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le 26/3/2014 22:09:26

Avec Les Kamioners du suicide et Stage Bottles.


le 4/12/2013 19:28:09

Ami-e-s,

Parce que les temps sont maudits et que notre rage ne s'est toujours pas étiolée...
L'équipe de Barricata déterre la hache de guerre.

Rendez-vous au printemps 2014 pour le numéro 22!

Unite and Win!


le 11/1/2011 23:35:13

Salut à tous,

Barricata, c'est fini.

Ceux qui nous connaissent savent que nous sommes déjà sur un autre projet.

Rendez-vous le 12 mars pour fêter la sortie de la nouvelle revue!

Amitiés libertaires.

PS: les abonné-e-s recevront le nouveau journal.


le 14/10/2010 16:51:59

Après 6 journées de grèves et de manifestations, plusieurs secteurs ont voté la reconduction de la grève, notamment dans les raffineries, dans le rail, dans l'éducation, La Poste, etc. De même, au niveau interprofessionnel dans certains départements, des intersyndicales appellent à généraliser la grève. Enfin ! C'est une incontestable bouffée d'air pour la lutte et nous voulons les saluer.

Maintenant, il nous appartient à toutes et tous, que l'on soit salarié-e-s, chômeurs, précaires, étudiant-e-s ou retraité-e-s, de ne pas laisser ces différents secteurs isolés et de redoubler d'efforts pour convaincre de la nécessité de les rejoindre dans cette grève reconductible, seule capable de faire reculer le gouvernement et d'arriver au retrait de la réforme des retraites.

Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans un jeu de rôle où chacun avance des chiffres de manifestants ou menace le plus à la télévision… Nous sommes bel et bien en plein cœur d’un combat social entre deux classes. D’un côté, celle des patrons et de leurs exécutants gouvernementaux, qui cherchent à préserver leurs privilèges et leurs profits. Et, face à eux, les travailleurs, qui cherchent à défendre leurs droits sociaux durement acquis et à en conquérir de nouveaux, fondés sur une répartition égalitaire des richesses.

Il ne s’agit pas de parler de « radicalisation possible » ou de « ne rien lâcher », il s’agit de le faire. Soyons clairs. Soit nous voulons réellement nous donner les moyens de gagner ce combat, et la grève générale reconductible avec blocage économique du pays est notre seule arme susceptible d’imposer le retrait du projet de loi. Sinon, si les centrales syndicales en restent aux déclarations de principes plus ou moins énervées, la défaite est assurée…
Le gouvernement et ses donneurs d’ordre patronaux se moquent éperdument des manifestations, quel que soit le nombre de personnes qui défilent ou la fréquence des mobilisations. Ils n’ont même de cesse de le répéter.

Il est de la responsabilité des organisations syndicales de tenir un discours clair aux salariés. Le choix est simple : avouer la défaite et ranger les banderoles ou généraliser dès maintenant la grève reconductible. Pour la CNT, il est hors de question de céder sans avoir essayer. Nous appelons donc tous les travailleurs et syndicats, quelles que soient les étiquettes à se coordonner et à lancer sans attendre les grèves reconductibles nécessaires à la victoire et à organiser des blocages économiques, dans les zones industrielles et partout où nous produisons les richesses. Avec la précarité croissante, les contrats d’intérim et autres, nous savons bien que tout le monde ne peut faire grève. Aidons-les en ciblant la seule préoccupation du patronat : son portefeuille.

Ce n’est pas au patronat de faire la loi.
C'est nous qui produisons, donc c'est nous qui décidons !
Riposte syndicale, grève générale !

http://www.cnt-f.org/urp/


le 27/9/2010 16:16:55

Entretien avec Didier Bernard (mai 2010), du comité de lutte de Continental Clairoix. Retour sur une longue lutte victorieuse.

Intro : On l’a croisé sur bien des manifs avant de mettre un nom sur son visage. Didier Bernard est l’un des principaux animateurs du comité de lutte de l’usine de pneumatiques Continental à Clairoix (Oise). En 2009, la longue lutte des Conti, qui s’est soldée par un compromis acceptable pour les 1 120 licenciés, est devenue emblématique des résistances ouvrières. Avec Didier, on partage bien des pratiques et des points de vue qui renvoient aux fondamentaux du syndicalisme révolutionnaire : action directe, refus des bureaucraties syndicales, assemblée générale souveraine, mandatés révocables, dignité ouvrière et rejet des patrons voyous. Suite à son passage à Paris lors de la manif antifa du 9 mai, nous lui avons posé quelques questions. Les pages qui suivent rappellent que seule la lutte paye et que celui qui ne combat pas a déjà perdu.

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le 7/7/2010 14:49:45





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DES ARMES CONTRE LE PATRIARCAT !


FONDS, ARCHIVES :

Archives du féminisme : www.archivesdufeminisme.fr/

Bibliothèque Marguerite Durand (BMD), 79 rue Nationale, Paris (13e ) : Seule bibliothèque publique française exclusivement consacrée à l'histoire des femmes, au féminisme et, depuis quelques années, aux études de genre.

Centre des archives du féminisme, Bibliothèque Universitaire, Angers (49) : riche fonds documentaire sur le féminisme, ouvrages, thèses, périodiques papier et électroniques, bases de données.

http://bu.univ-angers.fr/index.php?S_file=archives/index_F.php

Expositions virtuelles sur l’histoire du féminisme (modéré): http://musea.univ-angers.fr/

Mundaneum (voir le fonds féministe) : www.mundaneum.be


LIVRES :

Avorter. Histoires des luttes et des conditions d'avortement des années 1960 à aujourd'hui / Collectif IVP

À télécharger gratuitement sur tahin-party.org/ivp.html

Encyclopédie politique et historique des femmes : Europe, Amérique du Nord / sous la dir . de Christine Fauré, PUF

Et la vie sera mille fois plus belle / Martha A. Ackelsberg, Ateliers de Création Libertaire

Femmes, classe et race / Angela Davis, Des Femmes

Histoire des femmes en France : XIXe-XXe siècle / Michelle ZANCARINI-Furnel, Presses Universitaires de Rennes

Histoire des femmes en occident (5 vol) / Michelle Perrot et Georges Duby, Perrin

Histoire du féminisme / Michèle Riot-Sarcey, La Découverte

Histoire du féminisme français : Du Moyen Age à nos jours / Maïté Albistur et Daniel Armogathe, Des Femmes

Le deuxième sexe / Simone de Beauvoir, Poche

La construction sociale de l’inégalité des sexes / Paola TABET, L’Harmattan

La grande arnaque. Sexualité des femmes et échange économico-sexuel / Paola TABET, L’Harmattan

La prostitution, quatuor pour voix féminines / Kate Millett, Denoël/Gonthier/Livre de poche

Le féminisme / Andrée Michel, PUF, Que sais-je ?

Les Femmes ou les Silences de l'Histoire / Michelle Perrot, Flammarion

L’anatomie politique / Nicole-Claude Mathieu, Côté Femmes

L’ennemi principal / Christine Delphy, Editions Syllepse

Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature / Colette Guillaumin, Côté Femmes

Un universalisme si particulier : Féminisme et exception française (1980-2010) / Christine Delphy, Editions Syllepse


REVUES :

Comment le genre trouble la classe / Agone 43

Des féminismes, en veux-tu, en voilà / Réfractions n° 24

Les Poupées en pantalon : lespoupeesenpantalon.blogspot.com/

Lutte des sexes & lutte des classes / Agone 28

Putain de sexisme / Offensive n°16 (Trimestriel d’Offensive Libertaire et sociale)


SITES INTERNET :

Anarcha Féminisme (en anglais) : www.infoshop.org/page/Anarcha-feminism

Cas Libres : cas-libres.poivron.org

Collectif Emancipation Angers (anti-patriarcaux-ales, anti-sexistes, non-autoritaires et anti-capitalistes)

collectifemancipation.blogspot.com/ infokiosques.net/genres

Combien de fois 4 ans : combiendefois4ans.blogspot.com

Féministes : www.feministes.net/

Gender Trouble : www.gendertrouble.org

La meute : www.lameute.fr/ (chiennes de garde contre la publicité sexiste)

Le torchon brûle Limoges (antisexiste, destruction de la structure sexiste) : letorchonbrule87.forumactif.net/forum.htm

Les entrailles de mademoiselle : www.entrailles.fr

Leo Thiers Vidal : 1libertaire.free.fr/LeoThiersVidal10.html

Les tumultueuses : www.tumultueuses.com

Maison des femmes : maisondesfemmes.free.fr/

Mix-Cité : www.mix-cite.org/ (mouvement mixte pour l'égalité des sexes)

Planning Familial : www.planning-familial.org/

RAWA, Association Révolutionnaire des Femmes en Afghanistan : www.rawa.org/french.htm

Rebelles : re-belles.over-blog.com/

SOS Femmes : www.sosfemmes.com/

Zonezerogene : www.zonezerogene.com





le 7/7/2010 14:27:31





Document sans nom



VARIATIONS X BARRICATA

ADORNO FUTURE


Bonjour, pouvez-vous présenter Variations et son histoire ?

