasses un truc aussi important que les Bérus. Même en s’entourant de gens compétents, ce ne sera pas évident.
Mais tu penses que Bérurier Noir aujourd’hui, c’est possible ? Tu comprends bien ma question : Bérurier Noir / alternatifs…
Bérurier Noir, c’est possible, Bérurier Noir alternatif, c’est autre chose. La barre du challenge qu’ils se sont posé est super haute. Les Bérus se nourrissaient de l’énergie de leur public, avec lequel ils entretenaient une osmose unique. À Rennes, il y aura des anciens de l’époque, avec la petite larme à l’œil, mais évidemment plus la même folie, et puis des jeunes qui projettent n’importe quoi sur le groupe. L’ambiance générale ne peut pas être la même : cela me paraît difficile que tout le monde s'y retrouve, tant les attentes et les envies sont multiples et fortes.
Est-ce que tu crois qu'artistiquement, le duo boîte à rythme/guitare est encore viable aujourd’hui ?
Tu sais, à l’époque, plein de gens ne voyaient dans les Bérus qu'un concept, un symbole, une attitude et des textes engagés. L'un des seuls musiciens à m'avoir dit "les Bérus, c’est aussi de la musique et des chansons", c’est Eric des Thugs, étonnant, non ? Aujourd’hui, les Bérus sont joués à donf en free-party, les DJ font des remixes de leurs morceaux. Ce genre de musique n’a peut-être pas le son des productions américaines, mais lui au moins n’est pas normé. Le duo boîte à rythme/guitare, reste un concept mortel et une alternative musicale. Le rock’n'roll, ce n’est pas que des standards, c’est avant tout ce qu’on met dedans : voilà une des bases du rock alternatif. On peut créer tout ce que l'on veut avec n’importe quoi et ça peut le faire. Il y a plein de tek hardcore où l’influence punk est plus que flagrante. Je pense qu’à terme, il y aura non pas une fusion mais des conjonctions entre ces deux scènes, et les Bérus ont bien analysé qu’ils allaient se retrouver là (en plus, on est en plein retour du son post-punk des années 80, dont ils ne sont pas si éloignés).
Toi, tu t’es senti comment, après ton départ en 89 ?
C’est compliqué à dire, une page était tournée et je n’étais pas sûr de pouvoir m’en remettre, à vrai dire. C’est une histoire qui m’a tenu à cœur, plus proche de l'amour déchu. Tout le monde a un sac, avec dedans une partie de sa jeunesse, des illusions perdues, des amitiés mortes… Bon, mon sac à moi, il est pas mal rempli. Je n'ai pas suffisamment vu le fossé qui s'était créé peu à peu entre l’évolution des membres du groupe et l’image qu’ils projetaient. Une de mes erreurs en tant que manager et "porte-parole" est d’avoir maintenu cette image, alors qu’en 1988, c'était devenu quelque chose de plus coloré et elliptique, toujours mondialiste, mais beaucoup moins cohérent et radical.
Les Bérus ont-ils porté l’antifascisme radical, ou l’antifascisme radical a porté les Bérus ?
Les deux. Il y une interaction évidente. Je pense que la musique a une action d’éducation ; grâce aux Bérus (et à d’autres groupes d’ailleurs), des mecs ont commencé à faire des fanzines, se sont intéressés à des trucs plus pointus, et je pense que dans ceux qui suivront la reformation du groupe, il y en a qui se radicaliseront. Après, c’est aux militants de terrain de leur proposer des espaces où ils vont pouvoir s’exprimer.
Tu ne crois pas qu’il ne reste que la consommation maintenant ? Qu’ils vont avoir un public de spectateurs passifs ?
Peut-être 90% sont ainsi... Mais il ne faut pas charrier, regarde la manif du 1er mai 2002, avant le second tour de l’élection présidentielle, combien de gens sont venus ? Et combien ont continué à militer ? La révolution, ça se consomme autant que la musique.
Ton but, c’était quoi, conscientiser des gens grâce aux Bérus ?
Oui (mais pas que ça tout de même).
Pourquoi "commissaire politique" ?
