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le 22/1/2009 17:17:28

Éric Hazan est l’éditeur de La Fabrique. Il vient de rédiger ce texte qui circule en ce moment sur le Net.

Les millions de Juifs qui ont été exterminés par les nazis dans les plaines de Pologne avaient des traits communs qui permettent de parler d’un judaïsme européen. Ce n’était pas tant le sentiment d’appartenance à un peuple mythique, ni la religion car beaucoup d’entre eux s’en étaient détachés : c’étaient des éléments de culture commune. Elle ne se réduisait pas à des recettes de cuisine, ni à des histoires véhiculant le fameux humour juif, ni à une langue, car tous ne parlaient pas le yiddish. C’était quelque chose de plus profond, commun sous des formes diverses aux ouvriers des usines textiles de Lodz et aux polisseurs de diamants d’Anvers, aux talmudistes de Vilna, aux marchands de légumes d’Odessa et jusqu’à certaines familles de banquiers comme celle d’Aby Warburg. Ces gens-là n’étaient pas meilleurs que d’autres, mais ils n’avaient jamais exercé de souveraineté étatique et leurs conditions d’existence ne leur offraient comme issues que l’argent et l’étude. Ils méprisaient en tout cas la force brutale, dont ils avaient souvent eu l’occasion de sentir les effets. Beaucoup d’entre eux se sont rangés du côté des opprimés et ont participé aux mouvements de résistance et d’émancipation de la première moitié du siècle dernier : c’est cette culture qui a fourni son terreau au mouvement ouvrier juif, depuis le Bund polonais, fer de lance des révolutions de 1905 et 1917 dans l’empire tsariste, jusqu’aux syndicats parisiens des fourreurs et des casquettiers, dont les drapeaux portaient des devises en yiddish et qui ont donné, dans la MOI, bien des combattants contre l’occupant. Et c’est sur ce terrain qu’ont grandi les figures emblématiques du judaïsme européen, Rosa Luxembourg, Franz Kafka, Hannah Arendt, Albert Einstein. Après guerre, nombre des survivants et de leurs enfants soutiendront les luttes d’émancipation dans le monde, les Noirs américains, l’ANC en Afrique du Sud, les Algériens dans leur guerre de libération. Tous ces gens sont morts et on ne les ressuscitera pas. Mais ce qui se passe en ce moment à Gaza les tue une seconde fois. On dira que ce n’est pas la peine de s’énerver, qu’il y a tant de précédents, de Deir Yassin à Sabra et Chatila. Je pense au contraire que l’entrée de l’armée israélienne dans le ghetto de Gaza marque un tournant fatal. D’abord par le degré de brutalité, le nombre d’enfants morts brûlés ou écrasés sous les décombres de leur maison : un cap est franchi, qui doit amener, qui amènera un jour le Premier ministre israélien, le ministre de la Défense et le chef d’État-major sur le banc des accusés de la Cour de justice internationale. Mais le tournant n’est pas seulement celui de l’horreur et du massacre de masse des Palestiniens. Il y a deux points qui font des événements actuels ce qui est advenu de plus grave pour les Juifs depuis Auschwitz. Le premier, c’est le cynisme, la manière ouverte de traiter les Palestiniens comme des sous-hommes ­ les tracts lâchés par des avions annonçant que les bombardements vont être encore plus meurtriers, alors que la population de Gaza ne peut pas s’enfuir, que toutes les issues sont fermées, qu’il n’y a plus qu’à attendre la mort dans le noir. Ce genre de plaisanterie rappelle de façon glaçante le traitement réservé aux Juifs en Europe de l’Est pendant la guerre, et sur ce point j’attends sans crainte les hauts cris des belles âmes stipendiées. L’autre nouveauté, c’est le silence de la majorité des Juifs. En Israël, malgré le courage d’une poignée d’irréductibles, les manifestations de masse sont menées par des Palestiniens. En France, dans les manifestations du 3 et du 10 janvier, le prolétariat des quartiers populaires était là, mais des hurlements de colère d’intellectuels juifs, de syndicalistes, de politiciens juifs, je n’en ai pas entendu assez. Au lieu de se satisfaire des âneries du gouvernement et du CRIF (« ne pas importer le conflit »), il est temps que les Juifs viennent en masse manifester avec les « arabo-musulmans » contre l’inacceptable. Sinon, leurs enfants leur demanderont un jour « ce qu’ils faisaient pendant ce temps-là » et je n’aimerais pas être à leur place quand il leur faudra répondre. Éric Hazan.