LS : Pour moi, Alexander est le meilleur interlocuteur sur cette question.

AN : Au commencement fut le verbe de Jean-Marie Vincent, qui face au mur croulant de Berlin et aux ruines du communisme soviétique s’écria : « La théorie critique n’a pas dit son dernier mot. » L’idée d’ouvrir un espace de discussion intellectuelle pour l’émancipation après la fin définitive du stalinisme et de la social-démocratie anticritique était né. Contredire le discours réac de la fin de l’histoire, de la fin des utopies, des contestations, et qui veut que tout ce qui résiste meure. Contredire les fossoyeurs de Marx, Freud, Darwin, Marcuse et Adorno. Se réapproprier Marx après les marxismes, l’École de Francfort au-delà de ses ramification académiques actuelles, assumer l’héritage du Centre expérimental de Vincennes contre la bureaucratie universitaire, tourner la critique cosmopolite contre les directives et dérives ministérielles françaises, actualiser le féminisme, discuter l’écologie radicale, défendre l’esprit libertaire contre la régression sécuritaire, déjà. Cet espace a pris pour forme une revue du département de sciences politiques de Paris 8, et pour nom Futur antérieur. Revue dirigée par Jean-Marie Vincent, soutenue par Toni Negri et une foultitude de marxistes critiques plus ou moins militants et hétérodoxes venues de Grèce et d’ailleurs. Futur antérieur, ce temps peu usuel de la langue, pour évoquer « ce qui aura été », c’est-à-dire une utopie concrète, avec Ernst Bloch. Pour faire mentir la doctrine de la fin de l’histoire et pour ne pas laisser le projet gauchiste initial des Temps modernes à bout de souffle après la mort de son directeur de publication, Jean-Paul Sartre. Des douzaines de numéros et de discussions fructueuses plus loin, après avoir traversé la révolte zapatiste de 1994, l’irruption libératrice du mouvement de décembre 1995, des sans-emploi et des sans-papiers, le collectif ne survit pas au départ de Negri, emprisonné en Italie à la fin des années 1999. La revue a atteint un seuil, un tournant et son but : la première défaite du capitalisme mondial à Seattle.

En 2000, la revue Variations émerge à l’endroit où Futur antérieur s’est évaporée. Avec le souci de revenir sur les fondamentaux de la critique et de creuser les arguments théoriques, qui font manifestement défaut dans les discours militants de circonstance. S’ensuivent 15 numéros jusqu’en 2010 qui associent une centaine d’auteurs dont les plus connus sont André Gorz, Edgar Morin, Pierre Bourdieu, John Holloway, Nancy Fraser, Oskar Negt, Greil Marcus et Alexander Kluge. Une sorte de melting-pot de la sociologie la plus corrosive et de la théorie critique internationale. Bien des forces centrifuges se sont exercées au sein de cette revue comme dans d’autres, deux éditeurs ont jeté l’éponge et une série d’universitaires ont eu du mal à assumer la charge libertaire de nos recherches. Aujourd’hui, on a provisoirement résolu le problème des éditeurs intéressés par le rendement et des distributeurs marchands, en éditant la revue en format PDF à travers notre site, véritable maison d’édition ad hoc. La crise globale nous encourage à persévérer malgré l’absence de moyens financiers et institutionnels. Quand on voit ce que les appareils bien équipés et médiatisés fabriquent comme triste bricolage, notamment la revue du NPA qui ne connaît que des contretemps, on se sent comme des albatros dans un ciel d’azur avec nos milliers de lecteurs sur les cinq continents.

Derrière cette petite histoire se pointe une correspondance historique plus ample. Nous vivons le revival de la grande crise capitaliste de 1929 qui a posé l’alternative libertaire, luxembourgiste et castoridienne : Socialisme ou Barbarie. Les insurrections démocratiques avaient finalement été écrasées par le fascisme européen. L’École de Francfort était le premier sinon le seul courant intellectuel à saisir toute l’étendue des dégâts, la faillite de la démocratie parlementaire, la nature du stalinisme et des partis ouvriers, le basculement autoritaire du prolétariat en Europe centrale, la psychologie de masse du fascisme, la forme moderne du racisme et de l’antisémitisme, l’industrie de la culture et des mass-média, la soumission du salariat sous la forme marchande, etc.

Aujourd’hui, il s’agit de relancer toute une série de concepts critiques qui ont été réprimés par le stalinisme, méprisés par le trotskysme de parti et souvent oubliés par les courants anarchistes ou libertaires. Je pense à la personnalité autoritaire, à l’espace public oppositionnel, à l’industrie de la conscience et d’autres encore. Pour sortir de la connexion aveuglante du système, de ses formes marchandes et médiatiques, il faut élaborer un langage critique précis et percutant. La théorie critique n’a pas dit son dernier mot.


Les intervenants sont majoritairement issus du monde universitaire. Est-ce un choix délibéré ?

LS : La revue est actuellement à la croisée des chemins, elle a surgi dans le champ académique et sous l’impulsion de Jean-Marie Vincent. Aujourd’hui, après bien des déambulations, son projet éditorial avance avec l’idée et la volonté de continuer à publier des textes plutôt longs et profonds dans leur forme ; et critiques et cherchant le dépassement dans leur contenu, mais sans, par contre, se réserver au champ académique.


Le cadre universitaire ne vous permet-il pas d’exprimer toutes vos idées ?

LS : Le cadre universitaire n’en est pas un. Pour nous, nous agissons à partir d’un point qui se situe à l’extérieur de ce « cadre universitaire », et surtout, en cherchant à le dépasser, à ne pas mutiler ou éroder des idées qui, prisonnières du désir de plaire à un corps de métier, ne feraient que s’oublier et s’aliéner. Par contre, nous puisons le meilleur dans notre formation reçue auprès de gens comme Daniel Arasse, Miguel Abensour ou Jacques Rancière et nous nous pensons comme chercheurs.


Souhaitez-vous vous ouvrir davantage à des formes de réflexion non-universitaires ?

LS : En tant que personne, je n’aspire qu’à publier de bons textes qui cherchent à ouvrir la critique et à penser le dépassement. Je suis soucieuse que la constellation des auteurs de Variations soit le plus vaste possible et dans le souci de permettre l’étincelle entre un lecteur et un texte. Qu’il y ait une découverte mutuelle.

JB : J'aimerais ajouter que s'ouvrir au monde « non-universitaire » est une de nos ambitions. Nous avançons vers elle avec beaucoup de peine. Mais comme le dit Lucia, nous pensons que produire des textes en dehors de cet espace ne signifie pas baisser notre niveau d'exigence. Au contraire. Clairement, nous sommes à la recherche, en tant qu'animateurs de Variations, de toute forme de pensée qui va résolument du côté de l'émancipation ou de la critique du refus de celle-ci.


L’université, même si elle n’opère pas de censure directe, contraint-elle les chercheurs à limiter le cadre de leurs recherches ou à les orienter dans une direction particulière ?

LS : A mon sens, l’université n’a pas la force de contraindre qui que ce soit. L’université est plutôt un espace paradoxal où chacun peut trouver des choses contradictoires : allant de la plus grande révolte à la plus servile des soumissions. L’université est ce que chacun y fait en son sein. Elle est tout à la fois le lieu potentiel pour activer des expériences de liberté venues du passé ou alors de la rencontre dans le présent, ici et maintenant, mais elle peut aussi se transformer en espace d’aliénation où la norme s’érige en principe et vient s’écraser sur l’être vivant. Et cela, par et dans la pratique de chacun. L’université est donc ce que chacun, et collectivement, nous en faisons ou nous en retenons.

