SOMMAIRE
ARCHIVES PAR NUMEROS
CHERCHER DANS LE SITE

 


#11 - décembre 2003 : Patrick Raynal, polar noir à boulets rouges.
le 31/1/2005 13:59:29

PATRICK RAYNAL: DE LA POUDRE A LA PLUME.


C’est à la Grosse Caisse, regretté bistrot de Bastille où les rockeurs à cheveux courts de la capitale se plaisaient à vider Guinness et Père Labat, que nous avons procédé, un soir de septembre 2003, à l’interview de Patrick Raynal. Auteur de romans noirs, scénariste du film «le Poulpe», éternel complice de Jean-Bernard Pouy, ancien militant gauchiste, directeur de la Série Noire, amoureux de littérature américaine, passionné par les grosses bécanes, les déclinaisons ne manquent pas pour définir ce personnage simple et disert. Son dernier roman, «Ex», mêle souvenirs et fiction, réminiscences et nostalgie. Voyage au cœur de la littérature de la fêlure, de Jack London à Jean-Claude Izzo…


Tu es directeur de la Série Noire depuis 1991, c’est bien ça?
Oui, avant moi, Robert Soulas dirigea cette collection de 1977 à 1991. Et avant lui, Marcel Duhamel, le créateur, de 1945 à 1977.

Tu peux nous parler un peu de la Série Noire?
Vaste programme… C’est une des plus anciennes collections de polars en France, elle aura soixante ans en 2005. C’est la deuxième plus vieille collection en fait, puisqu’il y a d’abord eu le Masque en 1927. Le Masque, c’est une collection de romans policiers tandis que la Série noire est une collection de romans noirs. Dans le roman policier, ce qui est intéressant, c’est la solution de l’énigme, qui amène à l’arrestation du criminel, tandis que dans le roman noir, c’est beaucoup plus une description de l’atmosphère, d’un milieu, c’est plus social au sens large.
La Série Noire a été créée à la sortie de la guerre. Elle s’est constituée à partir de littérature américaine. Certains textes étaient déjà publiés par Gallimard en collection blanche. Duhamel était le traducteur d’Hemingway, il a décidé de lancer une collection rassemblant des titres noirs et violents. Il a notamment publié Chandler, Mc Coy. Au moment de sa gloire, la Série Noire publiait 8 bouquins par mois, qui se vendaient à hauteur de 70000 exemplaires chacun. Il y a eu des hauts et des bas. Puis J-P Manchette, évidemment! La Série Noire continue, elle n’est plus seule, donc elle ne fait plus les cartons énormes d’avant. Mais elle en a fait quelques uns quand même, comme la trilogie d’Izzo, 250000 exemplaires rien qu’en Série Noire.

Jean-Claude Izzo a été réédité en Folio policier, c’est toujours toi qui t’en occupes?
Non, moi je m’occupe de la Série Noire, et de la Noire, une collection grand format de romans noirs. J’ai environ 9 titres par an, c’est une collection plus littéraire.

Le siège de la Série Noire est chez Gallimard?
Oui, aux éditions Gallimard. Au sous-sol, entre les chiottes et la photocopieuse. Donc tu ne peux pas aller plus bas…

Pourtant, ça vend bien?
Il y a 400 personnes qui travaillent au siège de Gallimard. Il n’y a en pas une qui a envie de se tirer ailleurs, loin en banlieue. Il y a un problème d’occupation de l’espace. En été, tout le monde descend nous voir, car on a une belle cave. Le reste, c’est de l’ordre de la légende: «être tout en bas de Gallimard!». C’est une métaphore de la place du polar dans la société moderne. Au départ, les auteurs de série noire rêvaient d’être publiés dans la collection blanche. Maintenant, il se produit un peu le contraire.

Marcel Duhamel jusqu’en 1977…
Remplacé par Robert Soulas, un mec très sympa qui bossait avec Duhamel depuis le début. En 1945, Duhamel a dû recruter des gens qui lisaient et écrivaient anglais. Soulas, c’était l’adjoint de Pierre Dac. Il avait recruté une jeune femme qui a maintenant plus de 80 ans, et qui travaille toujours avec moi, Jeannine Hérisson. C’était une petite provinciale qui avait fait des études d’anglais, et qui a été traductrice des procès de Nuremberg, puis qui est rentrée à la Série Noire.