le 26/12/2008 23:25:37

L’Envolée, #24, novembre 2008, 52 pages A4, 2 €.
Depuis des années, contre vents et marées, en dépit de la répression et des vilenies, l’Envolée – le journal de critique du système carcéral et judiciaire – poursuit sa route. Comme l’énoncent ses rédacteurs en préalable : « S’attaquer à l’enfermement, c’est forcément s’en prendre aussi à tout ce qui fabrique, réforme, perfectionne le contrôle social hors des murs des prisons : le formatage des “citoyens” dès le plus jeune âge, le salariat précarisé ou à perpète, l’urbanisme qui flique les villes et quadrille les espaces sont bien le pendant de la construction des prisons. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir ; il produit une peur nécessaire au maintien de cette société. En ce sens, c’est bien plus qu’une simple répression, qu’un moment de contrôle, de sanction des actes “délictueux” ; c’est un ciment nécessaire à l’État pour permettre au capitalisme de continuer à se développer dans ses nouvelles formes. » Dans ce numéro, on lira, entre autres articles, le poignant témoignage d’Hugo, un ancien détenu qui a passé vingt-neuf ans en prison. Un long dossier est consacré à l’incendie du centre de rétention de Vincennes, le 22 juin 2008. Un autre s’intéresse aux femmes en prison et dresse quelques pistes de réflexion. Enfin, un article s’intéresse aux expertises génétiques et aux liens entre laboratoires et tribunaux, i.e la poursuite massive du fichage ADN. L’Envolée est un excellent journal, à la maquette très (trop ?) sobre. Abonnez-vous ! Contact : L’Envolée, 43, rue de Stalingrad, 93100 Montreuil. (15 euros/an).


le 10/10/2008 1:24:11

La privatisation de la Poste pour janvier 2009, annoncée cet été en catimini, menace le statut des fonctionnaires postiers. Lors de la séparation de la Poste et de la Banque postale, le directeur de communication avait expliqué sans rire qu’il s’agissait de donner une image plus dynamique de l’entreprise et de mieux affronter la concurrence bancaire. En vidant le service public de la Poste de son contenu (banque, colis), on la vide aussi de ses activités les plus rentables. Mais les salariés et les usagers préféreraient un véritable service public, de meilleures conditions de travail ou encore la fin des fermetures de bureaux. Cette privatisation annoncée est accompagnée de la mise au pas des éléments les plus récalcitrants à la casse du service public. Serge Reynaud, facteur à Marseille 01-Colbert, militant de la CNT-PTT, a été convoqué à Paris devant le conseil central de discipline de la Poste le 26 septembre 2008. La sanction demandée était la révocation. Du 14 au 31 mai 2008 a eu lieu un conflit départemental à l’appel des syndicats CGT et SUD contre le projet Facteur d’avenir, projet qui veut restructurer l’ensemble de la chaîne d’acheminement et de distribution du courrier. Ce projet pourrait entraîner la suppression d’environ 1 000 emplois sur le département. Fermeture de centres de tri, regroupements de centre de distribution, modification des normes et des cadences, mise en place de l’autoremplacement sont au programme.

Facteur d’avenir est particulièrement combattu dans les Bouches-du-Rhône. En octobre 2006 et en mars 2007, la Poste avait dû faire des concessions aux facteurs en lutte. En 2008, le conflit a été âpre : remplacement des grévistes par des intérimaires, huissiers présents dans tous les centres en grève, pression sur les grévistes placés en absence irrégulière, etc. Malgré dix-sept jours de conflit et 400 agents en grève chaque jour, le conflit s’est achevé sur un constat de désaccord. Le 19 juin, notre camarade Serge Reynaud est convoqué à la direction. On lui reproche une prise de parole de cinq minutes le 21 mai 2008 dans son bureau, ainsi que d’avoir participé à une action collective pour obtenir l’ouverture des négociations (tentative d’ouvrir le sas de la direction), rien que des faits de grève, sortis de leur contexte pour justifier des poursuites disciplinaires.

Cela faisait longtemps que la Poste rêvait de se payer ce qu’elle appelle la « Principauté postale des Bouches-du-Rhône », tant nos luttes lui déplaisent.