JB : Ta question rejoint celle que tu nous posais juste avant sur les limites que nous impose ou non ce fameux « cadre universitaire ». Je partage l'approche de Lucia quand elle dit que ce cadre n'en est pas un. Cette approche peut en tout cas nous protéger au mieux de la violence universitaire… Par contre, je pense que l'université française limite ses cadres théoriques et conceptuels. Dans les sciences sociales, c’est assez flagrant. La tradition sociologique française est grave marquée par le positivisme et le déterminisme. « Dis-moi d'où tu viens, je te dirai où tu vas » semblent dire les sociologues. Si tu t'intéresses un peu à l'histoire de la sociologie française, tout cela devient assez clair : penser la société, c'est penser son unité au lieu de penser les différences dont elle est le théâtre. Penser la république définitive plutôt que la révolution permanente. Si nous faisons le choix de nous inscrire dans la pensée vivante de la théorie critique, c'est parce qu'elle pense cette différence, le non-identique à tous les niveaux y compris épistémologique, plutôt qu'une unité sociale qui n'est qu'un fantasme politicien.

AN : Ouaip, et la sociologie dominante en France et ailleurs, qui est la sociologie positiviste du fait accompli, a toujours tenté d’expulser la critique en dehors de l’Université. Les plus grands n’ont percé qu’à l’extérieur : Pierre Naville, Edgar Morin, Cornelius Castoriadis. Jean-Marie Vincent et Serge Mallet ont été refusés par la faculté de sociologie de Paris 8 en 68, sous prétexte que ce n’était pas de la sociologie…


Le thème du numéro en cours - « choisir le petit » - est assez elliptique : comment déterminez-vous les thématiques, et quels a priori ou perspectives vous les font choisir ?

JB : Le « choix du petit » correspond à mon avis à cette posture dans les sciences sociales. Il est toujours plus simple de voir et choisir le gros et le grand, le visible et l'affirmé. « Choisir le petit » signifie tendre l'œil, l'oreille, la pensée vers l'invisible, l'inattendu, l'imprévisible. Paradoxalement, cet enjeu est loin d'être petit.

LS : Le « choix du petit » est né de l’envie de travailler sur une intuition politique et philosophique de Miguel Abensour, par la suite, il a permis de s’offrir aux auteurs comme une accroche, leur laissant tout loisir de travailler en fonction d’associations libres. Il peut du coup être elliptique, chargé d’histoire ou apparaître comme problématique en relation à la subjectivité de chacun. Mon idée du « choix du petit » n’avait sans doute rien à voir avec celle de l’autre, et des autres ou alors connaître des accointances inattendues. Cela se vérifie dans la diversité et la communauté des textes. En tout cas, il indique justement non pas un a priori, mais au contraire l’envie de travailler collectivement en créant la possibilité de partir dans toutes les directions en résonance avec les interrogations, les désirs de chacun(e).


Pour présenter ce numéro, vous écrivez : « Agir de concert, ce n'est pas unifier les idées, mais bien plus les unir dans une lutte et un projet commun. Rester soi et faire une place à l'autre, tout en construisant un territoire étranger et commun à chacun ». Est-ce selon vous une simple méthode de travail pour la revue, ou un projet politique de plus grande ampleur ? Et dans ce dernier cas, avez-vous des pistes pour le mettre en pratique concrètement ?

LS : Évidement dire qu’il s’agit d’un projet politique de plus grande ampleur, et que nous, avec la revue, nous voulons changer le monde est très tentant. Sans doute, y a-t-il, là, un profond et secret désir commun. Pour autant, je souhaite que nous nous sentions plus modeste, et si Variations existe, c’est d’abord comme un émetteur, un émetteur qui cherche à émettre un signal, et qui espère que celui-ci sera capté et reprojeté par d’autres. Car, l’essentiel est de partager avec d’autres des idées, des souhaits et des doutes qui traversent la pensée des auteurs.

JB : Pour moi, réaliser ce numéro de Variations est une piste pour réaliser cet « agir de concert » concrètement. Et l'image me convient. Voilà ce que devrait être un concert. Une tendre interaction entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent, réaliser en commun dans les différences. Je te laisse imaginer, dans un concert de musique, qui donne et qui reçoit. Ce n'est pas forcément ceux et celles qu'on croit. Sur le contenu du « choix du petit », entre Greil Marcus qui écrit sur Malcolm McLaren, John Holloway qui te parle de dignité, Hélène et José Chatroussat qui tirent un bilan critique de leur passé de militants trotskystes, Mikel Bolt Rassmussen qui raconte l'histoire des stratégies artistiques critiques, entre autres, je pense que t'as une bonne image de ce joyeux concert.


Pensez-vous, et souhaitez-vous, que vos réflexions nourrissent l’action de terrain ? Comment partagez-vous votre savoir avec les actrices et acteurs des mouvements sociaux et politiques ?

LS : Personnellement, je ne crois pas à la représentation d’un monde clivé, entre d’un côté, des intellos qui pensent et qui éclairent le monde de leurs géniales lumières et d’autres qui le changent à force de le mettre en branle, ce monde. J’imagine plutôt que ce qui peut permettre une transformation, un changement se situe dans l’existence d’un projet commun et d’un désir de justice partagés par des gens. Sans cette étroite interpénétration des idées, des rêves, du rejet et de l’action, je doute que le simple fait de se déployer dans les espaces publics, même en usant de la violence, suffise à changer le monde. Je pense plutôt que les désirs et les révoltes de chacun et des groupes sont les moteurs indispensables de tout changement ou tentative de sortie de l’inertie. Du coup, ils ne sont pas séparables, ils se construisent ensemble. D’ailleurs, la pensée ne surgit pas dans le vide : elle vient de son rapport étroit au monde qui l’entoure. « Le choix du petit », notre intérêt pour la théorie critique ne naissent pas dans le vide, ils s’enracinent dans nos expériences et nos révoltes. Dans nos échecs aussi.

AN : Je ne vais pas me contenter de vagues slogans électoralistes, de mots d’ordres de manif qui tiennent sur une petite pancarte, de coups de gueule impromptus. Ou encore me satisfaire de sorties ouvriéristes anti-intellos dans la tradition du PCF tel Julien Coupat qui nous assène via le journal Le Monde que le mouvement conseilliste qu’il baptise « ultra-gauche » n’aurait jamais produit autre chose que des écrits marxologiques « inoffensifs ». Ce type de discours marketing qui marche avec des sigles trouve son apogée dans les logorrhées anticritiques d’un Glucksmann hier, d’un Onfray aujourd’hui. Cela ne produit aucune position critique durable.

JB: Encore une fois, réaliser une revue, l'animer, la faire vivre, peut être vu comme une action de terrain. Nous n'avons pas de savoir à partager, nous avons simplement la volonté de rendre des textes accessibles. Autant que le clivage réflexion/action, le clivage savoir/ignorance ressemble à un piège grossier. Nous voulons sortir de ces boucles qui ne débouchent que sur leur propre nombril. Nous ne disposons d'aucun savoir, nous savons par contre que nous voulons en savoir plus. Si des lecteurs et des auteurs soutiennent cette démarche : tant mieux pour tout le monde. C'est peut-être là qu'on peut répondre au mieux à ta question sur notre « projet politique de plus grande ampleur » : dans l'opposition binaire entre savoir et ignorance, entre réflexion et action, il y a un troisième point qui cherche à se faire une place comme dans toute opposition dichotomique. Ce troisième chemin est peut-être notre « projet politique de plus grande ampleur. » Pour être bien clair, je veux dire que nous ne sommes pas là pour donner du savoir, mais plutôt pour en recevoir et en partager. C'est ça la critique.


Dans ce numéro, il n’y a que deux femmes sur douze auteurs qui interviennent : la première, Lucia Sagradini, n’est pas citée dans la liste des auteurs alors que son article ouvre le numéro, et la seconde, Hélène Chatroussat, coécrit un des articles avec son mari. Comment s’explique cette quasi-exclusivité masculine, ainsi que la place symbolique accordée de fait aux femmes participant à ce numéro ?

LS : D’abord, je n’imagine pas que Variations soit une revue bien pensante, nous n’avons pas pour vocation de donner des espaces et des surfaces de visibilité de seconde main pour qui que ce soit. Dans la revue, il n’y a donc pas de politique de quotas pour rassurer le quidam hypocrite comme pour les films hollywoodiens (période par excellence années 50 à 80). Les auteurs (femmes, étrangers, handicapés, noirs de peau, etc.) ont tous la même chance : celle d’écrire, du moment que les textes sont bons. N’importe qui peut écrire et laisser son article sur le www.theoriecritique.com pour être publié s’il répond à l’attente de la revue. Par contre, il est nécessaire de s’interroger sur le fait qu’à ce jour aucune femme n’a envoyé de texte sur le site. Mais, sans doute, pourrions-nous nous inquiéter sur la difficile situation qui se tient derrière ce simple fait et qui est bien plus vaste. Il y a une impossible attente d’hétérogénéité de la revue qui, si bien elle est un objectif impératif pour notre publication, reste dans les faits insatisfaite. J’imagine que les raisons profondes de cette difficulté sont assez connues aujourd’hui. Il s’agit juste de souligner ici qu’il y a une série de personnes qui subissent la ségrégation culturelle de la place que la société et leurs familles leur donnent. En effet, pour des questions d’organes génitaux, de couleurs de peau, d’origine, de parcours de vie, etc., des êtres affrontent les préjugés et les formes d’exclusion. Notamment en ce qui concerne la liberté d’écrire. Être une femme et écrire sont deux choses qu’il faut apprendre à lier. Comme la liberté de s’autoriser à être né pauvre et à devenir un brillant philosophe etc., mais c’est un droit que chacun de ceux, qui ont subi une forme d’exclusion et de récrimination quant à ses capacités, doit arracher avec les dents. Encore faut-il réussir à se vivre comme un être agissant. Un être qui va trouver les moyens du dépassement de la forme dans laquelle on a pensé le cantonner.


