TRAVAIL EN PRISON = ESCLAVAGE LEGAL

Date 4/12/2004 21:45:28 | Sujet : #07 - été 2001

epuis 1987, le travail au sein des prisons françaises n'est plus censé être afflictif et obligatoire. Au contraire, il serait devenu un "moyen de réinsertion". Pourtant au simple regard du coût de la vie en prison, on comprend aisément que le travail salarié soit pour le détenu la seule façon de pouvoir "surpayer" les services qui vont de l'achat de biens de première nécessité à la location d'une télévision.
On différencie trois types de travail en détention :

* le service général d'entretien de l'établissement : il concerne 6 700 détenus et sa rémunération est de 800 francs par mois environ.
* le travail pour la régie industrielle des établissements pénitentiaires, de l'imprimerie à la confection d'uniformes pénitentiaires, sa rémunération est de 1900 francs par mois environ.
* Le travail en concession, cas le plus courant, qui concerne plus de 11 000 détenus et n'est pas mieux rémunéré, de l'ordre de 1600 francs par mois environ.

C'est depuis la mise en place du " programme 13000 " en 1987 que des entreprises privées peuvent cogérer une vingtaine d'établissements pénitentiaires français. Construits par Vivendi, la Lyonnaise des Eaux ou Dumez, ils sont gérés de manière rentable, mais le plus souvent de manière inhumaine et scandaleuse, notamment en matière de santé par des sociétés privées telles que Sodexho, Eurest, Gecep, Gepsa.

Les points communs à tous ces travaux sont l'absence de contrat de travail, de salaire minimum garanti, de congés payés, de congés maladie, des avantages de la retraite (alors même qu'ils cotisent), l'interdiction du droit de grève, de contestation, d'association, de syndicalisation… Des tâches répétitives et peu qualifiantes, un travail précaire n'assurant même pas un maigre revenu pendant toute l'année. La flexibilité est d'ailleurs ici un mot d'ordre : on déclasse arbitrairement, on paye encore à la pièce… Un détenu de la Maison d'Arrêt de Caen ayant travaillé 3 semaines pour un concessionnaire a ainsi perçu 200,88 francs pour ce travail. Le Conseil de Prud'Hommes et la Cour de Cassation ne se sont pas sentis concernés par le cas de ce "travailleur".

Ces entreprises "citoyennes", épargnées dès lors par les charges sociales et les éventuels préavis de grèves, se cachent derrière l'alibi honteux de la "réinsertion". Or, un prisonnier leur rapporte en fait 255 francs par jour (120 francs versés directement par le prisonnier (cantine) et 135 francs versés par l'Administration pénitentiaire.) et elles touchent 3 à 5% du chiffre d'affaire de la prison chaque année. De plus, ce sont elles qui gèrent le " cantinage " et pratiquant prix exorbitants, elles exploitent doublement chaque détenu qui ne peut vivre sans y avoir recours et ne peut payer sans travailler…

L'Administration Pénitentiaire organise cet esclavage légal des détenus et favorise leur exploitation. Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité n'accorde pas à ces travailleurs les droits qui leurs sont dus. Quant aux syndicats dits " représentatifs ", ils nient leur statut de travailleur et ne défendent que les intérêts des matons. Nous exigeons l'application, immédiate et sans conditions, du droit du travail pour les personnes en détention.



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