Des rassemblements de soutien à Serge ont été organisés dans les jours qui ont suivi l’annonce de son conseil de discipline et le jour même de celui-ci, le 26 septembre, à Marseille, Perpignan, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Aubenas, Lille et Grenoble. Des messages de soutien de nombreux contacts internationaux de la CNT sont arrivés d’Algérie, de l’Île Maurice, d’Espagne, de Pologne, du Chili, de Guinée… Et à Paris, pendant que Serge subissait son « procès » pendant plus de sept heures, un rassemblement regroupant, outre la CNT, des militants de SUD, de la CGT, des non-syndiqués et même Arlette en personne a eu lieu, juste en face de la salle où se déroulait le jugement. Après une heure de délibération, le verdict tombe. Si la révocation a été écartée à l’unanimité, il y a eu partage des voix entre les élus du personnel et les représentants de la direction sur la sanction : à la demande de la direction, deux ans de mise à pied ont été requis. Dans quinze jours, Serge aura la réponse qui décidera de son avenir à la Poste. Mais il ne compte pas en rester là. A suivre, donc.

Aujourd’hui, c’est notre solidarité qui doit être exemplaire. Des soirées de soutien à Serge sont organisées depuis début septembre partout en France. Pour les connaître, rendez-vous sur le site de la Fédération CNT-PTT.

C’est pour empêcher que demain on puisse s’organiser et lutter que la Poste veut frapper un grand coup. Face aux menaces de sanction, notre riposte : la solidarité !


le 21/7/2008 11:54:30

9 juillet 2008, nouveau voyage vers les Territoires Occupés de Palestine...
Je ne pense même pas aux formalités douanières lorsque j'arrive vers 14h à l'aéroport Ben Gourion. Le contrôle de mon passeport et l'apposition du visa d'entrée n'ont jamais pris plus de quelques minutes...

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le 23/6/2008 15:38:23

La révolte continue !
Mi-décembre 2007, une lutte a débuté dans le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot, près de Roissy : inscriptions sur les tee-shirts, cahier de doléances, refus de rentrer dans les chambres, grève de la faim. Le 27 décembre, pour casser la lutte, Abou considéré par la police comme un des meneurs du mouvement, a été transféré au CRA de Vincennes. Le même jour, les détenus de Vincennes ont entamé à leur tour une grève de la faim et ont refusé de rentrer dans leurs chambres. Dans la nuit du 28 au 29 décembre, cent cinquante CRS ont fait irruption dans le centre pour forcer, manu militari, les détenus à rejoindre leurs chambres. Une répression sans précédent ! Des détenus ont été grièvement blessés. Trois nuits de suite, les CRS ont maté la révolte. Depuis six mois, pas une semaine ne s’est déroulée sans que les retenus refusent de manger, d'entrer dans leurs chambres, sans qu’ils déchirent leurs cartes et qu’ils se solidarisent contre les violences policières. Face à l’arbitraire et la répression, les détenus ont choisi la révolte. Les revendications sont claires : le but n’est pas d’améliorer les conditions de détention mais de lutter contre les expulsions et pour la fermeture des centres de rétention.

Le centre de rétention de Vincennes…
Le centre de rétention administrative de Vincennes compte deux cent quarante places. Bien souvent débordé, c’est le plus gros centre de France. En 2007, plus de cinq mille personnes y ont transité ! Environ dix personnes y affluent chaque jour. Le centre est divisé en deux sites, le CRA 1 et le CRA 2, qui ne communiquent pas entre eux. Un muret les sépare. Pendant les révoltes, les détenus se parlent en l’escaladant. Selon le niveau de tension, les flics déplacent les « meneurs » dans l’un ou l’autre des bâtiments. Des cabines téléphoniques souvent surveillées sont, pour certains, le seul moyen de communiquer avec l’extérieur. Les portables avec appareil photo sont confisqués à l’entrée. Les stylos et les briquets sont interdits. Les détenus sont comptés au moins une fois par jour. Les flics et l’administration maintiennent une pression en appelant les gens par les haut-parleurs à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Chaque détenu est muni d’une carte avec son nom, sa nationalité supposée et une photo. Elle doit être présentée aux flics pour chaque démarche : aller au réfectoire, voir un médecin, prendre un rendez-vous à la Cimade (service œcuménique qui se consacre à l'accompagnement des étrangers en voie d'expulsion, ndlr)… Le centre est surpeuplé. Au début du mois de décembre 2007, on pouvait compter jusqu’à cinquante arrivées par jour !