Disons que c’est moi qui repositionnais souvent les choses par rapport au concept, en particulier dans le cadre de la communication du groupe. Comme je te l’ai dit, les bases se sont créées empiriquement. François et Loran ont structuré pas mal de choses, et après, j'ai fait l'interface entre l’extérieur et le groupe, à mon avis l'un des rôles essentiels d'un manager. Par exemple, quand on nous proposait un concert de soutien, j’en parlais au groupe et on décidait ensemble.
Ça vous est arrivé de refuser des concerts de soutien ?
Oui, pour de multiples raisons. Par exemple, concert de soutien au soutien, pour des mecs qui avaient organisé un concert de soutien en faisant n’importe quoi et s'étaient plantés. Des concerts de soutien pour "on sait pas, mais on va trouver". Des dates impossibles parce que le groupe ne tournait pas où avait déjà autre chose de prévu. En tout cas, on en a fait un paquet.
Et le concert de soutien à SOS racisme ?
Ce n’était pas un concert de soutien à SOS mais un concert dans le cadre des manifs étudiantes de 1986. On leur avait demandé d'enlever leurs banderoles, et imposé Laid Thénardier en première partie. Eux, la première chose qu’ils disent sur scène, c’est : "Nous, on se sent pas très bien ici, on est plutôt proches des JALB" (ndlr, Jeunes Arabes de Lyon et de sa Banlieue). Du coup, les mecs de SOS commencent à moufter sévère et veulent les empêcher de jouer. Finalement, ça se tasse. Après ça, ils étaient super vénères contre nous, ils ont repatché (câblages de sonorisation, ndlr) toute la scène n’importe comment, par exemple le câble d'un des micros était branché directement sur le retour… Les Bérus commencent, François fait un speech et là Julien Dray (actuel porte-parole du PS, ndlr) déboule pour nous faire arrêter. Je m’interpose et le pousse dans l’escalier d'accès à la scène. C’est l'un de mes rares moments de gloire ! Bon, le son du concert était armoire, mais ça l'a quand même fait.
Tu penses qu’ils refuseraient des concerts de soutien aujourd'hui ?
S'ils en faisaient, ils se limiteraient sans doute à des causes humanitaires.
Bon, revenons sur les flics autour des concerts…
Moi, je m’attends à ce qu’à Rennes, il y ait un troupeau de keufs ; les RG ont à coup sûr gardé les dossiers Bérus dans leurs archives et ça clignote de partout quand ils tapent le nom ! Les Trans doivent se sentir empêtrés dans une sale affaire, à cause de l'affluence record prévue, genre keupons travelers prêts à l'émeute. La première fois déjà, ils avaient flippé, mais ça c’était bien passé. Il y avait une grosse foule qui attendait pour rentrer, et leur SO angoissait sévère, du style "Argh ! Les punks, ils ont des tessons de canettes dans leurs poches…". Je suis sorti avec le porte-voix des Bérus pour dire au public : "Bon les mecs, ça va foutre le bordel, alors si vous pouviez vous mettre sur le trottoir, ce serait cool", et ils se sont rangés peinards. Brossard a été marqué cette anecdote, à chaque fois que je le revois, il me la ressort !
Dans le DVD, tu dis que si les Bérus se reforment, ça va aller droit dans le mur. Dans quelle mesure considérerais-tu qu’il s’agit d’un échec ?
Il y a plusieurs formes d’échecs : le concert tourne à l’émeute, des tas de gens se prennent une tête au carré par les forces de l'ordre présentes en masse. Ou encore : le concert est nul et le groupe est grillé devant son public. On peut aussi imaginer que BxN, après quelques concerts, ne résiste pas aux différences entre ses membres et à ses contradictions internes, etc. Plein de choses sont envisageables, mais je pense ce concert de Rennes, "performance et non reformation", sera un test grandeur nature de la capacité du groupe à se refonder.
En fait, que faudrait-il pour que ce soit une réussite ?
Un miracle !!! Mais après les avoirs vus en répète et discuté avec eux, je me dis qu'ils en sont bien capables