Les thèmes de la revue sont suffisamment généralistes pour intéresser un lectorat assez large. Savez-vous qui vous lit ? Par qui aimeriez-vous être lus ?

AN : Plusieurs milliers de personnes dans 40 pays sur les cinq continents, avec un penchant francophone, selon notre site.

LS : Est-il vraiment possible d’avoir des millions de lecteurs ? Est-ce souhaitable ? Si nous nous souvenons de ce qu’est le fascisme, nous ne pouvons que nous méfier des masses comme de la peste. Il faut se garder de tomber dans la grande et dangereuse illusion d’êtres rivés collectivement et chercher des manières d’agir de concert qui soient aussi des articulations sur l’autonomie et la singularisation de chacun et de chacune. Le nombre est-il donc le signe de validité ou de bonne santé pour un travail d’écriture tel que celui entrepris dans Variations ? Si le critère est le chiffre alors aujourd’hui la meilleure bouffe est le hamburger congelé des MacDonald, le meilleur livre un truc imbuvable de saga à l’eau de rose normatif, et le meilleur canard, le journal de TF1 ! Sur le fond, la question n’est pas là. Bien sûr, il y a des pratiques et des écritures qui secouent et qui sont très accessibles. L’enjeu de Variations est, il faut l’avouer, un peu différent. Il consiste à proposer quelque chose de qualité, libre et accessible gratuitement, à des gens, toutes celles et tous ceux qui auront la force, la curiosité ou le besoin de lire des articles qui sont dans le même temps des pages qui ne sont pas toujours faciles, qui peuvent rester obscures, mais qui peuvent aussi provoquer des rencontres, des idées. Variations est là, sur le Net, pas besoin de franchir la porte d’un lieu inaccessible, ni de se ruiner, c’est un choix, une possibilité pour tous ceux et celles qui, d’une manière ou d’une autre, ont envie de parcourir un chemin qui est parfois aride, qui nécessite du temps et des efforts. Je trouverais cela totalement inepte de vouloir faire croire que les textes de la revue se donnent au lecteur, non, c’est le lecteur qui se donne aux textes, sans doute à la condition que cela puisse lui apporter quelque chose. Ce n’est sûrement pas à nous de dire ce que peut-être la réception, encore une fois, c’est aux êtres d’activer ou non les possibles, de se saisir de leurs potentialités.

JB: Nous n'avons aucun business plan, ni aucune stratégie marketing. Nous souhaitons simplement développer nos capacités de nuisances, ou au moins pour être plus modestes, affuter les potentialités de la critique.


Le format PDF de Variations limite-t-il à un certain public, ou ouvre-il au contraire à d’autres lectrices et lecteurs les possibilités de réflexion ? Est-ce un choix délibéré, ou tout simplement pratique et économique ?

JB : Alexander a déjà répondu en partie à ta question : le site est une maison d'édition ad hoc. Personnellement je regrette la version papier, mais je suis très heureux que nous développions notre autonomie face à un milieu, l'édition, qui n'est pas très séduit par l'émancipation… Ce format se limite-t-il à un certain public ? Je ne sais pas. J'ai tendance à penser que Variations est une des meilleures revues de la place, mais que pourtant elle est gratuite. Et nous savons, malgré notre haine des statistiques que le www.theoriecritique.com est vachement visité. Et les déclarations d'amour que nous recevons sur la boîte mail sont super sympathiques. Certes, une connexion Internet est nécessaire… Mais, craquer le réseau Wifi de ton voisin est un jeu d'enfant ! Encore plus simple, tu peux demander ses codes de connexion à ce même voisin s’il est sympa. Enfin, n'étant absolument pas homophobe, je préfère de loin le format PDF au format PCF.

LS : Je crois que chacun a une vision très précise de ce qu’est la forme d’une bonne revue. Pour ma part, j’ai le sentiment que le fait d’imprimer le numéro après l’avoir téléchargé est le moyen pour que les écrits s’incarnent dans de la matière. En tant que lectrice, l’écran me semble un espace frustrant, insatisfaisant. Pour bien lire, j’ai besoin de m’approprier les écrits, de crayonner, de souligner, de dessiner des petites nanas sur les côtés, de marquer des topos dans les pages qui ne sont pas pleines. Alors un écrit virtuel me fait fuir, car il ne me permet pas d’entendre les mots. Du coup, Variations, dans ma pratique de lectrice, redevient lisible au moment où il est sur support papier. Mais j’imagine qu’il y a autant de pratiques de lecture que de lecteurs alors…

AN : Le fait que d’anciens militants ouvriers de LO, de vrais métallos, impriment des numéros entiers pour forger leur esprit critique, comme je l’ai appris, doit perturber tous les ouvriéristes militants tout de même.


Vos articles évoquent régulièrement les travaux d’Adorno et Horkheimer, philosophes fondateurs de l’École de Francfort, ou d’Habermas et Marcuse, leurs continuateurs. Vous sentez-vous particulièrement proches de leurs thèses ? Qu’apportent-ils à votre analyse de la situation politique et économique actuelle ?

LS : Le point essentiel pour moi dans le duo d’Adorno et d’Horkheimer est de penser le renversement en son contraire de toute chose, et notamment de la démocratie. Cette perception de ne jamais être sauf, d’un danger constant me semble un enjeu impératif pour saisir et faire de la politique. Car, il donne alors comme un autre élan, et une rigueur à chaque mot et à chaque acte, par le fait qu’il place l’individu dans une position inconfortable. Une position qui ne permet ni sommeil, ni bien-être. Une position difficile mais qui met tous les sens en éveil face à l’injustice et à la violence, par exemple. Cette idée donne aussi une autre dimension : elle permet d’inscrire l’instabilité et la précarité du monde dans lequel nous nous trouvons, elle peut alors permettre de penser la situation paradoxale du monde tel qu’il est : entre un discours de réussite sociale qui s’impose dans la durée par le travail, la famille, etc., et de l’autre, l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons à vivre selon cette norme aux vues des conditions réelles d’existence, chaque jour un peu plus précarisées.

JB: Habermas ? Connais pas... Je veux vraiment pas me la péter, mais inviter les lecteurs et lectrices de Barricata à lire ces auteurs méconnus. Ce n'est pas toujours facile, il faut tâtonner. Aux auteurs, que tu cites j'aimerais en ajouter d'autres vivants ou morts : El Sub Marcos d'abord, qui est un grand lecteur de Variations comme nous sommes des lecteurs assidus des textes et des expériences développées par le « néozapatisme », Erich Fromm pour la psychanalyse antiautoritaire, Greil Marcus et Lester Bangs pour l'histoire de la musique, Walter Benjamin pour ses géniales approches pluridisciplinaires, Oskar Negt pour l'expérience vivante… Mais bien sûr te proposer une biblio ici et maintenant, c'est un peu stupide.

AN : L’École de Francfort est une appellation un peu dédaigneuse inventée par l’École de Cologne, des sociologues de terrain très terre à terre. L’appellation d’origine est la Théorie critique, contre la théorie traditionnelle. J’ai esquissé tout à l’heure pourquoi la Théorie critique n’a pas dit son dernier mot. La crise appelle une critique de longue haleine qui ne colle pas aux intérêts des partis ou des slogans du moment. D’ailleurs cette critique est portée à Buenos Aires par Juan Sebrelli qui déconstruit l’image du Che et de Maradona, par John Holloway à Mexico, par Nancy Fraser à NYC, par Greil Marcus à Frisco, par Kluge à Hambourg et Zuckermann à Tel Aviv… et par nous tous, ici et maintenant. Je suis agréablement surpris que mon long essai Conscience de casse (contre le discours désincarné de la conscience de classe) circule partout, via Variations, malgré les inerties universitaires, l’ethnocentrisme anti-boche ambiant, une fatwa trotskyste désuète qui date de 2006, et malgré la bêtise naturelle des militants professionnels, toujours aussi donneurs de leçon. Cela crée des débordements intellectuels, même à l’intérieur des facs.