Les rafles
Les préfectures organisent des rafles massives sous prétexte de lutte contre le travail illégal, la recherche de stupéfiants, la prostitution organisée… Le procureur délimite un territoire et ordonne le contrôle d’identité dans tous les lieux publics : rues, bars, salon de coiffure, épicerie, métro… La chasse est ouverte. Les personnes sans titre de séjour restent quarante-huit heures en garde à vue avant que leur soit notifié, par le juge des Libertés et de la Détention (JLD), un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF). Ces personnes sont maintenues en « rétention administrative » pour une durée de quinze jours, en attente de leur expulsion. Les consulats des pays d’origine (ou supposés tels) des personnes dites « sans-papiers » doivent leur délivrer un laissez-passer pour permettre le franchissement de leur frontière. Si au bout de quinze jours aucun laissez-passer n’est délivré, la personne repasse devant le juge qui décide ou non de maintenir la rétention quinze jours supplémentaires. Au terme de trente-deux jours de rétention, si la personne n’a été reconnue par aucun consulat, elle est remise en liberté et doit quitter le territoire français par ses propres moyens, dans les huit jours. Jusqu’à la prochaine rafle, au prochain contrôle… Pendant la rétention, la majorité perd son travail et son logement. Sans compter le traumatisme subi. Les détenus sont enfermés, séquestrés, parfois en isolement total, victimes d’insultes racistes, nourri avec une bouffe immangeable. Ce sentiment d’être traités comme de la merde les conduit à se mutiler pour se faire entendre.

La mobilisation à l’extérieur
Rien ne peut transparaître de ces lieux de privation de liberté. Des manifestations formelles ou informelles sont régulièrement organisées devant le centre. Un contact permanent doit être maintenu avec les détenus. Les témoignages sont publiés. La mobilisation va jusqu’à se rendre à l’aéroport pour empêcher une expulsion en s’adressant au passager ou en faisant pression sur les compagnies qui collaborent. Des brochures pour lutter contre les expulsions sont éditées.

Liberté de circulation !
Les projets de loi visant à « humaniser » les conditions d’enfermement ou à « réguler » les flux migratoires ne sont qu’une pierre de plus à l’édifice de leur société répressive. Les politiques menées jusqu’à présent ne font qu’alimenter les idées nauséabondes proches des idéologies nationalistes. Qu’elles soient menées par des gouvernements de gauche ou de droite, l’objectif est de profiter d’une main-d’œuvre corvéable à merci. Nous commencerons à croire que leur but n’est pas de nous asservir quand sera déclarée la liberté de circulation et d’installation pour tous. R.B.

À télécharger : Comment s’organiser contre les expulsions (sanspapiers.internetdown.org)
Contact : fermeturetention@yahoo.fr
Site : inforetention.kofele.org/
Source chiffrée sur la gestion du centre : rapport de la Cimade, 2007.


le 23/6/2008 15:36:48

L'incendie du centre de rétention de Vincennes du dimanche 22 juin marque le point d'orgue d'une lutte qui a débuté en novembre 2007.

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le 23/6/2008 15:28:16

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons tous les centres de rétention !

Hier, dimanche 22 juin, vers 15 heures, les détenus des CRA 1 et 2 de Vincennes ont mis le feu aux matelas de leurs chambres. Rapidement, l'incendie s'est propagé. En une demi-heure, cette prison pour étrangers n'était plus que cendres.

La colère des sans-papiers était d'autant plus vive que la veille, l'un des leurs est décédé, faute de médicaments pour son cœur fragile. Les flics, coutumiers des brimades et des mesquineries, ont cru bon de le faire attendre quelques heures. IL EN EST MORT!

À minuit, les sans-papiers ont quitté le centre, dans des bus bondés, en direction de Nîmes et de Lille, où on les parquera dans d'autres prisons pour étrangers.

Les voir ainsi entassés, à peine soignés des tabassages qui ont suivi l'incendie, non nourris depuis le midi, était proprement insupportable.

Cette société dégueulasse, c'est la nôtre.
Combien de temps supportera-t-on encore l'intolérable?

Pas de justice-Pas de paix!
Feu aux prisons!
Gloire aux sans-papiers en lutte!


le 19/6/2008 10:59:04

Solidarité avec Freddy et le RASH Nueva-Colombia !