C’était du roman engagé, social?
Il faut distinguer deux choses. Le monde que décrit la série noire. Le roman noir, c’est un roman de fêlure, c’est l’envers du rêve américain, ça ne décrit forcément que la merde. A partir de là, on a cru trop rapidement que le polar était dans son ensemble un genre de gauche. C’est un genre qui a été annexé par des gens de gauche mais ça ne veut pas dire que les écrivains qui décrivent ce monde sont forcément de gauche. Soulas était un mec de gauche, mais Duhamel n’a pas créé la Série Noire dans ce but là. Il s’est mis à publier une série de romans qui brusquement donnaient une image inverse de celle que les Américains voulaient donner: montrer du trafic de drogue, du crime organisé, conséquences de la crise de 1929, de la guerre, etc. Finalement, cela a dessiné pratiquement à son insu l’envers du mythe américain, qui a autant formé les gens comme nous que Marx et Lénine. On avait dans une poche du jean le dernier Série Noire, et dans l’autre un bouquin de Marx. Et on trouvait des justifications du Marxisme-Léninisme dans la Série Noire… Elle est devenue une série de gauche, presque gauchiste, malgré les auteurs! Quand tu les rencontrais, tu pouvais être déçu. On croyait tous que Robin Cook était un anar tendance gauche dure, tandis qu’il était «droitiste». Tous les mecs de 68 comme moi, qui se sont violemment engagés, dès qu’ils se sont mis à l’écriture, sont allés vers le polar. Toutes les dictatures de droite et de gauche interdisent le polar, car tu décris ce qui ne va pas dans la société.

Tu avais dans les poches de ton jean le dernier série noire mais également le Petit livre rouge du dictateur Mao. Paradoxal, non?
A l’époque où j’étais maoïste, si j’avais pu me douter de ce que je saurais moins de dix ans plus tard, je ne l’aurais pas fait. Il est évident que quand je descendais dans la rue pour défendre le Cambodge de Pol Pot, je ne savais pas ce qui se passait.

Tu es venu à la politique vers quelle période?
Très tôt, je commençais déjà à tourner autour des idées communistes, quelque soit le communisme, au lycée. Dès que je suis entré à la fac, j’ai cherché les gauchos, et je les ai trouvés. J’ai lu très jeune Stevenson et London, une littérature militante.

Tu es né en 1946, tu es rentré à la fac en 1966, tu étais déjà militant, ou du moins, conscientisé. Est-ce que tu écrivais?
J’écris depuis toujours. Quand j’étais môme, j’écrivais des poèmes, des romans. Quand j’étais «établi» en usine, j’ai commencé un roman réaliste-socialiste. Mais je n’avais pas trouvé ce que je voulais vraiment écrire.

Est-ce que, comme les futurs dirigeants maos et trotskystes, tu es passé par l’Union des Étudiants Communistes (UEC)?
J’ai rejoint un groupe qui s’appelait la «gauche syndicale», un groupe dissident de l’Unef. C’est à partir de ce groupe que s’est fondée l’Union des Jeunesses Marxistes Léninistes, à laquelle j’appartiendrai ensuite, et la Gauche Prolétarienne (GP). J’ai aussi fait un petit détour par le PCF, avant de faire partie des créateurs de la GP.

Quel était ton statut à la GP?
J’étais cadre de secteur dans la région de Nice.

Donc, tu as dû croiser Dominique Grange, interrogée dans notre précédent numéro…
Oui, je travaillais avec elle. Elle avait été envoyée par Paris pour renforcer les troupes. Elle était ouvrière dans une usine de matières plastiques.

Tu militais surtout en direction des travailleurs immigrés…
Oui. On bossait aussi sur la question de l’anti-autoritarisme. On essayait de disloquer le pouvoir des petits-chefs. On faisait beaucoup d’actions commandos, cassages de gueule, etc. On a poussé jusqu’à l’extrême l’action métaphorique, à la limite de la lutte armée.