Quel sera le thème du prochain numéro ? Qu’en attendez-vous ?

LS : La haine. La rage.

JB : D'la bombe de balle.

AN : On se moquera de la morgue des puissants que la crise réduit à l’impuissance et qui, eux, grognent comme des chiens tristes. Que le messie entre par la plus petite fenêtre, comme le souhaitait le poète, critique et intello exilé Walter Benjamin.


Quelque chose à ajouter ?

JB: Pourquoi des auteurs de Barricata n'ont jamais écrit dans Variations ? C'est pourtant simple de nous proposer des articles : www.theoriecritique.com. D'autre part, nous serons heureux dans la mesure de nos capacités d'orienter ceux et celles qui le souhaitent vers des textes et des auteurs. Cette adresse e-mail peut aussi être utilisée à ces fins. La théorie critique n'a pas dit son dernier mot.

AN : J’ai adoré le ton satirique avec lequel vous avez cassé ce Monsieur Onfray, qui anime un café philo au musée de la Basse-Normandie. Le café philo est cool, votre trait de plume aussi. Encore !

LS : Merci pour votre intérêt.

Fred.





le 30/6/2010 14:09:41

Bonjour camarades,
Ce mardi matin, avait lieu le départage des prud'hommes, pour demander la nullité des mises à pied et des licenciements pour les filles de la section People and Baby.
A cette occasion, plus de 70 camarades de la CNT et d'autres organisations étaient présents en solidarité à la section.
Dans la partie adverse, seules Odile BROGLIN, femme du PDG et son avocate se sont présentées; Une fois de plus, Christophe Durieux a évité la confrontation en envoyant sa femme au charbon.
Belle plaidoirie de notre avocat!
La section et la CNT peuvent être fiers de cette mobilisation importante, (surtout un matin en pleine semaine) et de la magnifique lutte menée depuis plus de 3 mois.
Le résultat sera rendu le 20 Juillet, le procès au fond,quant à lui, aura lieu le 2 décembre.
La lutte continue! Un coup contre un est un coup contre nous tous!

http://peopleandbaby-enlutte.over-blog.com/
La section CNT People And Baby remercie tous les camarades qui nous ont soutenues depuis le début envers et contre tout!


le 15/6/2010 12:28:02

People and Baby : réintégration des salariées licenciées pour activité syndicale !

La section CNT People and Baby a vu le jour en novembre 2009, au sein d’une
entreprise de gestion de crèches privées ou sous délégation de service
public. En 2006, People and Baby a remporté le marché de la halte-garderie Giono,
dans le 13e arrondissement de Paris, jusque-là sous le régime
associatif.

Les professionnelles de la petite enfance ont créé cette section syndicale dans le
but de revendiquer leurs droits, de meilleures conditions de travail et
afin de maintenir leur projet pédagogique initial visant le bien-être, l’autonomie,
ainsi que l’épanouissement des tout-petits en collectivité et un
accueil de qualité.

En novembre 2009, la section publie son premier tract. Le 1er mars, suite à des
pressions grandissantes et à des propositions de mutations et de
ruptures conventionnelles de contrat, les salariées de la structure se mettent en
grève, avec le soutien des parents. Le lendemain matin, dès leur
arrivée sur leur lieu de travail, une nouvelle équipe accueille les enfants, elles
sont mises à pied sur le champ. Le motif invoqué par la direction : «
manquement à l’hygiène »… Trois semaines plus tard, trois des salariées sont
licenciées, la représentante de la section syndicale est réintégrée à la
halte-garderie Giono, et une cinquième est tout d’abord mutée dans une autre crèche
(d’entreprise) gérée par People and Baby, avant d’être réintégrée
sous la pression à la halte-garderie Giono.

Elles sont licenciées pour manquement à l’hygiène, alors que les entretiens
d’évaluation de février 2010 sont tous exemplaires sur ce sujet et que
l’entreprise n’a ni convention collective ni CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et
des conditions de travail) ! Depuis, la médecine du travail a remis
en cause par écrit ces accusations et l’inspection du travail a, à maintes reprises,
relevé les manquements de People and Baby au droit du travail
(entrave au droit syndical ou au droit de grève, lien des licenciements avec la
grève, etc.). Il s’agit bien donc d’un licenciement pour activité syndicale.
Depuis, les deux salariées réintégrées sont en grève illimitée et luttent avec leurs
camarades licenciées pour la réintégration de toute l’équipe à la
halte-garderie Giono. Soutenues par leur syndicat et leur confédération, mais aussi
par de nombreux militants, le NPA, le PCF, et PG ou encore une
intersyndicale du 13e arrondissement, qui comporte des syndicats SUD, mais aussi de
la CGT ou de la FSU ; elles enchaînent manifestations,
rassemblements, pétitions, occupation de la crèche (une fois), du siège social (deux
fois, dont cinq jours fin mai) et même manifestation, le 1er Mai,
jusque devant le siège de l’entreprise puis le domicile de Christophe Durieux, le
patron.

Parallèlement, une action juridique a été lancée. Le dossier est passé en référé le
27 mai aux prud’hommes de Paris (le patron n’a même pas daigné
venir) et a été renvoyé en départage le 29 juin. Les cinq salariées demandent leur
réintégration et refusent de demander des indemnités : il s’agit de
dignité et de respect du droit syndical, pas d’un marchandage.

Cette détermination sans faille, assortie d’un soutien financier qui permet de payer
les salaires, n’a pour l’instant pas permis de faire plier un patron
qui refuse par principe de revenir sur sa décision, et sèche les conciliations
devant les prud’hommes.

Ces cinq salariées sont solidaires dans la lutte pour la réintégration de toutes à
la halte-garderie Giono. Et elles ne lâcheront rien ! Un coup contre
l’un d’entre nous est un coup contre tous ! Ne laissons pas faire, solidarité !
Soutenez la lutte de la section syndicale CNT People and Baby

Rassemblement mardi 29 juin 2010,
à partir de 9 h, au conseil des prud’hommes de paris,
27 rue Louis-Blanc, paris 10e, M° louis-blanc

Le syndicalisme est un droit ! C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui
décidons ! On ne lâchera rien !

sectionpetb@cnt-f.org
http://peopleandbaby-enlutte.over-blog.com


le 21/4/2010 15:56:51

Salut,

L'auteur et éditeur indépendant américain André Schiffrin a écrit trois livres importants, tous publiés aux éditions La Fabrique:

- "L'édition sans éditeurs"
- "Le contrôle de la parole"
- "L'argent et les mots"

http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=495

Il viendra nous présenter ses analyses sur la concentration de l'information - donc du pouvoir - entre les mains des grands groupes d'industrie et de communication jeudi 29 avril, à la CNT, 33 rue des Vignoles, 75020 Paris.

Cette rencontre sera suivie d'un concert avec le groupe La Rabia.
http://www.la-rabia.fr/

Entrée libre.
Les bénéfices du bar seront reversés à la caisse de grève de l'éducation-93


le 15/4/2010 14:21:46

Christophe Durieux est un patron qui se dit progressiste.

Il anime la société People and Baby: 80 crèches d'entreprises et de collectivités au compteur.

1000 salarié-e-s.

Pas de syndicats... sauf que depuis peu la CNT (anarcho-syndicaliste) s'est établie dans ce temple de la gestion sociale mâtinée de paternalisme et de libéralisme.

Le patron progressiste n'a pas aimé que ses salariées de la halte-garderie Giono (XIIIe arrondissement, Paris) se mettent en grève le 2 mars pour réclamer des augmentations de salaires et de meilleures conditions d'hygiène.

Le patron progressiste les a toutes mises à pied, puis en a licenciées trois pour "insubordination". Mais il a dû réintégrer la représentante de la section syndicale (RSS), une travailleuse protégée.

Depuis plusieurs semaines, les salariées en grève et les licenciées rappellent au patron le sens du mot "collectif".

Diffusions de tracts, occupations, manifestations et autres formes de protestation se multiplient.

Tout est là:
http://peopleandbaby-enlutte.over-blog.com/

Les salariées et les licenciées de People and Baby ont besoin de votre aide logistique, politique et financière.