Depuis le 15 mars 2008, le chanteur de Komintern 43 est en prison. À nous de l’aider à sortir de là ! Organisons-nous : concerts, projections, collectes. La solidarité est une arme !
Envoyez vos chèques à l'ordre de Barricata, mention "solidarité Freddy" au dos.

En juillet et en août 2007, je me suis rendu en Colombie, parce que d’une façon générale, avant de juger, j’aime comprendre. Et parce que la meilleure méthode pour entrevoir une ou plusieurs facettes de la réalité internationale, c’est encore d’aller sur place. À l’heure où Ingrid Betancourt semble achever sa course au fin fond de la jungle, sacrifiée par le gouvernement Uribe qui refuse les conditions des FARCs (i.e. une grande bourgeoise en échange de centaines de guérilleros), j’ai envie de revenir quelque peu sur les jours passés aux côtés des compagnons du réseau RASH le plus impressionnant du monde. Mais c’est un récit qu’il faudrait presque commencer par la fin, puisque le 15 mars 2008, nous avons reçu de sombres nouvelles de nos camarades colombiens. Suite à une terrible bagarre avec une dizaine de néonazis, Freddy, alias Faro, chanteur du groupe Komintern 43, leader charismatique de la section de Bogotá, élément moteur du RASH NC (Nueva Colombia), venait d’être incarcéré à la sinistre prison de la Modelo. En effet, la charge passée, un jeune d’extrême droite a été ramassé sur le carreau, blessé mortellement de plusieurs coups de couteau. Cette rixe tragique a été le prétexte à l’arrestation du plus actif, donc du plus dangereux des militants de la bande politique rouge. Plus de trois mois après, Freddy est toujours en prison, il s’adapte progressivement, mais il a besoin d’un énorme soutien financier. Ses frais d’avocat s’élèvent à 28 000 euros (soixante-dix millions de pesos !). Recueillir cette somme phénoménale est la principale façon de l’aider dans l’immédiat!

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le 10/6/2008 15:28:51

En attendant l’insurrection…

Un an déjà depuis le dernier numéro de Barricata, un an de « sarkozysme ». Et tant de lois et de décrets scélérats, de rafles de sans-papiers, de bavures policières, de conflits sociaux et de manifestations qui, à défaut de défrayer la chronique, ont occupé le pavé. On a l’impression qu’une éternité s’est écoulée. Les attaques gouvernementales contre les plus pauvres et les plus faibles (franchise médicale, réforme de l’assurance-chômage, de l’Afpa, etc.) n’ont jamais été aussi virulentes. Les employés de l’État eux-mêmes sont en train de prendre la plus belle gifle de toute l’existence de la fonction publique, avec la réforme d’un statut que l’on croyait inébranlable. L’offensive libérale est tellement brutale que l’on ne comprend pas comment, en si peu de temps, il est possible de détruire autant. Qui connaît le champ social dévasté par Margaret Thatcher chez nos voisins d’outre-Manche a de quoi s’inquiéter. La même perfidie est appliquée aujourd’hui en France. Réformer le plus possible et le plus vite, sans plier face aux protestations de la rue. En Angleterre pourtant, la mobilisation contre la Poll Tax, dans les années 90, engendra un vrai soulèvement. Mais la baronne Thatcher ne céda pas, la rue perdit. Le mouvement syndical ne s’en est toujours pas relevé. En France, « ce n’est pas la rue qui gouverne » rétorque le président aux manifestations des lycéens, fonctionnaires, retraités, dockers, pêcheurs, caissières, travailleurs sans-papiers, etc. Qu’espère-t-il ? Que les syndicats réformistes négocient en douce quand la base demande d’aller plus loin dans l’action ? Que les grandes centrales se méfient, c’est un jeu dangereux, dont elles pourraient ne pas sortir indemnes en perdant de nombreux adhérents. Ou bien peut-être pense-t-il que nous avons tous décidé de courber la tête et « de travailler plus », comme il dit, mais pour quel résultat ? Crever plus riche, mais plus vite, perdre sa vie à la gagner ? Non merci. Les travailleurs sans-papiers qui occupent leur lieu de travail sur les Champs-Élysées, les employés et ouvriers qui séquestrent leurs tauliers, les jeunes des cités stigmatisés qui crament tout, n’ont pas l’intention de devenir les esclaves des grands patrons dont les profits n’ont jamais été aussi outranciers. Les quelques pages qui suivent essaient de faire sortir de l’ombre médiatique des injustices criantes et de mettre l’accent sur des luttes et des expériences politiques, sociales, musicales et littéraires. Détruire, mais aussi créer pour reconstruire.
Méditons sur quelques propos rédigés, il y a un siècle, par l’anarchiste Libertad : « La tyrannie la plus redoutable n’est pas celle qui prend forme de l’arbitraire, c’est celle qui nous vient couverte du masque de la légalité. Ce n’est pas celle qui sévit contre la révolte, c’est celle qui fait que la révolte ne sait plus être. » À nous de rester vigilant, de riposter et de construire des projets pour montrer à tous les tenants du capitalisme que nous n’avons pas besoin d’eux. La révolution ne se fête pas, elle se fait à chaque instant.
Géraldine, 26 mai 2008