Il n’y aurait pas une petite mode du récit de la «folle jeunesse» chez les anciens de la GP?
Tu sais, en guise de mode, il y a deux livres… Le livre d’ Olivier Rolin (cf Barricata #10), et «Ex», le mien (cf chronique en pages bouquins). C’est un peu court pour une mode. Les deux livres sont sortis en même temps. Celui d’Olivier est différent, il fréquentait tous les dirigeants. Et comme toujours en France, il y a des différences entre un militant parisien et un militant niçois. Il faisait partie de la direction nationale, pas moi. Ce que j’ai cherché à faire dans mon bouquin, c’est retrouver cette idée qui fait qu’on est la dernière génération qui a failli devenir terroriste. On s’est posé la question de continuer à travailler dans le symbole ou passer de l’autre côté. A la majorité, l’Assemblée Générale des militants de la GP a voté le fait qu’on ne passe pas à l’action armée. C’est un vote qui a eu lieu dans toutes les sections.

J’ai pourtant des camarades de la CNT qui étaient à la GP dans les années 70 et qui ont appris la dissolution de leur orga à la radio…
Non, ils ont appris à la radio la dissolution de la GP par le ministre de l’intérieur Marcellin, pas l’auto-dissolution. Il y avait très peu de vrais militants à la GP, 500 ou 600 dans toute la France, et encore. Tout le reste tournait autour du Secours Rouge.

Tu ressembles à quel personnage de ton roman?
Il y a plusieurs personnages qui ont vraiment existé, mais le personnage qui me ressemble le plus, c’est l’assureur de la fin. Mon idée, c’était de parler de ce que sont devenus quelques anciens militants. On les a tous montrés comme des chefs d’édition, des chefs de rédaction, c’est vrai qu’il y a quelques cas, mais ce n’est pas l’immense majorité. Certains ont aussi sombré dans la dope ou le terrorisme après la dissolution. Mais la majorité des militants, je la croise dans les librairies de province, lorsque je fais des signatures. Ils me disent: «tu te souviens,…». Sauf qu’eux sont restés à l’usine.

Tu parles des mecs qui sont tombés dans la dope, il manque aussi la figure du suicidé…
Il y en a eu quelques-uns, c’est vrai.

Donc ton personnage, c’est donc celui que le narrateur décrit ainsi: «je me souvenais de lui comme d’un militant solide, plus intéressé par l’action que par la théorie, redoutable rédacteur de tracts, aussi utile dans la castagne que dans l’organisation d’une campagne de propagande…». Pas besoin de te dire que ça m’a bien plu…
C’est bien ça. Je ne suis pas le personnage qui parle à la première personne, celui-là, c’est Bill, un type qui avait commencé des études de philo, qui est rentré en usine, et qui comme beaucoup, n’est jamais sorti de la boîte. Tu as beaucoup d’établis qui n’en sont jamais sortis. Enfin, lui, aujourd’hui, il a une petite imprimerie, il édite aussi des tracts anars.

Tu écrivais pendant tes années militantes?
Non, j’étais un militant stalinien pur et dur, marié, travailleur, avec des enfants… J’ai écrit mon premier bouquin en 1979, publié en 1980.

T’étais un dur… Le grand soleil maoïste, le voyage en Chine???
Non! Le voyage en Chine, c’était les autres, le PCMLF. Nous, on ne voulait pas y aller. On était des purs intellos, on a refusé de s’avouer la réalité. Aucun de nous n’avait envie de mettre le pied en Chine ou en Albanie. On avait déjà l’angoisse de ce qui allait nous péter les jambes, et péter celles des générations de militants qui suivront. C’est pour ça que cela me fait plaisir de vous voir, car pendant un temps, toutes les révélations sur les atrocités des régimes communistes ont pété les guiboles des militants. Ces enfoirés de staliniens ont tué l’idée de communisme avec eux. Sauf que ce n’est pas parce que le Mur de Berlin est tombé qu’on arrête de crever de faim dans le monde. Nous, on avait déjà fait le procès de la Russie, car ça se voyait trop. Mais tous les gars qui allaient en Chine revenaient perdus pour la Révolution.