C'est nous qui travaillons, c'est nous qui décidons!


le 21/3/2010 12:50:15

Libertalia vient de publier Les Mots sont importants, un livre qui va à rebours des discours actuels sur l'identité nationale, le féminisme, le sarkozysme...
On peut se le procurer ici:http://editionslibertalia.com/

En voici l'introduction:

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le 9/1/2010 11:58:59

Il y a un peu plus d’un an, on se disait : « Ça va péter, le système est au bord de l’explosion, les révoltes se multiplient. » Et puis le temps a passé. La jonction des luttes et des colères, celle pour laquelle nous nous battons chaque jour, ne s’est pas produite. Ou du moins, elle est restée à l’état embryonnaire. Il y a pourtant des gens qui luttent, qui se révoltent. Voyez les gars des Conti, pensez au mouvement des sans-papiers, aux grévistes de la RATP, à ceux de la Poste. Les exemples sont nombreux. Mais chaque mobilisation reste compartimentée tandis que le gouvernement et la presse laissent les mouvements s’essouffler puis s’éteindre.
Aujourd’hui plus que jamais, le parti de la presse et de l’argent, (le PPA comme l’appelle le bimestriel Le Plan B), tient le haut du pavé. Nous devons faire face à une offensive libérale inédite par son ampleur. Le gouvernement de combat, ça y est, on l’a. Mais il est contre nous ! Pour faire passer toutes les réformes (casse des statuts, précarisation de l’emploi, baisse de la fiscalité pour les riches), ils ont ressorti la vieille antienne, celle de l’ennemi intérieur, le musulman qui vient jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Quoi de plus abject que l’actuel débat sur l’identité nationale ?
Il faut prendre la mesure de l’actuel raz-de-marée. Et en tirer les conséquences. Pour notre part, nous pensons qu’il faut s’organiser et lutter, plus que jamais. Tant qu’il est encore temps.


le 9/1/2010 11:56:45

Pour beaucoup d’entre nous, au premier abord, le conflit israélo-palestinien peut sembler inextricable. Tout paraît confus, trop compliqué. Sur une terre minuscule s’affrontent des gens aux histoires différentes. Ce conflit régional engage des acteurs internationaux. « Que viennent faire là-dedans le Liban et l’Égypte, les États-Unis et l’Union européenne ? » se demandent certains. Si on ajoute à cela le paramètre religieux, on peut comprendre la tentation de dire : « Je n’y comprends pas grand-chose, je m’en désintéresse. »

Au sein de la communauté militante, en particulier chez les libertaires, on entend fréquemment le discours suivant : « Certes Israël exagère, mais je ne peux pas soutenir les Palestiniens car ils supportent le Hamas or je rejette le fondamentalisme, donc je préfère m’abstenir. » C’est faire preuve d’une méconnaissance certaine du terrain.

Les choses sont pourtant assez simples.

Gaza est une prison à ciel ouvert. Un million et demi de personnes essaient de survivre sur une superficie de 360 kilomètres carrés. Sans l’aide humanitaire, cette population disparaîtrait car l’État d’Israël ne lui laisse pas les moyens logistiques de subsister. Un exemple : depuis 1995, la zone de pêche au large de Gaza a été divisée par sept. Elle n’est plus que de trois milles nautiques. Il y a des silences qui s’apparentent à de la complicité.

En Cisjordanie, un peuple est progressivement dépossédé de son territoire. À Sheikh Jarrah comme à Silwan, deux quartiers de Jérusalem, des Palestiniens sont chassés des maisons où ils vivaient depuis des dizaines d’années. Dans la campagne de Cisjordanie, en dépit des déclarations de principe du gouvernement israélien, la colonisation n’en finit plus de s’étendre, colline après colline. Le peuple palestinien est occupé militairement, il doit subir l’humiliation des barrages routiers (les checkpoints) et des contrôles et brimades permanents. Le soir, dans Jérusalem-Est, l’armée patrouille et arrête les jeunes. En journée, elle harcèle les vendeurs à la sauvette, les mamies qui viennent vendre quelques légumes pour gagner trois sous.

Ainsi donc, parce qu’ils seraient trop religieux, nous devrions nous désintéresser des Palestiniens et laisser les pires ordures antisémites comme le Parti antisioniste et Dieudonné s’accaparer et dévoyer leur juste cause ?

Si nous sommes anticolonialistes, admettons que chaque peuple doit pouvoir disposer de lui-même. Ce n’est pas à nous de choisir ou de lui souffler son destin.

Dans ce dossier, nous avons cherché à donner quelques clés. Nous sommes conscients de son aspect lacunaire. Pour comprendre la situation avec intelligibilité, il faut y consacrer du temps et/ou se rendre sur place.

Israël-Palestine, l’égalité ou rien !


le 9/1/2010 11:54:06

« Notre société continuera à être une société pourrie, malade, anormale, dingue et donc brutale et en violence permanente tant que les réfugiés ne pourront pas rentrer chez eux. »

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le 9/1/2010 11:52:48

« Pour nous, le mot divertissement ne rime pas avec argent et profit » énonce Skalpel. Réflexions en vrac.
Que ce soit dans la vie de tous les jours ou la scène musicale dans laquelle nous évoluons, c’est une autre façon de concevoir et d’aborder nos existences et la musique que nous défendons. Nous ne voulons pas une part d’un gâteau empoisonné que se partagent les acteurs, à quelque niveau que ce soit, d’une industrie du disque morbide et vénale. À la limite, nous voudrions que ceux que nous combattons politiquement à travers nos créations « artistiques » se goinfrent avec le gâteau et crèvent.

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le 9/1/2010 11:51:11

Géraldine a beau faire partie du comité de rédaction du fanzine, nous n’avions jamais interviewé Cartouche. Est-ce que vous pouvez revenir sur l’histoire du groupe à l’heure du deuxième album ? Où avez-vous tourné ces derniers mois ?
Ray : une petite histoire ! Cartouche s’est créé en 2005, à l’initiative de Géraldine. Parité parfaite : 2 filles/2 gars. Alex (guitare), Niko (batterie), Géraldine (chant et guitare) et moi-même (basse), venant tous du même milieu musical ! Basé sur des idées communes (antifascisme, antiracisme, antisexisme, libération animale pour certain(e)s, solidarité). Le nom du groupe vient du célèbre bandit parisien Louis-Dominique Cartouche, activiste au début XVIIIe siècle, devenu dans l’imaginaire populaire, un redresseur de torts, justicier social et ennemi du pouvoir. Ces derniers mois nous avons tourné surtout en Allemagne et dans les ex-pays de l’Est ; très belles rencontres avec des gens très impliqués.

Lire la suite... | 14641 octets en plus | Commentaires ?

le 19/11/2009 0:22:28

Un onzième antifasciste assassiné en Russie
Le 16 novembre, Ivan Khutorskoï, 26 ans, a été assassiné par balles dans l’escalier de son immeuble à Moscou. Il était connu comme l’un des leaders des antifascistes et de la gauche activiste de la capitale russe. Pour ses proches, il ne fait aucun doute que les milieux nazis sont à l’origine du meurtre : Khutorskoï avait déjà été la cible d’attaques ciblées à trois reprises. Il s’en était sorti d’extrême justesse.
La première fois, en 2005, l’attaque avait été filmée et montrée lors du reportage Ordinary Antifascism. La deuxième fois, il avait été agressé devant chez lui, blessé par des coups de tournevis dans le cou et roué de coups de batte de base-ball. Puis en janvier 2009, il avait été poignardé à l’estomac lors d’un combat de rue avec des néonazis. Les sites Internet nazis avaient immédiatement relayé et célébré l’action.
Ces derniers temps, Ivan s’était investi dans la sécurité des concerts antifascistes, régulièrement attaqués, et organisait des combats d’arts martiaux pour la mouvance. Il s’agit du 11e meurtre d’un antifasciste en Russie, depuis l’assassinat du chercheur Nikolaï Guirenko en 2004, et le sixième à Moscou. Le 28 juin dernier, le jeune Ilya Dzhaparidze avait été tué à coups de couteaux en sortant de chez lui. Sa photo, à l’instar de celle d’Ivan, circulait sur les sites néonazis russes en tant que « personne à abattre ».
Le 4 novembre dernier, l’activiste nazi Nikita Tikhonov, accusé du meurtre de Sacha Ryuhin, et suspecté pour l’assassinat de l’avocat Stanislas Markelov et de la journaliste Anastasia Baburova, tous trois militants antifascistes, a été interpellé. Mais la nouvelle n’a pas eu l’air d’effrayer les milieux nazis, engagés depuis plusieurs années dans une stratégie de terreur contre les « non-Slaves », la « décadence punk et rap » et les milieux antifas.
Yvan, aka « Vanya-Kostolom » était un militant solidaire et apprécié de ses camarades.
Il nous manquera.
« Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place »
Lien pour soutenir la famille d’Ivan : http://www.avtonom.org/index.php?nid=2250


le 23/9/2009 20:02:07

Claude Guillon vient de publier La Terrorisation démocratique (Libertalia).
On peut se procurer ce petit livre en cliquant sur le lien suivant:
http://editionslibertalia.com/La-Terrorisation-democratique.html



Tu viens de publier La Terrorisation démocratique, qui décortique l'arsenal législatif français et européen en matière d'antiterrorisme. Peux-tu développer la thèse du livre et comparer les situations de 1986 et d'aujourd'hui?