le 12/5/2008 20:59:05

En Russie, les assassinats de militants persistent, l’État reste complaisant à l’égard des néonazis, mais les antifas relèvent la tête. L’heure de la riposte?

Le 7 mai dernier, Dmitri Medvedev remplaçait Vladimir Poutine à la tête de la Russie. Le lendemain, ce dernier était nommé Premier ministre à la Douma. La différence entre les deux ? Le premier, qui n’a jamais été membre du KGB, est un pantin entre les mains du second. Il a été beaucoup moins applaudi que le Premier ministre lors de son discours inaugural à la Douma… Va-t-il renforcer encore le pouvoir des services spéciaux, de la police et de l’armée, exacerber les sentiments nationalistes comme ces dernières années, ou renforcer « la protection et le développement futur des libertés civiles et économiques »? Économiques, on n’en doute pas, mais civiles… Un périple de quelques jours en Russie m’a permis de constater que ce discours était une mascarade!

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le 7/5/2008 1:10:37

Fajardie est mort ! Bordel, c’est pas facile à encaisser !
Ce lundi 5 mai, à l’heure où son décès a été annoncé, je pensais justement à lui en lisant un énième article sur Mai-68. Je me disais : « Ils ont tous oublié de parler de Jeunes femmes rouges toujours plus belles, quel manque de goût ! »

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le 29/4/2008 0:15:06

Rencontre avec l’un des militants libertaires colombiens parmi les plus actifs.

Marco a 26 ans et vit à Bogotá. C’est un militant actif du mouvement libertaire colombien. Exilé en Europe pour « raisons de sécurité », il a fait le choix de revenir en Colombie parce que c’est ici, et pas ailleurs que sa lutte continue. Il revient sur les résistances sociales d’un pays en guerre. Salud compañero!

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le 7/4/2008 15:27:46

Face à l’État, à l’extrême droite, et au patronat, les agitateurs italiens ne lâchent pas l’affaire

Pour les militants italiens, la situation actuelle est particulièrement difficile. L’extrême droite transalpine gagne en puissance, elle descend de plus en plus fréquemment dans la rue. Parallèlement, le gouvernement de « gauche » réclame et obtient l’extradition des anciens activistes des Années de plomb, comme Paolo Persichetti, Cesare Battisti, ou encore Marina Petrella. Depuis 27 ans, la Banda Bassotti pratique une musique combative, fidèle aux idéaux révolutionnaires, et sans compromis avec les néofascistes. Petit entretien.

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le 7/4/2008 15:25:14

La K-BINE RALLUME LA MÈCHE…

Dans « Kommando Malik », dernier opus en date, la bande de La K-BINE assène : « Mon rap, un attentat ciblé. La K-BINE, rap de fils d’immigrés. » Rencontre avec Skalpel, l’une des voix de ce groupe enragé.

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le 4/1/2008 11:07:17

Ce texte a d'abord paru dans la revue No Pasaran de décembre 2007.

Interview de Maria Rozalskaya, du Centre Sova et de Mina Sodman, du journal antifasciste de Saint-Pétersbourg, Antifascistki Motiv

À quelques semaines des élections en Russie, nous avons rencontré deux militantes antifascistes russes : l’une, de Moscou, participe au Centre Sova, qui recense quotidiennement dans la presse russe (y compris sur Internet) les indicateurs de l’activité d’extrême droite en Russie, l’autre, de Saint-Pétersbourg, participe au journal antifasciste Antifascistki Motiv, successeur de Tum Balalaïka, partie prenante depuis une dizaine d’années du Réseau antifasciste international Antifanet auquel participe également le réseau No Pasaran.