Le personnage de Jean Pons, grand gourou qui bosse au cabinet du Président de la République, est fictif?
Il existe un cas similaire mais je ne le savais pas quand j’ai écrit le livre. Tu sais, il y a aussi un ancien militant mao qui est devenu numéro deux de la DGSE sous Mitterrand…

Et tu as fait quoi après l’aventure GP?
J’ai vécu en Bretagne, j’ai visité tous les poulaillers. Puis j’ai rejoint mon père, j’ai vendu à peu près n’importe quoi. J’avais un peu de temps pour écrire. J’ai rédigé mes premières piges, gratos. Puis, je suis entré à Télérama. J’ai fait un grand tour d’Amérique pour interroger Jim Harrison. De Télérama, je suis passé au Monde des Livres pendant 4 à 5 ans, puis chez Gallimard. Voilà comment je suis sorti de l’univers de l’assurance par l’écriture…

Tu n’écris plus dans le Monde des livres?
Non, par déontologie. Tu ne peux pas être à la fois auteur, directeur de collection et critique littéraire. Je fais de temps en temps des papiers, je me laisse aller.

J-B Pouy, tu l’as rencontré quand?
«Ex», c’était un projet de scénario commun pour la TV. Son roman, Larchmütz 5632, c’était mon idée, celle de deux militants qu’on envoie dans une ferme, l’Orga les réveille trente ans après pour reprendre du service. Pouy, c’était un très bon ami de mon meilleur ami de jeunesse, Daniel Pennac. On était au bahut ensemble, avec Pennac. Il me parlait tout le temps de son pote Pouy, et un jour, il l’a ramené chez moi. En sortant de ma douche en peignoir, j’ai vu un mec bizarre en tenue de garagiste orange, c’était lui. J’étais tellement ému de rencontrer ce mec que pour le saluer, j’ai ouvert mon peignoir et j’ai dit: «Enchanté!». On a écrit «Chasse à l’homme» ensemble, 2000 caractères chacun, précisément, en s’arrêtant au milieu d’un mot et en envoyant le texte à terminer à l’autre. Avec Jean-Bernard, on invente des façons d’écrire. En ce moment, on travaille sur «La force du destin». JB a écrit 5000 signes, et moi, en travaillant uniquement à l’intérieur, je dois faire passer l’ensemble à 10000 signes: j’allonge les dialogues, les descriptions. C’est lui qui a toutes ces idées, il a toujours des idées car c’est un Oulipien (l’Oulipo est un courant littéraire qui jongle avec le langage, disparition du «e», expérimentations orthographiques, contraintes parodiques. Cf Queneau, Perec et d’autres virtuoses des mots. Ndlr)

Quand tu l’as connu, il avait déjà écrit son excellent «Spinoza encule Hegel»?
Non, je l’ai rencontré en 1976, avant la rédaction du roman. Spino a été publié en 1982, on a baisé Albin Michel. Personne n’en voulait, moi je publiais «Very Nice», j’ai abrité «Spinoza encule Hegel» à la suite de mon texte. Il faut que vous le rencontriez, c’est un fou des fanzines, un fan de la CNT, et contrairement à moi, qui suit plutôt communiste révolutionnaire, lui, il a un passé de communiste libertaire!

Et le Poulpe?
Pareil. On voulait un personnage récurrent, populaire, au goût du jour. Gaucho, libertaire, comme ça, tout le monde se retrouve dedans. L’idée de génie, c’est d’avoir un auteur pour chaque bouquin de la série.

Le tien, «Arrêtez le carrelage», c’est le deuxième de cette longue série, non?
Oui. Et le premier, c’est celui de JB: «la petite écuyère a cafté».

Ton travail de directeur de collection, ça consiste en quoi?
Je suis salarié de Gallimard. Je lis des manuscrits, je traduis, je fais le programme, je voyage énormément, je cherche des auteurs.

Tu parlais tout à l’heure d’Izzo, c’est toi qui a lu ses manuscrits?
Plus que cela! Jean-Claude ne voulait pas écrire, je l’ai poussé. C’était un prolo, fils du PCF. J’ai lu une nouvelle de 25 pages, l’embryon de «Total Kheops», et je lui ai fait un contrat pour le lier, pour le pousser à écrire, car il n’osait pas.