Le mot « thèse » est trop solennel ! Le propos du bouquin est d'éclairer la nature et l'histoire des lois dites « antiterroristes », à l'échelle nationale et européenne. Une bonne partie de l'opinion, y compris dans les milieux militants, a découvert l'existence et certains détails de ces textes à l'occasion de l'affaire de Tarnac. La réaction la plus courante a été de dire : « Mais c'est n'importe quoi ! Un terroriste c'est pas ça ! Pas un mec qui est accusé, et sans preuves par dessus le marché, d'avoir retardé un TGV pendant quelques heures ! » C'est un point de vue naïf et surtout très mal informé. Les textes adoptés d'abord par l'Union européenne après le 11 septembre 2001, puis par les différents États, permettent de qualifier de « terroriste » tous les délits sans exception, y compris les actions politiques ou syndicales dès lors qu'elles sont en marge de la loi. Les textes dits « antiterroristes » ont d'abord rompu avec le droit commun. En France, c'était au milieu des années 1980, puis ils ont créé ce qui est aujourd'hui le droit commun. La règle est simple : l'État décide de ce qui mérite d'être qualifié « terroriste » et réprimé comme tel. C'est important de comprendre l'évolution qui s'est faite en vingt ans, parce que aujourd'hui ça n'a aucun sens de parler d'abroger les textes antiterroristes, comme si c'était une espèce d'excroissance qu'il suffirait de couper. C'est un ensemble logique de textes sur le « terrorisme », sur l'immigration, sur la délinquance, notamment celle des jeunes. La logique dont je parle, c'est ce que j'appelle la « terrorisation ». Mais dans leur prétention à contrôler tous les aspects de la vie, ces textes sont parfois délirants, souvent empilés les uns sur les autres sans souci de cohérence ou même d'« efficacité ». Ça peut donner, par exemple dans l'affaire de Tarnac, cette impression fausse de gros bordel ridicule, de « bavure », de n'importe quoi.

Dans le dernier chapitre de ton livre, tu évoques la multitude de fichiers à disposition des forces de répression. Besson vient d'abandonner les test ADN. Le gouvernement recule-t-il face à la fronde liée à l'après Tarnac ? Ou bien s'agit-il d'un simple recul conjoncturel et stratégique ?

Le bouclage du livre a eu lieu trop tôt pour confirmer cette reculade, mais j'avais noté que personne n'avait voulu publier les décrets d'application du texte… D'ailleurs, au moment où les tests sont introduits dans la loi, il y a déjà des critiques assez fermes dans les rangs de la droite. Pour dire ça en termes de classes, une fraction de la bourgeoisie, et pas la moins droitiste, a crié casse-cou, parce que ça rappelle quand même fâcheusement de sombres périodes, comme on dit, et sans doute surtout parce que ça touche à un des fondamentaux de l'ordre bourgeois : la famille, la filiation et donc l'héritage. Pour répondre à ta question, je pense que ça reviendra un jour ou l'autre : parce que c'est dans la logique du marché de la « sécurité biologique » – on peut déjà acheter des tests de paternité sur Internet – et parce qu'il y a une autre logique qui est de produire sans cesse de nouvelles réglementations. Ces deux logiques s'alimentent évidemment l'une l'autre : quand un moyen technique de contrôle existe, on le légalise et on le commercialise.

À propos de terrorisation, tu évoques deux « figures dangereuses combinées », le jeune et l'étranger. Ne manque-t-il pas le travailleur qui revendique ?

Le travailleur en lutte, on pourrait dire aussi l'activiste politique, est bien concerné, mais en quelque sorte en bout de chaîne. De telle manière que s'il est concerné, il ne se sent pas concerné, au moins jusqu'à maintenant. Les figures dangereuses que sont les jeunes délinquants et les étrangers, considérés comme délinquants du seul fait de leur présence « illégale », ont été très tôt associées à celle du terroriste. C'est devenu caricatural dans l'action de quelqu'un comme Sarkozy, déjà quand il était ministre de l'Intérieur. Dès 1986, on introduit dans la définition légale une notion de « subjectivité », c'est-à-dire d'élasticité, du point de vue du pouvoir. Après le 11 Septembre, les textes européens dressent carrément la liste des actes susceptibles d'être classifiés « terroristes ». On y trouve presque tout, y compris le répertoire militant : occupations, sabotages, etc. Ce sont les intentions terroristes qui comptent, et bien entendu, ce sont les flics et les magistrats qui décident de tes intentions !

Peux-tu nous dire comment le mandat d'arrêt européen, qui est encore mal connu, s'inscrit dans ce dispositif…

Ce mandat est dans la logique d'harmonisation répressive qui prévaut dans un espace géographique de plus en plus large. Il se présente comme une politesse que se font entre elles les démocraties ; c'est une manière de reconnaissance judiciaire comme on parle de reconnaissance diplomatique. Concrètement, ça signifie que n'importe quel magistrat de n'importe quel pays de l'UE peut lancer un mandat d'arrêt contre n'importe quel ressortissant d'un autre pays de l'UE. Un exemple : j'ai participé à une manifestation à Gênes ; je rentre chez moi à Paris ; un magistrat italien, qui pense que c'est moi la cagoule floue à gauche sur la photo, peut me faire arrêter trois mois plus tard par les flics français. La justice française, ou mon avocate, ne peuvent s'opposer à l'exécution du mandat que dans un nombre limité de cas. Les premiers visés par des mandats européens ont été des autonomistes basques. C'est un instrument de répression politique dont on n'a pas encore pris la mesure, que la gauche française a encouragé et dont elle se félicite à chaque occasion !

Tu as récemment publié deux autres livres. Le premier porte sur la notion de corps critique, l'autre sur les Enragés. Comment articules-tu ta réflexion ? Quel est le lien entre le corps, l'histoire politique et la législation antiterroriste ?

Là, ça a un côté « ma vie, mon œuvre »… Je vais essayer de faire court ! Je me considère d'abord comme un militant anarchiste ; l'écriture est pour moi un outil privilégié parce que c'est celui que j'utilise le moins mal. Enfin, c'est ce qu'on m'a fait croire à l'école !
Dès mes premières publications, je me suis inscrit dans un courant de réflexion sur l'importance du corps en politique qui avait comme traduction immédiate les luttes de l'époque (fin des années 60- années 70) pour l'avortement et la contraception libres, les luttes féministes et homosexuelles, et comme antécédent immédiat les tendances radicales de la psychanalyse, essentiellement Wilhelm Reich et sa Sexpol allemande ou plus lointain avec les utopies amoureuses fouriéristes. L'effort de Reich, dans les années 30, portait sur l'articulation entre corps, inconscient et politique, notamment au travers de l'épanouissement érotique. Dans le livre récent auquel tu fais allusion, j'ai essayé de donner chair à la notion de « corps critique », comme on parle d'esprit critique, au moment où des scientifiques, des artistes d'avant-garde et des activistes illuminés tentent de mettre en pratique un « dépassement » du corps que j'identifie à la fin des utopies libertaires.
La révolution française, maintenant. Je pense, avec bien d'autres (Kropotkine, Guérin, etc.) que c'est une matrice qui n'a pas produit tous ses effets. Elle est, malgré une production historienne surabondante, encore trop mal connue et mal comprise. J'ai choisi de m'intéresser à la fraction qui me semble la plus radicale, et la moins étudiée aussi, celle des Enragé(e)s ; je marque bien le « e » du féminin parce que plusieurs des figures les plus intéressantes sont des femmes et qu'elles posent en actes un certain nombre de problèmes auxquels nous nous heurtons encore aujourd'hui. Par ailleurs, je pense que pour qui s'intéresse à la démocratie directe, l'étude de la Révolution française est indispensable.
Par rapport à ces questions de fond, l'analyse de l'arsenal « antiterroriste » peut sembler anecdotique, quoique ça n'est pas sans rapport avec l'histoire puisque durant la période de la Terreur, on a centralisé à Paris les procédures contre les conspirateurs, comme aujourd'hui les procédures antiterroristes. Et pas non plus sans rapport avec le corps, puisque c'est de plus en plus le support même de l'identité et donc la cible de la surveillance, avec la biométrie. Disons que la proposition de Libertalia m'a permis de refaire le point sur une question d'actualité, sur laquelle j'avais déjà commencé à travailler après les émeutes de 2005 et l'état d'urgence, qui n'avait, soit dit en passant, pas suscité beaucoup plus de réactions que les lois antiterroristes.