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le 21/12/2007 12:09:29

Il est des histoires que l’on aimerait ne pas voir s’arrêter. Il est encore des histoires qui survivent à notre culture enfantine et manichéenne. Le bien contre le mal. Les cow-boys contre les Indiens. Les gendarmes contre les voleurs. Faire l’inversion. Se mettre de l’autre côté du manche. Vous aurez alors une définition à peu près correcte de la justice sociale.

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le 24/8/2007 11:51:39

D’abord il y eu la traite négrière et l’esclavage. À partir du XVIème siècle, les grandes puissances européennes déportent des millions d’Africains, pour en faire des esclaves, aux quatre coins de la planète. Cette pratique devient le commerce triangulaire. Les cales des navires sont tour à tour remplies des corps des nègres, des épices et autres matières premières.

Dès lors, et jusqu’au XIXème siècle, les aristocraties d’Europe colonisent et se partagent l’Afrique, les Amériques et une partie de l’Asie. Le royaume de France prend part à l’aventure avec succès. Il envoie ses noirs sur les plantations antillaises, en Martinique, en Guadeloupe, en Haïti, et dans l’océan Indien, à Madagascar, à l’île de France (actuelle île Maurice), à l’île Bourbon (actuelle île de la Réunion).
L’abolition définitive de l’esclavage et de la traite survient en 1848, mais la colonisation se poursuit jusque dans les années 1960. Comme tous les autres États colonisateurs, la République française se retrouve privée de son Empire, donc de main d’œuvre et de matières premières. Une néo-colonisation débute alors : la main d’œuvre vient en France via l’immigration ; quant aux matières premières, les grandes entreprises occidentales se chargent de les piller sur le continent noir.

Jusqu’à aujourd’hui, les questions du colonialisme et de l’esclavage n’avaient jamais vraiment été discutées, ni la question de leur impact pour la nation française, pour l’identité française. Des jeunes générations, nées ici, dont les parents étaient originaires de pays colonisés, se demandent pourquoi l’histoire de leurs ancêtres n’apparaît pas dans la grande Histoire. Du coup, les terrains de la mémoire, de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage, deviennent des terrains de contestation.
Dans ce contexte, que nul ne peut désormais ignorer, émerge une question noire. Et cette question est portée sur le devant de la scène par les noirs eux-mêmes. Les tribunes se multiplient. Journaux, émissions télé, monde politique… et, surtout, la création d’organisations noires rendent cette réalité incontournable. Sur ces thèmes, on entend peu les libertaires qui semblent plutôt démunis face à un phénomène nouveau chargé de revendications à la fois politiques, identitaires et culturelles. Il est donc temps de faire la lumière sur une mobilisation aux aspects très divers et de répondre aux questions que se posent des militants. T. M.


le 24/8/2007 11:50:02

Depuis quelques années en France émerge une question noire. Et cette question est portée sur le devant de la scène par les Noirs eux-mêmes. Les tribunes se multiplient. Journaux, émissions télé, monde politique… et, surtout, la création d’organisations noires rendent cette réalité incontournable. Sur ces thèmes, on entend peu les libertaires, qui semblent plutôt démunis face à un phénomène nouveau chargé de revendications à la fois politiques, identitaires et culturelles. Il est donc temps de faire la lumière sur une mobilisation aux aspects très divers, et de répondre aux questions que se posent des militants.

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le 24/8/2007 11:48:44

« Les flics sont tous des porcs », « Si tu me tire dessus, je te tire dessus », « Black power », sont des phrases restées associées au Black Panther Party. Un parti mythique, né d’un mouvement de lassitude des Noirs Américains face à l’injustice raciale et à la brutalité policière dont ils étaient victimes. Lumière sur une aventure militante à la fois sociale, alternative et réaliste.

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le 24/8/2007 11:46:54

Après plus de quarante ans de lutte contre les discriminations envers les Noirs, les femmes et les classes sociales défavorisées, Angela Davis continue son combat contre toutes les formes d’oppression. Rencontre.