Quels sont tes coups de cœur des dernières années?
Romain Slocombe, c’est un spécialiste du Japon, il a sorti trois bouquins, et ça, c’est génial. Rolo Diez, qui était militant de l’Armée Révolutionnaire Argentine, emprisonné sous Videla. Je l’ai rencontré par l’intermédiaire de Paco Ignacio Taibo. Tous les Rolo sont à lire. Il y a aussi Luna Satie, une petite nenette formidable qui a sorti un livre génial: «A la recherche de Rita Kemper». C’est l’histoire d’une rockeuse, en plus!

Qui t’a influencé?
Indubitablement, Raymond Chandler. Maintenant, si tu me demandes de te citer les deux plus grands romans du monde, je réponds «Don Quichotte», de Cervantès, et «Au dessous du Volcan», de Malcolm Lowry.

J’ai essayé de le lire deux fois, et je n’ai pas passé le premier chapitre.
Il est épouvantable pour tout le monde. Dis-toi bien qu’il l’a fait exprès et que tu ne peux même pas sauter ce premier chapitre sinon, tu ne comprends plus rien. Une fois que tu l’as lu, tu t’en souviens vraiment longtemps, mais il faut passer les soixante premières pages, qui sont une sorte d’entrée verrouillée.

Et parmi les autres auteurs?
Stevenson, London, Maupassant.

Maupassant?
Il a tout inventé. Jim Harrison lui doit beaucoup. Et puis, il y a Simenon, c’est le maître-romancier, l’efficacité et la rapidité.

Quel est le livre que tu as écris dont tu es le plus fier?
Né de fils inconnu.

Ton militantisme est-il lié à ta biographie?
J’ai été élevé dans le culte de la Résistance. Ma grand-mère a été déportée à Ravensbrück, et mon grand-père, général, faisait partie de l’ORA, l’Organisation Résistante de l’Armée. Ceci explique cela.

Le personnage de ton roman «Ex» qui fait courir les flics pour les épuiser, puis qui les déroule, il a vraiment existé?
C’est un mec qui a été le premier chef du SO de la GP. Il est ensuite devenu moine puis il s’est suicidé. C’était un redoutable cogneur. En 68, il attendait les flics pour leur taper dessus, c’était une vraie tête brûlée qui avait les moyens de sa politique.

Et la moto dans tout ça?
C’est ma passion. Avant, j’avais une Harley. Maintenant, j’ai une BMW. Mon prochain reportage, c’est la route One, de Los Angeles à San Francisco par la côte. Je fais des chroniques régulières pour Moto-Revue. J’essaie les gros moteurs, j’adore ça. Pour moi, ça a toujours été synonyme de bel objet, de bruit, de sensation. La Norton, c’était ma plus belle et ma plus géniale…

De quoi tu vas parler sur la route One?
C’est un endroit mythique d’écriture, c’est là qu’habitaient Steinbeck et Miller. C’est une petite route escarpée.

Et ta rencontre avec Jim Harrison?
C’est comme ça que tout a commencé! Un jour, vers 1987-1988, je suis allé voir Alain Rémond de Télérama, je lui ai proposé un reportage sur Jim Harrison, je ne parlais pas anglais à l’époque. Il a accepté. Je n’arrivais pas à joindre Harrison. A partir de là, je suis devenu un spécialiste de littérature américaine.

J’ai juste lu de belles nouvelles d’Harrison…
Il faut lire Faux Soleil, Dalva. Il faut tout lire! Il a une façon de parler de la nature qui est assez extraordinaire! Ma rencontre a été fabuleuse. Je n’ai eu que des galères, je suis arrivé avec 24 heures de retard. Il m’a appelé en pleine nuit à mon hôtel et m’a interdit d’utiliser un magnétophone. Je suis resté deux jours et deux nuits chez lui.

Dernière question: quand trouves-tu le temps d’écrire?
Le problème, c’est de commencer. Une fois que tu es dedans, que tu as écris quelques pages, tu ne peux plus passer une semaine sans écrire au moins dix heures!

Format imprimable Envoyer cet article à un(e) ami(e)
ARTDESIGN BY NLH$(tm)
 no copyright - reproduction vivement conseillée, en citant la source.