As-tu, pour finir, quelques conseils de lectures à nous souffler ?

Je peux signaler la réédition de La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse d'E. Armand, par Gaetano Manfredonia (Éd. Zones), et dans mes lectures récentes : le passionnant Désorceler, de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada (L'Olivier), et El Indio, un gros roman pas très bien écrit mais prenant de Jules Celma, le garçon qui avait publié Journal d'un éducastreur chez Champ libre, en 1971.


le 19/9/2009 20:05:25

Salut à tous,

À l'initiative du syndicat CNT-éducation 93, deux journées de solidarité avec les Anarchistes contre le mur seront organisées au 33 rue des Vignoles.

Jeudi 15 octobre, 19H30 : projection, bouffe et débat avec un militant des Anarchistes contre le mur.
Il nous présentera le combat concret mené aux côtés des Palestiniens et la répression féroce qui sévit actuellement.
http://www.awalls.org/

Vendredi 16 octobre: à l'occasion de la sortie de son nouvel album, Cartouche invite Tulamort et les Skuds à partager la scène. 19h, 5 euros. La recette de la soirée sera reversée au mouvement Anarchist against the Wall. Elle contribuera à couvrir les 12000 euros de frais de justice qu'ils doivent payer sous peu.

Venez nombreux.


le 4/7/2009 18:59:23

Avis de tempête chez les capitalistes : la crise sévit et les actionnaires geignent. Les profits record des années précédentes s’effacent. Les tauliers du Cac 40, du Nasdaq et du Dow Jones cherchent à sauver leurs dividendes en licenciant, en délocalisant, en tapinant auprès des banques publiques, en appelant à la rescousse les chiens serviles qu’ils ont fait élire à la tête des États les plus riches du monde. Mais la population répond : « Nous ne paierons pas leur crise ! » Les séquestrations de patrons se multiplient. Qu’elles se poursuivent, qu’elles enflent, que la peur change de camp ! Et que les luttes des travailleurs et des sans-droits rejoignent celles des écorchés et des arrachés, ceux qui veulent foutre le feu aux banques, aux prisons, aux hôpitaux psychiatriques, à leurs quartiers pourris. C’est ensemble qu’on inversera la donne, ensemble qu’on fera ravaler leur morgue aux nantis.
Dix ans, ça fait dix ans qu’on fait ce fanzine. Dix ans, c’est un bel âge et une belle aventure. Dix ans de rencontres et de joies, de déceptions parfois. Jamais au cours de ces dix dernières années nous n’avons ressenti cette imminence des lendemains rouges et vengeurs, cet air de révolution, cette rage qui monte. Les États ne s’y trompent pas. Morts de trouille, ils embastillent et répriment. Nous sommes en 1788, tout est possible. Pour fêter notre anniversaire, que monte la colère et s’allument les brasiers !

« La meilleure des polices c’est ton taf, ta télé, tes crédits, tes anxiolytiques, neuroleptiques, antidépresseurs. Et tout ce que tu prends pour pleurer moins fort la nuit. La meilleure des polices, c’est tes sourires forcés, tes retenues sur salaire et le découvert avant la fin de la semaine. C'est la peur de faire un pas, puis deux, puis trois ; parce qu'enfant on t’a dit que t’étais une merde et que t’as fini par le croire. La meilleure des polices, c’est quand les pauvres savent rester à leur place sans besoin de les matraquer, de leur coudre la mâchoire, de les mettre au cachot. La meilleure des polices, c’est ce qu'on apprend de mieux du berceau au tombeau… » « La meilleure des polices », La Rumeur.


le 4/7/2009 18:58:12

Périodicité et diffusion : pari gagné.
Vous tenez entre les mains le quatrième numéro de Barricata depuis juin 2008. On s’était engagés à faire paraître le fanzine plus souvent, le pari est gagné. Vous vous en doutez, cela demande un boulot considérable. On craignait une baisse de la diffusion avec une parution plus régulière, elle reste stable, autour de 2000 exemplaires par numéro. La nouvelle formule de Barricata trouve peu à peu ses marques. On essaie de coller à l’actualité tout en proposant des dossiers, on innove côté maquette, on tâtonne. Vous êtes nombreux à vous abonner et à vous réabonner. Merci, mais surtout, ne lâchez pas l’affaire ! Essayez de trouver de nouveaux points de diffusion, d’abonner des amis, des proches ! Signalez-nous tout changement d’adresse. Rendez-vous en novembre, avec un nouveau dossier sur la Palestine, un autre sur les femmes en lutte, un long papier sur les Arditi del popolo, une interview de Singes des rues, etc. Venceremos !


le 4/7/2009 18:55:48

Quand les militants antifas se rencontrent. Récit et réflexions. Par Tina, du groupe No Pasaran Paris.

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le 4/7/2009 18:54:02

Fils de guérillero, Skalpel, le chanteur du groupe La K-Bine (rap conscient) raconte ses souvenirs d’une certaine forme de socialisation politique. Retour dans les années 80, sur fond de luttes de libération nationale.

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le 4/7/2009 18:51:31

Céline, Dieudonné, Faurisson : toujours les maux pour rire.

Dieudonné n’en finit plus de sombrer dans l’odieux. Claude Guillon décortique son discours.

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le 4/7/2009 18:49:22

Ennemi de l’ordre. Casey n’est pas à vendre.

« Ce qui me touche chez les gens et dans la musique en général, ce sont les failles », déclare la rappeuse de Blanc-Mesnil. Interview à couteaux tirés.

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le 4/7/2009 18:47:22

Encrés dans la rage

Rencontre avec le dessinateur Thierry Guitard et la scénariste Miriana Mislov à l’occasion de la sortie de John Dillinger, ennemi public n° 1.

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le 12/5/2009 1:05:34

Les nouveaux antisémites

L’antisémitisme fait partie intégrante du corpus idéologique de l’extrême droite. Historiquement, il fait figure de mythe fondateur pour cette famille politique. Néanmoins, l’objet de notre article n’est pas de revenir sur l’antisémitisme brandi jadis par l’Action française et repris en l’état ou en partie par des mouvements nationalistes traditionnels, mais de nous pencher sur l’irruption d’un antisémitisme revisité par la rencontre de différents schémas de pensées issu de l’antisionisme radical ou de l’islamisme. Pour ces structures, l’antisémitisme apparaît comme un socle structurant l’identité du groupe. Surfant sur la crise économique, le repli communautaire, l’abandon des quartiers populaires et le déclin des solidarités de classe, ces groupes entendent rencontrer un écho parmi les populations paupérisées en désignant le « Juif » comme le responsable de la situation. La guerre contre le sionisme est présentée comme l’enjeu majeur de la lutte en faveur de l’émancipation. Ici, l’emploi du terme « sionisme » se révèle un cache-sexe sémantique régurgité à l’envi désignant les Juifs en général. Sous couvert d’un pseudo-discours antisystème, les nouveaux antisémites se présentent comme des « rebelles » et entendent occuper le terrain dans les quartiers comme sur la Toile. Panorama.

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le 12/5/2009 1:01:19

Il a grandi dans le Paname des années 80, on lui doit le single 11 : 30 contre les lois racistes. Maître Madj se raconte.

Intro : Un soir de la fin de décembre 2008, on retrouve Madj pas loin de chez lui, là-haut, sur le plateau de Romainville, à deux pas de l’endroit où un siècle plus tôt vivait la poignée d’illégalistes qui passera à la postérité sous le nom de « bande à Bonnot ». L’ancien manager d’Assassin, le militant communiste internationaliste revient sur son parcours, ses années 80 et 90. Il nous parle de musique consciente, des liens rap et rock, des quartiers populaires, et s’attarde sur la question palestinienne.

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le 6/3/2009 10:51:32

« Le capitalisme globalisé ne s’effondrera pas tout seul. »

Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales, décortique l’antiterrorisme.

Intro : Il y a quelques années, on a fait jouer à plusieurs reprises «L’ennemi à l’intérieur», un groupe de rap musette aux textes engagés. Mathieu, le chanteur, vient de publier sa thèse de sociologie aux éditions La Découverte sous le titre L’Ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine. Lors de son dernier passage à Paris, nous lui avons demandé d’analyser l’actualité sécuritaire des dernières semaines.

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