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#12 - Juin 2004. : Bibliographie anti-prison
le 9/2/2005 22:46:51



Au pied du Mur. 765 raisons d’en finir avec toutes les prisons. L’Insomniaque. 15 euros.
Si on ne devait acquérir qu’un ouvrage sur la prison, ce serait celui–ci. 350 pages de textes choisis parmi toute la littérature du genre, des explications synthétiques, accessibles, une condamnation définitive de l’institution carcérale pour un prix finalement assez modique au regard du boulot fourni et de la qualité d’impression. Quasiment indispensable !

De la prison à la révolte. Serge Livrozet. L’esprit frappeur. 180 pages. 3 euros.
Le témoignage implacable d’un ancien taulard devenu militant du Comité d’Action des Prisonniers (cf interview de Ras les murs). Un classique édité pour la première fois en 1973 et qui n’a rien perdu de son actualité. « Pour un homme qui sort de prison, il ne se présente que deux possibilités : ou bien il parvient à trouver une place de sous-prolétaire pour survivre ; ou bien il reprend du service dans la délinquance ou le crime. Il existe désormais un troisième choix qui permet d’éviter la récidive réflexe ou l’esclavage sans espoir. Il consiste à jeter sur cette société un regard critique, à transformer la passivité en lucidité, la délinquance en révolte consciente et motivée. Il ne s’agit plus de se plaindre mais de se battre publiquement, politiquement. »

Je hais les matins. Jean Marc Rouillan. Denoël, 200 pages. 15 euros.
Le grand livre de J-M Rouillan, prisonnier d’Action Directe, groupe que l’État cherche à éliminer lentement (pour toute information concernant AD, cf NLPF, c/o librairie du Point du Jour, à Paris). Remarquablement écrit, il s’agit d’un témoignage sur le quotidien carcéral, et d’une introspection dans l’univers biographique et militant de Rouillan. En lire en priorité.

Surveiller et punir. Michel Foucault. Gallimard, 360 pages, 12 euros.
Une étude sur les origines de la prison, signée par un grand intellectuel, fondateur du Groupe Information Prisons. Des cachots du Moyen-Age aux forteresses du XIXe, en passant par les prisons modernes, Foucault démasque la société de surveillance. Un classique absolu. Michel Foucault, décédé en 1984, s’est aussi intéressé à l’histoire de la folie et à celle de la sexualité, il gagne à être lu.

Pour en finir avec la prison. Alain Brossat. La Fabrique Éditions. 130 pages. 12 euros.
Alain Brossat, enseignant à Paris VIII s’inscrit en rupture avec les discours partagés par ses pairs sur l’institution pénitentiaire. Refus du sécuritaire, refus de la critique humanitaire, il affirme que le combat contre la prison est avant tout politique, car s’opposer à cette institution revient à s’opposer au Pouvoir. Il rappelle que la prison ne se réforme pas, qu’elle ne s’aménage pas. Une vision proche de celle de Foucault.

Au bagne. Albert Londres. Le Serpent à plume. 250 pages. 5 euros.
Le grand reporter des années 1920 et 1930 rapporte, pour les lecteurs du Petit Parisien, ce qu’il a vu, entendu, ressenti sur l’île du Salut, en Guyane française, au contact des bagnards, ces parias de la Troisième République bourgeoise triomphante. Un livre qui a fortement influencé l’opinion et a hâté la fin de ces mouroirs tropicaux. Bien entendu, pour revenir aux sources, rien de mieux que les ouvrages d’Alexandre Jacob, édités à petit prix par l’Insomniaque.

Fractures d’une vie. Charlie Bauer. 415 pages. Agone. 20 euros.
Réédition du brûlant témoignage sur l’enfermement, la torture carcérale et l’esprit de révolte de cet activiste, ami de Mesrine, et qui a passé 25 ans de sa vie en prison. Postface « quinze ans après » dans la nouvelle édition.

Le baiser de la couleuvre. Gérard Delteil. Éditions des Nuits rouges. 166 pages. 7 euros.
Excellent polar et reportage sur la prison, inspiré de faits réels, édité en 1986, réédité en 2000, signé Gérard Delteil, un auteur qui ne fait pas de compromis. Dans le registre polar et taule, on lira également Battisti et Dumal ! Côté littérature blanche, on flânera du côté de Jean Genet.

L’Envolée. Périodique. 24 pages A3, 2 euros.
A nos yeux, il n’existe qu’un véritable bon journal sur la prison en France, c’est l’Envolée, qui est tant bien que mal distribué dans les taules, quand l’administration pénitentiaire le laisse passer. Lettres de détenus, analyses fracassantes, odes aux mutins, récits de mobilisation… Si sur le fond, nous constatons certaines divergences d’analyse, nous saluons néanmoins le boulot et nous vous encourageons à vous familiariser avec cet efficace outil : 63 rue de St-Mandé, 93100 Montreuil. C’est à l’Envolée qu’on doit le slogan : « la guillotine ne laisse aucune chance, la prison non plus ». Il existe aussi une émission de radio, pour les franciliens, le vendredi soir, 19h-20h30 sur FPP, 106.3. E-mail : envolee@internetdown.org

Bulletin ABC/CNA. 24 pages A5, mensuel, 0,69 euros.
Moins « classe » que l’Envolée, mais plus régulier, le bulletin de l’ABC, rédigé par des militants de Dijon, se fait l’écho des mobilisations des prisonniers ou en faveur des prisonniers. Partant du principe que « si l’innocent mérite notre solidarité, le coupable la mérite encore plus », l’ABC assure un soutien concret qui s’inscrit dans la durée. A soutenir ! Chèques à l’ordre de Maloka, BP 536, 21014 Dijon. E-mail : abcdijon@free.fr

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