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le 24/8/2007 11:44:31

James Brown : Autopsie d’une légende…

La mort du « Godfather of soul » fut vécue au sein de la communauté noire comme un véritable deuil national. Car le personnage, au-delà de ses outrances mégalomaniaques, (il paya un soir 35 000 dollars à Solomon Burke pour qu’il lui passe sa cape de King of soul) et des fautes de goûts de sa fin de carrière, avait su incarner une fierté enfin retrouvée chez les petits-enfants d’esclaves. Grâce à une musique militante et contestataire, mais aussi, comme toujours dans la culture populaire, en magnifiant les héritages vocaux et harmoniques du blues et du gospel. Chanteur de charme au charisme sexuel incroyable, bête de scène et porte-parole politique, rendre hommage à cet immense artiste, c’est aussi confronter la légende à la réalité personnelle, et comprendre ainsi que l’impact de l’art dépasse la simple biographie du créateur.

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le 28/5/2007 16:20:27

Giusti Zuccato: le parrain de la bd indépendante.

Fondateur de Vertige Graphic, la maison d’édition de Joe Sacco et de Gipi, Giusti a également créé les Editions Nautilus. Quand bande dessinée et alternative politique se conjuguent…

Rescapé de l’autonomie italienne, ami de Pratt, passionné de graphisme, de littérature et d’histoire sociale, Giusti, bon vivant à la cinquantaine alerte, pourrait raconter des anecdotes pendant des heures. Nous l’avons rencontré dans son bureau du 11ème arrondissement, à deux pas de la librarie libertaire Publico. Dans cet entretien, il revient sur son parcours, sur ses choix éditoriaux, sur son métier.

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le 28/5/2007 16:17:29

Le RASH Gran Caracas

N’en déplaise aux tenants de la « redskin fashion », nos camarades du RASH Caracas sont à mille lieues des seules préoccupations vestimentaires qui préoccupent, hélas, une partie de la scène occidentale.

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le 28/5/2007 16:14:49

Gregor Markowitz, l’homme aux mille visages, s’est rendu au Venezuela en octobre 2006. Éclairage sur Chavez et le bolivarisme.

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le 11/4/2007 17:04:47

Cette longue interview a été publiée dans le numéro 16 du fanzine Rotten Eggs Smell Terrible! (REST).

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le 2/4/2007 16:04:42

Scénariste de Valerian et de Partie de chasse, universitaire, Pierre Christin, l’un des plus fameux scénaristes français, a accepté de répondre à nos questions.

Dans son livre sur les Brigades internationales, le jeune historien Remi Skoutelsky raconte qu’il a découvert l’histoire de la Guerre d’Espagne en lisant la célèbre bande dessinée de Pierre Christin et d’Enki Bilal : Les Phalanges de l’ordre noir. Nombreux sont ceux, dans la grande famille militante, qui ont emprunté le même chemin. Les lignes qui suivent donneront certainement envie de poursuivre le voyage…

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le 2/4/2007 16:00:58

Russie : confusion idéologique et poison nationaliste. Jusqu’à quand ?

Depuis 2004, la Russie connaît un regain de violences et d’agressions racistes et xénophobes visant les communautés africaines, asiatiques et caucasiennes ainsi que les acteurs de la scène punk rock, les militants antifascistes et la communauté homosexuelle. État des lieux.

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le 2/4/2007 15:59:11

La petite Marseillaise débarque, attention, ça décoiffe!

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le 2/4/2007 15:56:18

Noirceur des mots, passion de la scène, sensibilité à fleur de peau, tels sont les qualificatifs qui viennent à l’esprit quand on écoute le dernier disque de La Fraction, groupe de punk rock mélodique se produisant principalement à l’étranger. De Varsovie à San Francisco, les Parisiens assènent un discours fédérateur visant à unifier les diverses scènes rock/squat/alternatives. Des années que l’on se croise, qu’on partage l’affiche ou qu’on boit un coup ensemble, mais cette fois-ci, ça y est, on a réussi, le groupe lâche tout, ou presque.

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le 2/4/2007 15:53:26

Nevrotic Explosion fait partie de ces groupes qui nous ont séduits dès leurs premières apparitions sur les scènes parisiennes. Leur second album, « The World » les posa définitivement comme un des meilleurs groupes de punk rock mélodique français, alliant un son puissant et un jeu précis à la rage de l’underground pour un résultat impressionnant. Ils viennent de sortir leur troisième disque « Smiles Tears and Desillusions », qui, ils espèrent, leur permettra de passer la vitesse supérieure et de se consacrer entièrement à leur musique.

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